Cinematographie.info: La Cour des Comptes et le Cinéma Français (suite) - Cinematographie.info

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La Cour des Comptes et le Cinéma Français (suite) entre le CNC et les Intermittents, ils ne nous aiment pas... Noter : -----

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Philippe Brelot 

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Posté 09 décembre 2013 - 20:17

Image attachée

Encore une attaque de la Cour des comptes sur les aides publiques au cinéma français.

Selon le JDD, un rapport de la Cour des comptes sur le soutien public au cinéma et à la production audiovisuelle serait en cours, article sobrement intitulé "La vraie facture du cinéma français"...

Article immédiatement relayé par Le Point, dans un article tout en finesse et très mal renseigné par le tristement célèbre Jérôme Béglé (grand connaisseur du Cinéma car grand ami de notre Gégé "ex" national) dans un article dont le titre lui non plus ne fait pas dans la finesse : "Pourquoi il faut arrêter de financer le cinéma français"

Aurélie Filippetti y répond en dénonçant les "amalgames et contre vérités" des articles :

"Le Journal Du Dimanche s'appuie sur un document qui, à ce stade, n'a pas pris en compte les échanges liés à la procédure contradictoire : il ne s'agit donc pas de la position de la Cour des Comptes.
Les affirmations rapportées par le Journal comprennent au demeurant amalgames et contre vérités.
Ainsi, les montants évoqués sont d'une part inexacts, et d'autre part font l'amalgame entre les investissements des chaînes de télévision, y compris privées, qui ne relèvent évidemment pas de la notion de fonds publics, et le financement du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), qui ne relève pas du budget général de l'Etat mais d'un prélèvement effectué, depuis 1946, sur le seul marché de la diffusion des œuvres cinématographiques.

Par ailleurs, la ministre relève que l'argumentation retenue occulte délibérément tous les apports de la politique du cinéma et de l'audiovisuel à la croissance et à la création française.
En réalité, l'investissement public en faveur du cinéma est certes important, mais moitié moindre que les montants mentionnés dans l'article.
Cet investissement est avisé, et il génère tous les ans de la croissance -presque un point de PIB - et 340.000 emplois, qui disparaîtraient sans ce soutien public. Cet investissement vient accompagner l'action des entreprises privées du secteur, situant la France en tête des 28 pays de l'Union européenne en part de marché de son cinéma national (entre 30 à 40%, contre 5 à 20% chez ses voisins du fait de l'écrasant impact du cinéma hollywoodien). Il contribue également, par son crédit d'impôt international, à attirer des tournages étrangers et partant à créer de l'emploi, et davantage de recettes que de dépenses fiscales.
La ministre s'inquiète de voir que de tels propos ne peuvent avoir pour effet que d'affaiblir une industrie d'avenir qui constitue un véritable atout artistique et économique pour la France. Elle réaffirme que le soutien public au cinéma vise également à préserver la culture, la parole spécifique de la France et de l'Europe dans le monde. Cela a été le sens du combat mené par le Président de la République et le Gouvernement au printemps et gagné, pour la défense de l'exception culturelle.
Elle rappelle par ailleurs que, loin de toute logique conservatrice, elle a lancé il y a un an les Assises pour la diversité du cinéma, dont les travaux s'achèveront en janvier avec la remise d'un document et de propositions visant à ajuster les dispositifs d'aide, à apporter des réponses concrètes à la maîtrise des coûts de production, à l'amélioration de la transparence, à la modernisation de l'intervention publique à l'ère numérique.
Ces réflexions, de même que celles relatives à l'acte 2 de l'exception culturelle qui visent à la modernisation des outils existants pour leur adaptation numérique comme à la poursuite de la numérisation des œuvres, sont bien au centre de l'action des pouvoirs publics, à travers le CNC qui y travaille d'ores et déjà.
La France fait le choix assumé de favoriser la numérisation des salles (dont le taux est de 98%), de soutenir un secteur d'excellence, facteur de rayonnement, créateur d'emplois, mais aussi de lien social entre les Français et de fierté de la France dans le monde. C'est un choix radicalement opposé à la logique libérale que certains veulent imposer, à la dérégulation qui balaierait notre cinéma comme elle l'a fait dans les autres pays qui ont choisi cette voie.
Il s'agit avant tout de favoriser l'existence d'un cinéma divers, exigeant et populaire, comme outil de représentation du monde, comme instrument de souveraineté et d'excellence, tout autant que d'unité et de fierté autour de grandes œuvres."

Publié le 09/12/2013

#2 L'utilisateur est hors-ligne   Jacques Monge 

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Posté 09 décembre 2013 - 23:47

Bah.. Philippe, ton introduction laisse présager de la suite. J'adôôre la conclusion : Il s'agit avant tout de favoriser l'existence d'un cinéma divers, exigeant et populaire, comme outil de représentation du monde, comme instrument de souveraineté et d'excellence, tout autant que d'unité et de fierté autour de grandes œuvres. Z'y va not' Ministre! Pas moins de neuf concepts en une courte phrase.. Presque autant de paramètres à gérer que sur un stead. Là, j'avoue mon incompétence, quoique cela ait tous les atours de ce qu'il faut.

#3 L'utilisateur est hors-ligne   Philippe Brelot 

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Posté 10 décembre 2013 - 16:00

La teneur des articles du JDD et du Point n'allait pas laisser tout le monde indifférent... le trait était tellement fort qu'on se demande même si son épaisseur n'était pas la uniquement pour vendre du papier ou du clic....

Outre la réponse de la Ministre de la Culture, Marc Missonnier, producteur à Fidélité Production et président de l'Association des producteurs de films et Pascal Rogard, directeur général de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) ont répondu respectivement dans deux tribunes :

- le Figaro

- Le Point

en démontant point par point les allégations de ces deux "Journaux".

#4 L'utilisateur est hors-ligne   Philippe Brelot 

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Posté 10 décembre 2013 - 17:31

Et maintenant la réaction de la Cour des Comptes :

"10/12/2013 CULTURE - COMMUNICATION COUR DES COMPTES :

La Cour des comptes souhaite apporter des précisions à la suite de la publication, dans l’édition du 8 décembre du Journal du dimanche, d’un article évoquant un rapport relatif au financement du cinéma.

La Cour des comptes apporte les précisions suivantes :

- l’article en cause se réfère à des observations provisoires et confidentielles effectuées à l’issue d’une enquête qui n’est pas encore achevée ;

- cette divulgation est regrettable : d’une part, elle laisse à penser qu’il s’agit de conclusions définitives de la Cour, ce qui est inexact ; d’autre part, elle perturbe l’exercice du droit à contradiction dont disposent tout organisme ou toute personne contrôlés par la Cour ;

- d’une manière générale, les observations que la Cour rend publiques sont formulées à l’issue de contrôles dont les conclusions font l’objet de délibérations collégiales préalables.

Tout commentaire présumant l’existence de constats définitifs de la Cour sur le financement du cinéma est donc prématuré."

Dont acte.

#5 L'utilisateur est hors-ligne   Régis Prosper 

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Posté 11 décembre 2013 - 18:12

J'étais chez nos amis anglais il y a 10 jours qui jouent au dumping fiscal avec les productions américaines:
après le contrat Disney avec Pinewood (qui génère d'énormes problèmes de circulation dans les studios en raison des normes de sécurité imposés), ce sont l'intégralité des studios anglais qui sont loués dans les 9 prochains mois !

Le concours de celui qui payera le moins d'impôts a l'air mal engagé côté français....

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