Format Scope : vos conseils pour les essais caméra et le tournage ?
#1
Posté 14 mai 2009 - 10:43
Je vais faire, début juin, mon premier film en vrai scope comme assistant.
La caméra sera a priori une Pana et les optiques la série C.
J'aimerais tout d'abord avoir votre avis sur la procédure quand aux essais. Je me doute de certaines choses mais mieux vaut effacer le doute.
Puis au niveau du tournage, j'aimerais là aussi avoir un retour d'expérience, les joies, les peines, les bidouilles, je suis preneur de tous les avis.
Et enfin, les optiques : la Série C. Qu' en pensez-vous? Piqué, contraste, aberrations, sensibilité aux flairs etc....
Merci d'avance
#2
Posté 14 mai 2009 - 16:03
Tout d'abord, discutes-en avec le responsable des optiques du loueur chez qui tu fais tes essais. C'est le plus à même de t'indiquer conseils et procédures et il faut parler avec lui un langage commun.
En ce qui concerne le protocole des essais, ce que j'ai appris :
- Utilise une mire anamorphique. J'en ai posté une en deux versions, basse et haute résolution, dans l'aire de téléchargement, ainsi qu'un élément pour construire toi-même une mire. C'est ici. En haut, le placement en fonction des focales.
C'est le document fabriqué par Pierre Coque et qui est toujours utilisé chez Panavision.
- En ce qui concerne le protocole, il faut impressionner chaque focale plein pot et à + une valeur de diaphragme, dès lors que deux gravures sont présentes sur la bague de point. Ces essais doivent être tirés positif et observés en projection.
- En ce qui concerne le tournage, ne pas travailler à des ouvertures supérieures à 4.
En attendant des avis plus éclairés...
#3
Posté 14 mai 2009 - 16:08
Ne pas oublier de faire des essais de courbure. C'est important pour "partager " la mise au point dans certaines conditions au tournage.
Les assistants d'aujourd'hui peuvent écrire quelque chose là-dessus, ils ont certainement des pratiques modernes.
#4
Posté 14 mai 2009 - 16:19
Aux essais, faire tous les essais de la caméra avec des optiques sphériques (genre un 17,5 de référence et un 50 pour la fixité). Pour les calages anamorphiques, déjà bien vérifier l'horizontalitée de l'anamorphose (niveau à bulle et fil à plomb) avant d'impressionner, de même les mires "scope" doivent être parfaitement horizontales (afin que le ballon de rugby devienne de football)...et puis surtout faire tirer les calages anamorphiques avant d'éviter de devenir aveugle avant la fin de leur lecture.
Pour la lecture...la c'est terrible, on peu réserver son ophtalmo avant, les mires horizontales pouvant être très flous et les verticales toutes bien. Un autre problème est l'estimation du résultat: je te conseille les stabilos car sept mires en courtes focale...c'est dur de dire ou est le point! Par ailleurs je te conseille également de noter le point auquel se trouvent les mires extrêmes: celui-ci étant très différent de la distance centrale choisie. Sur la feuille de lecture, la zone de lecture optimale sera en forme de V.
Sinon au point, c'est super...on réapprend le métier, passages de point/anamorphose délicats etc...bonne chance, frédo
#6
Posté 14 mai 2009 - 18:42
Citation
Une petite remarque: pour une optique scope, on disait souvent qu'il fallait un diaph bien fermé, c'était pour des problèmes de piqué avec une anamorphose arrière (aujourd'hui: longues focales, zooms...). Aujourd'hui sur des séries telles que les superbes Primo anamorphiques, surtout ne pas trop fermer...celà crée de la "profondeur de champ" et donc fait apparaitre quasiment nets des choses déformées par l'anamorphose ! De plus, pour avoir utilisé ces optiques à plein pot, je peux vous confirmer leur qualités optiques exceptionnelles.
Pour une série C, si on a un avant-plan, l'idéal serait de 4 à 5,6 et 1/2, voir moins en courte focale (inférieure ou égale à 50mm)
#8
Posté 14 mai 2009 - 21:24
Citation
Je ne pige pas trop ce que l'on fait apparaitre si on diaphragme beaucoup?
Frédéric Beaugendre, le 14-05-2009 - 17:42, dit :
Il est sûr que ces optiques sont magnifiques, mais il faut quand même dire à Stéphane qu'à plein pot, la zone de netteté est si réduite qu'elle peut donner l'impression parfois de nuit dans une certaine condition que les fonds et les avant-plans soient vraiment dans le colletard.
Il vaut mieux ne pas dépasser certaines ouvertures.
Aujourd'hui avec les pellicules sensibles, il vaut mieux rester dans alentours de 3,5.
Il faut dire aussi à Stéphane et surtout en direction de la réalisation, qu'un objectif de 50 (par exemple) même s'il a une largeur d'un 25.... c'est toujours un 50 avec ce que cela comporte au niveau de la profondeur de champ.
#9
Posté 14 mai 2009 - 22:23
Citation
Il est sûr que ces optiques sont magnifiques, mais il faut quand même dire à Stéphane qu'à plein pot, la zone de netteté est si réduite qu'elle peut donner l'impression parfois de nuit dans une certaine condition que les fonds et les avant-plans soient vraiment dans le colletard.
Il vaut mieux ne pas dépasser certaines ouvertures.
Aujourd'hui avec les pellicules sensibles, il vaut mieux rester dans alentours de 3,5.
Il faut dire aussi à Stéphane et surtout en direction de la réalisation, qu'un objectif de 50 (par exemple) même s'il a une largeur d'un 25.... c'est toujours un 50 avec ce que cela comporte au niveau de la profondeur de champ.
Je prends un exemple: en premier plan, un acteur sur lequel j'affiche le point, assez rapproché, par exemple 5 pieds, en arrière plan un énorme ballon de football (rond) pas loin de l'infini: si j'ai de la profondeur de champ le ballon est quasiment net mais, à cause de l'anamorphose, ressemble à un ballon de rugby vertical ! Pour respecter un peu de logique de l'espace dans le décor au sein du montage, mieux vaux que cet énorme ballon de football reste flou.
Un exemple de beau film où on a le problème: "la gloire de nos pères" de Clint Eastwood où l'on a des raccords de plans au stead avec les Primo close-focus (les pires du genre) avec des plans très larges du champ de bataille, le fond du décor passe de colline à montagne abrupte lors de raccords dans l'axe...il eu mieux valu que dans ces cas là, la colline soit floue, heureusement la scène est belle sinon ce serait choquant.
Dans la même logique, mais le problème est beaucoup moins accentué sur une série C, attention aux bascules de point: en anamorphique, c'est bascule de point et d'anamorphose et donc la géométrie du décor change!
Pour estimer la profondeur de champ...c'est très empirique, il faut tenir compte également de la zone correctement anamorphosée (ça parait désagréable ce truc là mais c'est également ce qui produit ces si belles profondeurs distordues) que tu verras aux essais de calage (le diaph n'a pas vraiment d'influence) ou, si tu as de la pellicule et du temps, quelques essais supplémentaires parlent beaucoup.
Par ailleurs avec Alain Levent, pour des extérieurs nuit plage et des extérieurs nuits désert, nous avons du tourner à 1,9 avec les Primo anamorphiques...et c'est bluffant, juste un peu moins piqués qu'à 2,8 ou plus! Par contre à pointer...j'en ai bavé !
#10
Posté 15 mai 2009 - 08:37
Citation
Là, tu parles des prises de vue à l'infini. Je suis d'accord. Mais attention aux pleines ouvertures sur des distances moyennes avec acteurs. Il y a bien le piqué sur eux, mais l'impression sur les arrières fonds qui est si agréable en scope en ouverture "normale" peut basculer vite, ce qui donne parfois l'impression que tout est flou.
Regardons la profondeur de champ pour un 75 (objectif moyen en scope) à 1,9 de diaph sur un acteur qui serait à 10 pieds. Il n'y a pas grand chose de nette dans l'image pour s'accrocher.
#11
Posté 15 mai 2009 - 09:52
Citation
Regardons la profondeur de champ pour un 75 (objectif moyen en scope) à 1,9 de diaph sur un acteur qui serait à 10 pieds. Il n'y a pas grand chose de nette dans l'image pour s'accrocher.
Dans l'exemple que j'ai cité, il s'agissait entre autres d'un long travelling sur une plage, les deux actrices venaient à la caméra d'une soixantaine de pieds aux alentours de 3 pieds au 100 mm et départ du travelling... (à cette échelle de plan il n'y a plus vraiment de fond, qui de toute façon était une nuit noire avec quelques brillances sur la mer); de toute façon, ça restait hors d'espoir quand à la profondeur de champ, dans ce plan le plus dur à pointer reste la gestion des bascules de point d'une actrice à l'autre, le plus souvent on demandait à l'actrice qui allait passer de nette à floue un mouvement (genre un petit mouvement d'épaule au lieu d'un simple retournement) afin de cacher partiellement la zone de netteté future, sa collègue, afin de ne pas faire ressortir ce genre de transformation géométrique due à l'anamorphose, durant ce mouvement j'envoie le point brusquement, dès que son épaule ne cache plus l'autre actrice (4 à 5 photogrammes), on la découvre nette et non déformée...et ainsi de suite jusqu'à la crampe de poignet. L'ensemble de l'équipe, et des acteurs avait parfaitement compris le but de la manœuvre à la vue des premiers rushes dont les bascules de points après les claps avait tendance à provoquer un vomissement général http://cinematograph...icons/icon8.gif
Un autre impératif pour le 1er assistant opérateur est de connaitre le découpage de la séquence afin d'anticiper les problèmes à venir afin d'éviter des bascules inutiles et pouvant gacher la partie utile d'un plan, ou de proposer à l'opérateur de tourner une séquence au zoom afin de permettre certaines bascules de point: je me souviens d'un gros plan d'une actrice rentrant dans un bus puis passage du point sur la montagne pendant son démarrage, si c'est moins piqué (le réalisateur, Mehdi Charef, voulait le grain des peaux, attaquées par le soleil, présent à l'image) avec le zoom, ça permet d'éviter d' avoir le pic du Midi devenant une colline rondelette.
Ce genre de pratique m'avait valu respect et félicitations entre autres de Benoit Theunissen, le chef machiniste, et du défunt, et regretté, Michel Hue, étalonneur du film chez GTC (tout en traditionnel, c'est super: lui et la monteuse voyaient les rushes 35mm tous les jours).
Sinon, Yves, tu as parfaitement raison: sur des plans pas trop serrés, par exemple au delà de 10 pieds aux 75mm, il est préférable d'avoir un diaph un peu fermé, de toute façon même sur cette série AL-CF au delà d'une dizaine de pieds, il n'y a guère de "pompage d'anamorphose" et de plus c'est ce que devrait croiser le camarade allant affronter la bonne vieille série C
#12
Posté 15 mai 2009 - 11:48
#13
Posté 15 mai 2009 - 13:37
Citation
Dans ce cas également, puisque on lit le négatif, et donc avec peu de contraste et le masque coloré, on se bouzille la vue au lieu de lire les calages. Personellement, en prévenant le labo à l'avance, j'arrivais à avoir le retour de mes essais tirés chez le loueur entre 11h et 14h avec ceux de mes collègues en sphériques.
#14
Posté 15 mai 2009 - 16:09
Citation
Bon la dessus les avis sont partagés alors!!! A chacun de se faire son opinion.
#15
Posté 13 octobre 2009 - 09:05
Par contre j’aurais souhaité avoir de plus amples informations sur les tests de planéité des optiques Scope lors des essais.
Comment utilisez vous le fil à plomb et quels sont vos protocoles de mise en place de la caméra, à fin de parfaitement aligner le plan film avec les mires ?
J’ai crue comprendre que le bon vieux test du miroir s’avérait trop imprécis pour ce type de vérification.
Merci d’avance. Et bonne continuation à tous.
Cordialement Nicolas
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