Tout d'abord, trouver le stand Aäton dans l'immense salon IBC ne fut pas des plus simples. Loin du "Creation floor" (où l'on trouvait entre autre Arri, Cooke, P+S Technik, Transvideo, Sony, JVC, etc.), il était relégué au fond du "Management Floor" où l'on pouvait déjà noter une nette augmentation en densité de costard-cravates.
Aäton, voulant aussi présenter son tout nouvel imageur, l'Aäton K, avait ainsi choisi de se rapprocher de leur tout nouveau partenaire, FilmLight, installé non loin.
A notre arrivée, Frank Fisher, technico-commercial, à pied d'oeuvre depuis déjà 4 jours, se fit un plaisir de faire tout spécialement pour nous sa 1028ème présentation de la caméra avec un allant et un enthousiasme toujours intacts.

Nous avons donc pu observer le modèle définitif dont la fabrication en série est "déjà en cours de lancement" (y sont forts, ces grenoblois).
Au menu général, toujours les mêmes caractéristiques fondamentales :
- une caméra 2 perf / 3 perf (le switch de l'un à l'autre se fait toujours en 20 minutes en atelier) ;
- vitesse de 1 à 50 i/s, sans possibilité de ramping ;
- restée longtemps très prudente sur le bruit, Aäton peut maintenant annoncer 22 dB de niveau de bruit, grâce à ses trois moteurs séparés qui éliminent de fait les bruits mécaniques dus aux courroies et autres axes de transmission, et grâce aussi au montage de l'ensemble couloir-griffe-miroir sur "silent bloc". Certaines mesures faites lors des nombreux tests sont même descendues autour de 21 dB. Frank nous promet en tout cas un bruit très doux, avec des fréquences faites pour ravir les ingénieurs du son tant elles devraient être faciles à gommer.
En tout cas, portée en marche à l'épaule, nous avons été incapables de l'entendre, certes dans un salon très bruyant mais avec l'oreille collée au corps de la caméra.
Puisqu'on parle d'épaule, elle est très agréable à porter, 7 kilos et demi, chargée et avec deux batteries. A noter que le fameux chat sur l'épaule a pris un sérieux embonpoint, tout de même. Une mousse a été ajoutée sur les magasins pour épouser plus agréablement le tombé de l'épaule.
A tribord, vidéo et électronique.

Peu de chose à dire sur la vidéo car il n'y avait pas d'écran pour en voir la qualité. On peut simplement dire qu'elle est issue de la technologie de la Xtera, qui avait vu Aaton créer son propre vidéo assist.
Au niveau électronique, comme pour la Xtera, cette façade comprend tout un ensemble de prises pour les accessoires, avec une grande nouveauté : une sortie Ethernet qui permet de récupérer les nombreuses métadatas générées par la caméra sur un ordinateur.

On y remarque surtout le large écran qui donne les indications de métrages, vitesse, sensibilité, timecode, niveau des batteries... et toutes les commandes qui lui sont associées. Il propose également un code couleur très pratique : bleu en standby, vert quand la caméra tourne et rouge pour les messages d'alertes ou lorsque la bobine est finie.


G_0484_2.jpg]On trouve aussi un tout nouveau porte-tige en haut de la façade, pour soutenir les moteurs de point, diaph et zoom, les tiges sur l'avant de la caméra ne servant plus qu'aux poignées bleues, matte-box et follow focus.
Aäton a fait une poignée ergonomique avec un ensemble de pas de vis pour fixer les accessoires. On y trouve aussi tous les outils Aäton, avec en plus un petit tournevis qui permet de retirer la visée, pour alléger au maximum la caméra pour le stead.

Et pour alimenter le tout ? Eh bien déjà la caméra en tant que telle est peu gourmande en énergie : 15 watts. Elle peut donc fonctionner avec une seule batterie pour plus de légèreté.
En fonction des accessoires, on pourra lui associer la seconde batterie.
Et en cas de batterie(s) faible(s), un ordre de priorité est prévu : les accessoires coupent en premier, puis la video et en dernier le moteur caméra.
Il s'agit toujours de batteries 12 Volts mais l'électronique a été conçue pour encaisser des charges plus importantes, ce qui ne manquera pas d'être utile avec le futur magasin digital...
A bâbord, les choses sont plus simples : déclencheur et petit afficheur de contrôle (avec les mêmes codes couleurs que celui à tribord) et basta.


En fait, ce qui est le plus remarquable de ce côté de la caméra, c'est la visée.
Le chemin optique est conçu par P+S Technik et l'ensemble est redessiné par Aäton : une association efficace qui permet une plus grande légèreté, une totale compatibilité avec les loupes longues standards Arri et surtout une belle luminosité qui mettra enfin tout le monde d'accord.


La monture d'objectif est en PL ou PV.
A noter la présence de connecteurs (en haut de la monture) pour recevoir les métadonnées des séries Cooke S4/i (Motion Picture Lens Intelligence System).

Le petit doigt de Frank indique l'emplacement virtuel des connecteurs Zeiss... qui n'ont donc pas été retenus.
A propos de métadonnées, tout le travail d'une journée va se stocker dans la petite clé USB noire que l'on voit à droite de la photo (ci-dessous). Les rapports images sont illustrés par des imagettes jpeg issues du video assist HR qui pourront être facilement édités en .pdf et associés aux fichiers sons d'un Cantar pour le rapport scripte. Cette clé peut même carrément stocker des petits proxies vidéos des rushs de la journée.

Le chargement de la Pénélope a été incommensurablement simplifié par rapport à la Aäton 35-III : un ergot sur le mag et une fente de guidage en bas du couloir permet un clipsage réellement instantané et sécurisé (grâce à un deuxième ergot de guidage et verrouillage posté sur la caméra, tout en haut du couloir -qui n'apparaît sur aucune photo, désolé).


Pour ce qui est du magasin, plus de chemin compliqué de la pellicule, plus de chariot mobile et plus d'électronique. La bobine débitrice s'enclenche sur un noyau, puis le film est guidé à partir du noyau récepteur.

La boucle s'ajuste ensuite au jour, en désengageant par une simple pression de bouton le débiteur inférieur (le gros bouton noir en bas de la boucle sur la photo ci-dessous). On applique ensuite la fameuse règle des deux doigts chère à Aäton. A noter la présence d'un détecteur de boucle sur la caméra qui permet, en pleine marche, un (ré)ajustement automatique de celle-ci par le jeu du moteur magasin.

Allez, puisqu'on vous sent chaud, une petite démo vidéo d'un chargement magasin par le même Frank Fisher (avec, pour le plaisir, du pur son Dolby Surround 5.1 de salon néerlandais exprès mis dedans) :
Frank nous a ensuite parlé du futur magasin digital, qui devrait être prêt dans un délai de 2 ans environ. Rien de très précis, plutôt une direction générale vers la simplicité et le 4K, ce qui ne nous étonne pas vraiment. Reste beaucoup de choix possibles quant à la compression, le capteur, l'acquisition... Ce magasin se placera exactement à l'emplacement du magasin film, après avoir retiré le couloir magnétique et coupé les moteurs griffe et magasin.
La caméra va arriver entre mi-octobre et fin novembre chez les loueurs (Panavision puis TSF) et sera d'abord réservée à l'Europe.
La sortie mondiale est prévue pour janvier 2009.
Thomas Favel et Thomas Chatelet



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