A propos des optiques "G.O." utilisées dans Barry Lindon
#1
Posté 19 février 2009 - 14:04
Jacques Monge
#2
Posté 20 février 2009 - 21:47
Lors de notre dernier échange de MP, tu me parlais des optiques du film de Kubrick, à savoir qu'il était difficile de se prononcer quant à leur ouverture maximale.
Tu me disais penser qu'à l'époque, il a pu faire optimiser une optique dont l'ouverture réelle était de 1.3 ou de 1.0.
Maintenant nous sommes d'accord sur le fait que ces plans soient légendaires et que l'on ne puisse savoir réellement quel est le vrai du faux.
Mais quand tu parles d'optimiser une optique, qu'entends-tu par là? Et surtout comment procède-t-on pour l'optimiser à son maximum?
Quelle est la norme d'ouverture maximale que tu connaisses et sur quelles optiques?
Merci
#5
Posté 21 février 2009 - 10:13
Il faut se rappeler qu'en 1974 la pellicule à 100 asa, venait juste de sortir. Ce qui était une grande avancée, mais quand même peu pour tourner avec cet éclairage d'où la recherche d'une optique spéciale pour cela.
Cela ne pouvait être que pour ces séquences car la caméra était "bidouillée" pour cela.
Pour un objectif de 35 m/m qui ouvre à 0,7 son diamètre est de 50 m/m et pour un 50, le diamètre est de 71,42!
Ce qui implique des ajustements dans la monture pour les fixer.
La caméra ne pouvait avoir de miroir réflexe puisque la pupille de sortie de l'objectif devait pratiquement toucher le film, d'où le retrait au maximum de la pale de l'obturateur. Le gros problème c'est évidemment celui de la condition des sinus qui interdit aux rayons de pouvoir êtres courbés au-delà d'un certain angle.
#7
Posté 21 février 2009 - 22:22
0,7 de diaph n'améliore pas la définition.
La profondeur de champ est quasi nulle.
La lumière aux bougies est très pastelle et sans contraste.
Le développement est passé par un traitement.
Mais... mais... c'est une photo et une ambiance magnifique!
#8
Posté 21 février 2009 - 23:32
Il aborde en effet principalement le problème mécanique dont Yves parle (entre autres).
C'est en anglais, si vous souhaitez une traduction, n'hésitez pas à demander (délais non garantis...)
http://www.visual-me...c/len/page1.htm
Par ailleurs, John Holland indique, sur cinematography.com, que la pellicule (5254, 100 ASA) a été poussée d'un diaph au labo et David Mullen rappelle que Kubrick utilisait des bougies spéciales à 3 mèches.
Mais je ne sais pas pourquoi on fixe la limite théorique d'ouverture N=f/D à 1... Quelqu'un a une explication ? Yves ? Laaziz ?
#9
Posté 24 février 2009 - 09:51
n sin i = n' sin i'
Même avec les ordinateurs qui ont su créer les magnifiques rétrofocus d'aujourd'hui, il n'en reste pas moins que l'on ne peut courber les rayons de sortie plus que la théorie nous l'impose.
En tout cas dans le volume restreint d'une caméra.
#10
Posté 24 février 2009 - 14:57
Pourquoi? Parce qu'à ces grandes ouvertures, les rayons ne pouvaient pas être convergés à la distance focale de l'objectif, mais après, d'où ces repères particuliers.
#11
Posté 09 juin 2009 - 12:17
#12
Posté 10 juin 2009 - 11:23
Yves Agostini, le 24-02-2009 - 15:57, dit :
Pourquoi? Parce qu'à ces grandes ouvertures, les rayons ne pouvaient pas être convergés à la distance focale de l'objectif, mais après, d'où ces repères particuliers.
Merci Yves pour cette information. Le repère bleu existe en effet toujours et correspond au repère à utiliser à pleine ouverture, en général 1.9 sur les différentes séries. A partir de 2.8, on utilise le repère jaune.
Du fait de ta réponse, je me demande du coup pourquoi un système similaire n'a pas été appliqué nécessairement sur d'autres séries qui connaissent une ouverture minimale égale ou plus élevée comme les différentes séries Zeiss par exemple?
#13
Posté 20 juin 2009 - 06:37
Surtout pour assistants opérateurs!
Je pense aussi que les calculs complexes pour les blocs anamorphiques "primo"ne soient pas les même pour les sphèriques.
Y a-t-il ces même marques bleues pour les "petites séries C" Pana?
#14
Posté 22 juin 2009 - 10:52
Frédo, de retour de Beyrouth.
#15
Posté 08 décembre 2009 - 11:31
le repère des grandes ouvertures des optiques Pana servent à faire le point à la distance mesurée au déca... Bien sûr... Mais
le deuxième repère, pour les ouvertures plus fermées (2.8, etc.) selon la focale utilisée (aux grands angles correspond un grand décalage), sert à compenser la répartition "subjective" des profondeurs de champ pour éviter d'avoir l'impression que le point -aux grands angles- est derrière le comédien ou la chose filmée : aux grands angles l'infini est très vite net...
Rapprocher artificiellement le point à une distance inférieure rétablit "subjectivement" l'équilibre des profondeurs. Compris ?
Amicalement,
Thierry
#16
Posté 08 décembre 2009 - 15:52
Non! Moi y'en a pas avoir compris! Je remarque bien que les deux fois où tu utilises le mot subjectif, tu le mets entre-guillemets. Il y a donc un sous-entendu que, excuse mon peu de compétence, je ne saisis pas. Surtout lorsque le sujet concerne des ... objectifs. Voudrais-tu améliorer ma perception de la chose?
Amicalement,
#17
Posté 08 décembre 2009 - 18:23
en dehors de l'utilisation d'une bonne bouteille de Chablis fournie par Jacques Dutronc, qui nous montre une réalité somme toute relative mais indispensable à nos esprits féconds de poètes, je vais tenter -sans passer par l'algèbre d'Agostini toujours aux aguets- d'expliquer la chose...
A pleine ouverture, faible profondeur de champ, même en courte focale : je mesure la distance avec mon déca sur les yeux de ma comédienne (si elle en a) à l'aide de mon décamètre des poids et mesures, exemple : 3 feet. Et j'affiche le point sur le trait bleu de la grande ouverture... Si ma comédienne n'a pas entre temps vicieusement fait un pas en avant ou en arrière, ses yeux seront nets et le fond derrière elle est bien flou !
ça va ?
Si mon diaph est 2.8, voire davantage... (maintenant que le chef op est arrivé pour éclairer la scène) et que nous avons toujours notre comédienne les pieds dans le béton à 3 feet de notre grignotteuse de pellicule Pana, je vais donc, moi l'assistant téméraire, non plus afficher 3 feet sur le repère bleu mais sur le blanc ! Ce qui revient à afficher, oh attention regarde l'index bleu maintenant : 2 feet et 7 pouces (!!!) sur un grand angle de 35 mm, voire 2 feet et 2 pouces sur un 14 mm !!!!
A diaph 2.8 et plus, la profondeur de champ du 35 mm / 14 mm étant suffisante pour garder notre patiente comédienne nette, bien sûr.
A ce moment, c'est équivalent optiquement (voir Agostini) à avoir amené la gravure de point plus prêt, vous suivez ?
Donc l'arriere-plan est positionné optiquement dans une situation favorable à une moins grande netteté : règle des 1/3-2/3 (Ago ! Viens à mon aide, je ne suis que poète, je regarde l'image, je ne la calcule pas).
Ceci fait : plus il y a du flou derrière, plus ce qui est net (devant ou ailleurs) paraitra subjectivement plus net (idem le contraste).
Ce qui permet donc de dire que les Panas sont plus piqués (commercialement, mais c'est pas le propos, et d'ailleurs marre des commerciaux) et que l'on se met en quelque sorte, même au grand angle, comme avec une longue focale !
Et même si les arrières plans sont nets (surtout l'infini) cela renforce la discrimination (!) avant arrière de l'image et réparti harmonieusement la profondeur de champ. Au lieu de 1/3 devant et 2/3 derrière, on obtient une mise au point subjective 1/2-1/2.
Ça va ?
De toute façon, c'est à n'y rien comprendre ! Prétexte à causer de spécialistes ! (Je viens moi d'inventer cette nouvelle explication... N'y crois surtout pas, c'est de la pure fiction !
Au fait, tu m'expliqueras si cadrer est une affaire subjective ou non... Ago, quant à lui, compte uniquement le nombre de tours de ses manivelles et ne regarde jamais les comédiens. Si si !
PS : pour finir, mon déca est élastique, moi aussi...
Thierry
#18
Posté 08 décembre 2009 - 19:28
Il faut revenir dans premiers post et revoir les marques bleues qui existent à cause du décalage de point dû à la condition des sinus.
Concrètement, les pupilles de sortie à grandes ouvertures sont trop grandes pour converger correctement les rayons lumineux sur le plan focal.
http://fr.wikipedia..../Sinus_d%27Abbe
#19
Posté 09 décembre 2009 - 11:56
J'ai juste un peu retouché la ponctuation de ton message (version plus académique
Thierry Tronchet, le 8-12-2009 - 18:23, dit :
Ce qui permet donc de dire que les Panas sont plus piqués (commercialement, mais c'est pas le propos, et d'ailleurs marre des commerciaux) et que l'on se met en quelque sorte, même au grand angle, comme avec une longue focale !
Et même si les arrières plans sont nets (surtout l'infini) cela renforce la discrimination (!) avant arrière de l'image et réparti harmonieusement la profondeur de champ. Au lieu de 1/3 devant et 2/3 derrière, on obtient une mise au point subjective 1/2-1/2.
Je crois même qu'on peut dire, si j'ai bien tout pigé, que, dans ce cas de figure là, la profondeur de champ est objectivement (c'est-à-dire mathématiquement) répartie en 1/2-1/2 puisque le foyer de mise au point est placé à l'avant du foyer "normal" 3 feet : là où débute normalement la profondeur de champ pour un foyer académiquement placé à 3 feet. Pas évident à formuler...
Et ainsi, on obtient des flous aussi prononcés qu'avec une longue focale mais sans l'écrasement de la perspective et une trop forte présence de l'arrière plan, j'ai bon ?
Héhé, je vais me tester tout ça avec mon vieux caillou Nikon 55mm T0.9.
#20
Posté 09 décembre 2009 - 22:27
juste pour préciser que le repère de point GO bleu se trouve SOUS le repère de point T2.8 ; donc à pleine ouverture tu pousses le point vers l'infini...
l'infini à T 1.4 est donc PLUS loin qu'à T2.8.... et non l'inverse... ; ce décalage étant d'autant plus grand que la focale est courte
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