Les plans-séquences : à l'épaule, au Steadicam, ... de Soy Cuba à l'Arche Russe
#1
Posté 31 mars 2009 - 19:59
En lisant l'entretien avec Jacques Monge, très riche sur l'histoire du Steadicam, je me suis rappelé ce film "Soy Cuba"" en me demandant s'il y avait des plans faits au Steadicam.... eh bien non ! Pourtant, j'aurais bien vu un Opérateur Steadicam ( avec un caisson sur le Stead ) accroché à une grue, habillé en homme grenouille, ou bien équipé comme un alpiniste, mais toujours en homme grenouille... que Nenni ! Ce film d'une autre époque nous offre des plans stupéfiants. Le noir et blanc est superbe, les palmiers sont blancs... j'aime bien! si jamais vous avez des exemples de plans-séquences venus d'un autre monde, avec ou sans Stead, avec ou sans technologie numérique... j'aimerai bien les connaitre.
Cordialement.
Mikaël.
#2
Posté 31 mars 2009 - 21:35
- La Corde d'Alfred Hitchcock: le film entier est une succession de plans-séquences
- Les Affranchis de Martin Scorsese: l'entrée dans le Copacabana au stead
- Les Fils de l'homme d'Alfonso Cuaron: plan ahurissant à 360° à l'intérieur d'une voiture / la séquence d'ouverture / l'accouchement / la fin
- La Soif du mal d'Orson Welles: la fameuse séquence d'ouverture
- La Guerre des mondes de Steven Spielberg: plan indescriptible autour d'une voiture
- Snake Eyes de Brian de Palma: la séquence d'ouverture mêle plusieurs plans avec des coupes discrètes de manière à donner l'illusion d'un seul et unique plan séquence.
A compléter !
#3
Posté 31 mars 2009 - 22:55
Roger Do Minh, le 31-03-2009 - 22:35, dit :
Bien sûr, l'inévitable plan séquence effectué par le non moins célèbre Larry McConkey, considéré comme l'un des meilleurs opérateurs Steadicam mondiaux (si ce n'est LE meilleur).
Il a à son actif de nombreux plans séquences magistraux qui sont rentrés dans l'histoire du cinéma, comme ceux de "Carlito's Way" et l'inoubliable scène finale dans la gare New-Yorkaise "Grand Central Station".
Ou bien encore le plan séquence d'ouverture quasiment conçu par Larry lui même de "The Bonfire Of The Vanities" du même De Palma.
Vous pouvez avoir un aperçu de ces fameux passages sur la page qui lui est réservée sur le site Steadishots.org
De grands moments de Steadicam au service de la narration.
#4
Posté 31 mars 2009 - 23:41
Vers le milieu du film, là scène sur la plage effectuée par Peter Robertson est vraiment impressionnante.
En début de plan, l'opérateur est assis il me semble sur un Rickshaw (sorte de "pousse-pousse" où l'opérateur se fait tirer ou pousser par un ou des machinos) sur un long travelling arrière, pour ensuite descendre et continuer à pied tout en suivant l'acteur principal sur la plage dans un décor de plus en plus chaotique.
Au fur et à mesure que le temps passe, le nombre de figurants ne cesse d'augmenter et rend la scène encore plus impressionnante.
Ils ont très probablement utilisé des magasins de 600' (à vérifier) car le plan dure environ 5 minutes et le réalisateur ne tenait pas du tout à découper la scène.
A voir! ici de 4:15 à 9:08.
#5
Posté 31 mars 2009 - 23:51
Plus ancien, un plan de «Quand passent les cigognes» de Mikhaïl Kalatozov, où la belle Tatiana Samoilova commence un plan assise dans un tramway en mouvement ; elle en descend quand il s'arrête (et la caméra la suit), fend la foule accompagnée par la caméra en travelling latéral jusqu'à que celle-ci s'élève pour découvrir un défilé militaire dans lequel s'égare le personnage qui cherche son amoureux conscrit.
Si je me souviens bien des explications qui me furent données par Jean-César Chiabaut, le plan-séquence commence à l'épaule (dans le tram), puis la caméra est transférée via un support magnétique sur un travelling suspendu au-dessus de la foule avant que d'être à nouveau suspendue à une grue, pour s'élever.
Le même film comprend un impressionnant travelling vertical lors duquel la caméra suit un personnage dans un escalier.
Le cinéma soviétique a largement contribué aux complexes mouvements d'appareil :
on peut également citer le plan de la fonderie de la cloche dans «Andreï Roublev» de Tarkovski.
La liste est infinie... mais quel plaisir de la revisiter !
#6
Posté 01 avril 2009 - 00:07
- Un Long dimanche de fiancailles de Jean-Pierre Jeunet: Valentin Monge sur une grue puis travelling dans les allées du marché des Halles, magnifique.
- Kill Bill Vol.1 de Quentin Tarantino: séquence dans le dojo avant la bataille sanglante. Là aussi, grue plus stead avec (encore) Larry McConkey aux commandes.
- Coluche d'Antoine de Caunes: on apprend la mort d'un des amis de Coluche lors d'une fête chez lui. Plan séquence à la grue cadré par Berto. A voir !
#7
Posté 01 avril 2009 - 00:27
Patrick Bideault, le 31-03-2009 - 23:51, dit :
Ce n'était pas Luciano qui cadrait et la caméra était attachée par au-dessus, ce n'était pas la Wescam.
Mikaël Lemercier, le 31-03-2009 - 19:59, dit :
Le film a été fait avec un caméflex, pratiquement tout au 9,5 m/m. Le filtre employé était le filtre vert qui a rendu toute la végétation blanche.
Superbe film!
#11
Posté 01 avril 2009 - 09:30
Yves Agostini, le 1-04-2009 - 01:27, dit :
Suis-je bête ! Luciano Tovoli m'a parlé du zoom - dont Antonioni s'est plaint à un passage du plan - et j'en ai déduit qu'Il Maestro avait cadré lui-même !
En revanche, il m'a bien parlé des prémisses de la Wescam, c'est à dire d'une accroche par au-dessus, des servos et de la présence sur le plateau des concepteurs du système, canadiens me semble-t-il.
Le mieux serait d'aller chercher les précisions à la source : monsieur Tovoli serait-il inscrit sur ce forum ?
#12
Posté 01 avril 2009 - 10:37
Haruyo Yokota, le 1-04-2009 - 03:09, dit :
Voici quelques photos du tournage, où nous pouvons y voir le Directeur de la Photographie / Opérateur Steadicam Tilman Büttner et sa machine.
Nous pouvons également y apercevoir la F900 dépouillée (pour des contraintes de poids bien evidemment) ainsi que le cable HD-SDI (en vert) qui relie la caméra à l'enregistreur sur disque dur, qui se trouve sur le dos de l'assistant.
#15
Posté 02 avril 2009 - 17:41
Guillaume Quilichini, le 1-04-2009 - 00:43, dit :
Tu peux nous en dire plus ?
Si! J'ai eu Luciano... c'était la Wescam! Elle existait déjà pour des plans de publicité avec une caméra 16 m/m.
Ils l'ont transformée en mettant la Mitchell MarkII avec reprise de l'image par la loupe.
La commande des mouvements se faisait dans un camion avec un système qui venait de l'aéronautique de combat, c'est à dire avec une "boule".
La Wescam était poussée à la main et à l'intérieur de la chambre, elle était dirigée par des rails qui étaient au plafond.
Après avoir dépassé les barreaux (qui s'ouvraient quand ils étaient hors champ), la Wescam était accrochée à une grue pour continuer le mouvement.
Luciano avait un système pour changer le diaph. Y avait-il un Zoom? J'ai oublié de lui demander. Il faudrait revoir le film car je ne vais pas le rappeler pour cela.
#17
Posté 02 avril 2009 - 22:52
Yves Agostini, le 2-04-2009 - 17:41, dit :
Ils l'ont transformée en mettant la Mitchell MarkII avec reprise de l'image par la loupe.
La commande des mouvements se faisait dans un camion avec un système qui venait de l'aéronautique de combat, c'est à dire avec une "boule".
La Wescam était poussée à la main et à l'intérieur de la chambre, elle était dirigée par des rails qui étaient au plafond.
Après avoir dépassé les barreaux (qui s'ouvraient quand ils étaient hors champ), la Wescam était accrochée à une grue pour continuer le mouvement.
Luciano avait un système pour changer le diaph. Y avait-il un Zoom? J'ai oublié de lui demander. Il faudrait revoir le film car je ne vais pas le rappeler pour cela.
J'avais entendu parler de cette séquence, mais je n'ai jamais vu le film.
En tout cas c'est gonflé pour un système aussi jeune pour l'époque d'élaborer un plan complexe de ce type, passer d'un support à l'autre a la main, faire suivre tout le câblage, le poids de la bête, un système de télécommande inconnu : Ahurissant .
#18
Posté 03 avril 2009 - 01:40
#19
Posté 04 avril 2009 - 00:16
Pour que la caméra soit bien centrée au niveau du cadre, il y a (on ne le voit pas si on ne connait pas) un repère sur l'un des barreaux pour qu'il y ai autant d'air à droite et à gauche. Si non, on aurait vu forcément l'un des barreaux sortir artificiellement du champ.
#20
Posté 04 avril 2009 - 21:08
Yves Agostini, le 4-04-2009 - 00:16, dit :
Pour que la caméra soit bien centrée au niveau du cadre, il y a (on ne le voit pas si on ne connait pas) un repère sur l'un des barreaux pour qu'il y ai autant d'air à droite et à gauche. Si non, on aurait vu forcément l'un des barreaux sortir artificiellement du champ.
Je vous incite à voir aussi les films du hongrois Bela Tarr, notamment "les harmonies Werckmeister" . C'est un film construit en plans-séquences, de nombreux au Steadicam par Yorg Widmer.
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