L'extension de la Convention Collective semble plutôt en bonne voie, Aurélie Filippetti s'est récemment déclarée en faveur du texte, et tout cela effraie les membres des syndicats de producteurs (hors API) qui commencent à réagir. C'est au tour de Robert Guédiguian de s'indigner dans un article du Monde. M. Guédiguian, qui a, pour anecdote, soutenu Jean-Luc Mélanchon aux dernières élections présidentielles, explique avec assurance qu'il a travaillé dans l'illégalité en produisant plusieurs films avec des techniciens n'étant pas payés (ni assurés on s'en doute), bref, que le Droit du Travail est un texte qu'il est absolument essentiel d'appliquer, mais aux autres.
Si je me permets de faire remarquer ce texte, c'est surtout parce qu'il me semble dangereux quand il est lu par quelqu'un n'étant pas du métier. L'article me semble jouer sur des ressorts aussi facile qu'une couverture du Point, qui auraient tendance à vite convaincre le néophyte. Entre autres :
- Jouant sur le fait que l'API (UGC, Gaumont, Pathé, MK2) est le seul syndicat de producteur ayant signé la Convention, il dit que ce texte est uniquement destiné aux grands patrons (omettant de dire que ce sont les travailleurs du cinéma qui défendent ce texte)
- La Convention du 19 serait là pour protéger les favorisés qui touchent 2 500 € par semaine (les rares postes que je connaisse ont une charge de travail dépassant largement les 39h et des années d'expérience derrière).
- Il explique que les tournages ne peuvent pas forcément respecter des horaires normaux, qu'il faut parfois tourner le dimanche ou de nuit pour la beauté de l'art (alors que la Convention alternative proposé par les syndicats de producteurs dont il se fait la voie prévoit exactement les même dispositions pour les heures supplémentaires et le travail les jours fériés)
- Les films devraient être des coopératives où l'on met l'argent sur la table et on partage (sans dire par qui le "partage" est fait, sans parler des marges de productions, le pourcentage qui part en casting, et sans expliquer surtout que quand un film où tout le monde est payé au SMIC est récompensé, ce n'est pas le stagiaire régie qui en profite)
- Il objecte face au fait que le texte du 19 ne prévoit rien pour les comédiens et les fixes (en sachant très bien qu'il a plusieurs titres dans cette Convention et que seul le titre 1 est signé, de leurs fautes)
Les opinions de M. Guédiguian sont ce qu'elles sont, le débat sur le Convention Collective est loin d'être conclu et je ne me considère pas comment sachant ce qui est le mieux pour l'avenir du cinéma français.
Par contre, jouer sur la méconnaissance globale des lecteurs potentiels sur les métiers du cinéma et sur ses demandes afin de récupérer leur sympathie me semble un exercice discutable...
Effectivement Nicolas, comme tu le dis, le débat est loin d'être conclu...
En tout cas, merci pour le lien vers le texte proposé par les producteurs "indépendants" (ceux qui font du "vrai" cinéma, celui dont le budget réduit est apparemment le gage d'une qualité artistique indiscutable). Je vous invite chaudement à lire l'article VI.2.2 du Titre II où l'on apprend que le système de "participation conventionnelle aux recettes d'exploitation" dépendra du budget prévisionnel - donc du devis - du film (je vous laisse entrevoir l'effet que cela pourrait susciter sur la proportion des films à moins de 4 millions d'€ dans l'ensemble de la production cinématographique française).
Par ailleurs, il est aussi très intéressant d'étudier la construction de "la grille de niveaux de qualifications" (article I.2.1 du Titre II), régissant en quelque sorte le niveau de rémunération de chacun. Cela dit, une très bonne nouvelle pour les 2nd assistants opérateurs qui ne craindront plus de voiler un mago ou effacer des rushes, leur autonomie étant "limitée" et leur responsabilité "réduite"...
Ce qui est triste, c'est que cette polémique n'est finalement que le reflet de ce qu'est devenue notre société ces dernières années. Dans une industrie (oui, n'ayons pas honte, le cinéma en est bien une) où le travail d'équipe et la solidarité sont des notions primordiales, certains veulent malheureusement opposer les gros films aux petits, la rentabilité économique à la qualité artistique, et les salariés au patronat,... Et pendant ce temps, le système de financement du cinéma français continue de se mordre la queue, sans que personne n'ose évidemment remettre quoi que ce soit en question. On entend d'un côté des producteurs se plaindre que le dernier James Bond soit projeté dans plusieurs salles d'un même multiplexe, empêchant ainsi des films "de la diversité" d'être correctement distribués. Et de l'autre, ce sont ces mêmes producteurs qui bénéficient des subventions générées par les taxes sur les 6,6 millions d'entrées dudit James Bond pour réussir à financer les films que les prochains Twilight et consorts éclipseront de nouveau des salles peu de temps après... Mais bon, les producteurs "indépendants" doivent avoir raison, le seul problème du cinéma français, ce sont les salaires faramineux de ses techniciens...
Personnellement ce qui m'étonne le plus dans cette polémique moi c'est son existence. En effet Laurent, sur le fond, ce qui dit Guédiguian n'est pas faux : le cinéma demande des conditions de travail adaptées et certains films ne peuvent se faire qu'avec la participation de chacun (avec le système d'intéressements) Mais adopter la Convention alternative plutôt que le texte du 19 ne fera absolument aucune différence. La Convention alternative que soutient Guédiguian prévoit également les majorations pour les heures supplémentaires, pour les dimanches travaillés, etc.
Et le texte du 19 prévoit également une dérogation pour les films "fragiles" au budget limité.
Alors pourquoi M. Guédiguian s'insurge-t-il donc de la sorte alors que tout ce dont il parle comme ayant permis la production de ses films est également encadré par la Convention alternative que lui-même défend ?
J'avoue sincèrement ne pas avoir lu de bout en bout les deux textes. Mais il me semble malgré tout que la réelle différence pour le milieu du cinéma reste à la frontière entre les films dits "fragiles" et les autres, la somme autorisant les dérogations à la Convention, 2,5M pour le texte du 19, 4M pour la proposition alternative. Pour les deux textes, la masse salariale effective brute des personnels techniques doit être au moins égale à 18% du budget prévisionnel du film.
Pour reprendre les paroles de Didier Diaz lors de la 6eme Rencontre CST de la Production et de la Post-Production : "qu'est-ce qu'un film fragile ? Quand les producteurs parlent, si le budget du film est de 2M, il leur manque 500.000, si le budget est de 10M, il leur manque 3M, si le budget est de 20M, il leur manque 8M."
Mais en général plus le budget augmente, plus la part de l'équipe technique dans le budget diminue. Selon le baromètre du premier trimestre 2012 de la FICAM, l'équipe représente 22% d'un budget inférieur à 1M, 18% d'un budget entre 1M et 2M et 12% d'un budget entre 2M et 4M. L'économie représentée par la diminution des salaires pour un film au budget supérieur à 2M est-elle donc honnêtement ce qui engage la faisabilité ou non du projet ?
Je permets aussi de remarquer cette phrase concernant les retombées d'un film : "Il faut inventer un modèle qui permette la répartition la plus équitable." Il me semble idéaliste de penser que les retombées d'un film sont les mêmes pour un réalisateur ou un acteur que pour un régisseur ou un électro.
On brandit la diversité culturelle en prônant la production d'un film comme une oeuvre d'art. Mais tous les corps de métier participant à la production ne sont pas pour autant considérés comme artiste (ce n'est pas moi qui le dit, ce sont mes employeurs qui le rappelle continuellement sur mes AEM, section 4)
Effectivement, les propos de M. Guédiguian sont extrêmement nobles. Mais devraient-ils être généralisés à des gens ne possédant pas son statut ?
L'avis de Guédiguian est intéressant et pertinent à plusieurs titres :
- d'abord parce qu'il est à la fois producteur et réalisateur de films d'auteur, qui ont parfois pu être très bien financés, parfois moins
- ensuite parce qu'il a toujours été marqué très à gauche
- enfin parce qu'il a été un des premiers à mettre en place des contrats de participation et à reverser une partie des recettes à ses techniciens.
On ne parle donc pas d'un "méchant" producteur aux dents longues, et c'est sans doute pour cela que son opinion en emmerde beaucoup.
Il faut une convention collective, c'est évident, on ne peut pas continuer à travailler comme cela sans garde-fou. Je suis producteur, et le plus emmerdé par l'absence de texte, c'est moi ! Sur quelle base dois-je aujourd'hui travailler / négocier / encadrer ? Je passe mon temps à faire du yoyo entre les différentes réglementations.
Mais, pour qu'une convention soit applicable, il faut qu'elle corresponde au secteur qu'elle doit encadrer. Et c'est là que le bas blesse : la convention du 19 pose des bases complètement déconnectées de la réalité.
- Elle considère que les films dit difficiles ne représentent que 20% du marché, et que l'on peut donc appliquer la grille salariale aux 80% restants. Or aujourd'hui la moitié des films ont un budget inférieur à 2,5 millions d'euros. Et n'importe quel directeur de production vous dira qu'il est impossible d'appliquer la convention (grille et majoration) en dessous de ce seuil, à moins de tourner en équipe très réduite.
- Elle propose d'accorder une dérogation à ces 20% de films via une commission de sélection / censure qui aura donc droit de vie et de mort sur les films d'auteur. "Toi tu es un auteur, pas toi."
- Elle fait fi de la durée de tournage dans son évaluation du budget dit dérogatoire : un film difficile, qui aurait besoin de 10 semaines de tournages, et dépasserait donc les 2,5 millions d'euros, ne pourra plus se faire
- Elle annonce que le système dérogatoire n'est que provisoire, et que donc, à la fin de sa validité, tous les films devront appliquer la convention et donc trouver au moins 2,5 millions pour se faire
- Elle applique des majorations assez délirantes sur les heures de nuit / de dimanche / etc ... Un dimanche, de nuit, en heures supp, je ne vous raconte pas le jackpot.
- Elle reprend une grille salariale complètement déconnectée de la réalité d'aujourd'hui, ou par exemple on continuerait à payer un chef déco travaillant 35 heures plus de 10 000 euros par mois, un chef op cadreur 12 000, plus les heures de préparation, heures supp etc, tandis qu'on continuera à proportionnellement sous-payer le premier assistant et le régisseur général.
Et que nous dit-on lorsqu'on proteste : que l'on n'a qu'à trouver plus d'argent pour faire nos films. Comme si je ne passais déjà pas mes journées à ça.
Et la bonne blague, c'est que cette convention a été signé par un seul syndicat de producteurs, qui représente 5% des films français produits et 2% des films tournés en France (l'API tourne les deux tiers de ses longs métrages à l'étranger, et emmène de moins en moins de techniciens français). C'est ce que l'on voudrait faire passer pour un accord représentatif.
Qu'est-ce qui risque de se passer si la convention est étendue (ce qui à mon avis n'arrivera pas car le représentant patronal est vraiment trop minoritaire dans la profession) :
- le nombre de films d'auteurs difficiles (moins de 2,5 millions d'euros) va être divisé par au minimum deux : les syndicats de producteurs parlent de 60 à 70 films par an, c'est sans doute exagéré car une partie du financement des films ne se faisant plus se déplacera sur les autres. Mais 50 films en moins, cela paraît mathématique.
Pour info, l'API (seul syndicat de producteurs signataire) est le seul représentant de la profession à dire qu'il y a trop de films tournés chaque année.
- un plus grand nombre encore de films dit du milieu (entre 2,5 et 4 millions d'euros) partiront profiter de la main d'oeuvre moins chère et du soft money (type tax shelter) en Europe et au Canada... un exode qui devrait être accentué par la probable interdiction par Bruxelles des aides régionales "régionalisées" (imposant un tournage dans la région donnant les subventions)
- pour ces deux raisons, le nombre d'intermittents travaillant dans le cinéma va fortement diminuer (beaucoup n'arriveront plus à faire leur 507 heures)
Certains vont peut-être trouver que je noircis le tableau. Et bien qu'ils prennent une calculette, regardent eux-même combien coûte une équipe technique complète au tarif dit syndical, y compris les heures de préparation et de rangement, avec charges sociales, et ils verront la véritable étendue du problème. Qu'ils regardent aussi qui part tourner ses films à l'étranger, et qui reste en France.
Nous avons besoin d'une convention collective, une vraie. Qui encadre les horaires travaillés, rénove la liste des métiers, fixe une grille des salaires. Avec un cadre dérogatoire correspondant à la réalité ; un cadre évolutif car on ne fait pas le même film à 2,5 millions d'euros et à 500 000 ; mais un cadre réglementé car il serait effectivement impensable de payer les acteurs principaux "au prix du marché" et de ne pas faire de même avec les techniciens. Un texte négocié par toutes les parties. Bref, tout sauf la convention du 19.
PS : Nicolas, les chiffres de la FICAM sur les budgets des films sont faussés : ils sont basés sur les budgets publiés à l'agrément. Or tous les producteurs gonflent leur financement déclaré (et donc leur budget) en y mettant un certain nombre de choses en participation, afin notamment que Canal +, lorsqu'il a préacheté le film, ne représente pas une trop grosse partie. Ou pour avoir le droit au crédit d'impôt.
Le pourcentage représenté par la masse salariale est donc plus important qu'indiqué. Mais la logique reste la même c'est vrai : plus le budget augmente, moins les salaires sont proportionnellement importants.
Bon donc si j'ai bien compris Fabrice, tu n'es pas non plus entièrement d'accord avec M. Guédiguian, ou au moins pas sur la proposition de Convention alternative qu'il soutient ?
Parce que j'avoue que pour l'instant, c'est un point qui m'interroge énormément, puisqu'encore une fois, j'ai l'impression que la Convention du 19 et la Convention alternative ne sont pas si différente que ça, notamment sur les points dont tu parles :
- La limitation de la dérogation à 20% des films est également présente dans la Convention alternative (et sachant qu'elle veut s'appliquer en plus à un plus grand nombre de films, n'est-ce pas un contre sens ? Voire de tuer les films à très petits budgets, les 20% pouvant être accaparé par des films entre 2M et 4M ?);
- La sélection des films avec dérogation devra également passer par une commission dans la Convention alternative;
- La durée de tournage n'est pas plus prise en compte dans la Convention alternative;
- Les majorations de nuit ou de dimanche sont quasiment les mêmes dans les deux propositions de Convention;
- Les grilles de salaire sont quasiment les mêmes dans les deux propositions de Convention (voir légèrement supérieur dans la Convention alternative, avec pour vraie différence une grille spécifique pour des postes comme chef opérateur qui seraient déclarés "au forfait", sachant qu'ils sont en réalité très souvent déjà au forfait de fait).
Je ne dis pas que la Convention du 19 est parfaite, je ne m'y connais pas assez pour ça, mais j'ai vraiment l'impression que la Convention alternative ne propose pas grand chose de plus que monter la possibilité de dérogation à 4M au lieu de 2,5M (tout en gardant ce plafonnement à 20% des films) Toi qui as bien plus étudié la question que moi, est-ce que tu peux m'éclairer un peu là-dessus ? Est-ce que je me plante complètement sur la différence fondamentale entre des deux Conventions ?
Je vais essayer de trouver un moment pour faire une comparaison approfondie des deux projets et la poster ici.
Un des problèmes dans la rédaction de cette convention est que le principe simple qui avait été retenu pour la convention Fiction (deux grilles de salaire) a été déclaré illégal. On ne peut donc pas prévoir un système à deux vitesses si ce n'est par dérogation : c'est le principe retenu dans les deux projets.
Résultat : il semble impossible de rédiger un texte véritablement adapté à chaque cas. Comme par exemple une grille salariale qui baisserait automatiquement de 10, 20, 30% ... en fonction du budget du film hors talents et salaire producteur (plus pour les hauts salaires que pour les bas).
Dernière remarque : pourquoi les producteurs demandent une extension du seuil dérogatoire de 2,5 à 4 millions d'euros ? D'abord parce qu'il correspond au seuil dit de diversité en terme de financement, ce serait logique d'utiliser les mêmes curseurs.
Ensuite parce qu'il peut être impossible d'appliquer la convention sur un film à 3 millions et demi qui serait par exemple en costumes, gros décor, grosse figuration, long temps de tournage... L'idée est je pense d'éviter les effets de seuil, ou plutôt de les déplacer plus "haut".
PS : le seuil dit de diversité est fixé à 4 millions d'euros. Les diffuseurs doivent effectuer un nombre minimum de pré-achats parmi les projets ayant un budget en-dessous de cette clause.
PS2 : Je peux me tromper, n'hésitez pas à me corriger.
Ah merci Fabrice, je ne connaissais pas le seuil de diversité, voilà qui est intéressant. En fouillant un peu, j'ai trouvé quelques textes digne d'attention.
Le seuil de diversité à 4MEUR ne s'appliquent pas à tous les diffuseurs mais uniquement à Canal+. Cela peut d'ailleurs poser problème, mais j'y reviendrai. Et donc effectivement, ce seuil de diversité oblige Canal + à investir 17% de son obligation de pré-achat dans des films au budget inférieur à 4MEUR.
L'effet de seuil dû au seuil dérogatoire arrivera forcément, que ce seuil soit à 2,5M ou 4M. Mais cet effet sera-t-il plus dangereux à 2,5M ou à 4M ? Honnêtement, là encore j'aimerais avoir l'avis de quelqu'un qui s'y connait un peu plus que moi. La seule ressource que j'ai à ma disposition est le texte ci-joint provenant de l'ARP (Société civile des Auteurs-Réalisateurs-Producteurs) qui présente les accords avec Canal+. En gros, on apprend que les premiers accords, signés en 2000, fixait le seuil de diversité à 5,34M. Cela a créer là aussi un effet de seuil immédiat : les investissements se sont concentrés dans la fourchette haute, et ils ont chutés de près de 60% pour les films au budget inférieur à 3,81M. En 2004, pour protéger ces films les plus fragiles, le seuil de diversité à au contraire été diminué, passant donc de 5,34M à 4M.
Dans le même temps (si j'ai bien compris l'autre texte en copie ci-dessous), des films au budget de 6M ou 7M se montaient avec un devis à 4M pour profiter de la clause de diversité. On peut imaginer que, se faisant, ces films accaparaient des investissements qui auraient pu servir à financer des films réellement fragiles.
J'ai donc l'impression, peut-être naïve, que plus le seuil de dérogation augmente, plus ce sont des budgets "importants" (toute mesure gardée) qui sont favorisés, au détriment des films les plus fragiles.
Etant très loin d'être un économiste chevronné, je me plante surement complètement dans mon analyse. D'une part, le texte ci-dessous semble suggérer au contraire d'augmenter le seuil de la clause de diversité (alors qu'il provient pourtant également de l'ARP qui en 2004 l'a au contraire diminué). De plus, je me dis tout de même que si un seuil élevé défavorise les films fragiles, les syndicats de producteurs indépendants ne le soutiendraient pas. D'un autre côté, je n'oublie pas non plus que ces syndicats de producteurs indépendants représentent des sociétés très variées, et que Europacorp (UPF),La Petite Reine (UPF) ou Les Productions du Trésor (APC) ne gèrent hélas certainement pas les mêmes budgets que, au hasard, Offshore (SPI) (Ce même texte précise d'ailleurs bien que l'une des conditions à l'augmentation de la clause de diversité est la capacité des films à 1MEUR à s'autofinancer. Ce qui semble bien suggérer que cette hausse peut avoir un impact négatif sur les films aux budgets les plus faibles.)
L'autre texte dont je parle donc est un communiqué, à nouveau de l'ARP, datant des derniers Rencontres Cinématographiques de Dijon :
Je crois que nous tous, techniciens du cinéma, sommes bien conscient des difficultés que peuvent rencontrer les productions de films d'auteur. Le financement des films français est problématique et les investissements dans le cinéma décidés par les chaînes de télévision, qui, pensant d'abord à l'audimat, favorisent avant tout les gros budgets à tête d'affiche (comme le montre talentueusement la belle tribune de Vincent Maraval). Si je présente ces 2 pages, c'est d'une part pour le petit paragraphe concernant la clause de diversité, mais également parce que j'ai l'impression que des solutions au financement des films fragiles peuvent passer par d'autres moyens que par la diminution de salaire de ceux qui participent à la création du cinéma français. Et ce texte de l'ARP en profile quelques pistes (même si l'autofinancement des films au devis inférieur à 1MEUR me semble optimiste, mais là encore, je n'ai pas toutes les cartes en main)
Fabrice, ton intervention est nettement plus intéressante et pertinente que celle de M. Guédiguian. D'abord, parce que tes propos échappent au filtre d'une presse partisane. Ensuite, parce que ton argumentaire est dénué d'arrière pensée lobbyiste.
Quoiqu'il en soit, ne nous voilons pas la face, la convention du 19 janvier autant que celle que défendent la majorité des producteurs ne laisseront pas le cinéma français intact. Tous les dangers que tu pointes si la convention du 19 janvier est étendue sont justifiés. Oui, il y aura moins de films tournés en France. Oui, un nombre non négligent de techniciens et ouvriers seront sans aucun doute laissés sur le carreau. Quant à la convention "alternative", elle me semble avoir pour conséquences la poursuite de l'accentuation d'un cinéma à deux vitesses, et la paupérisation de salariés dont les conditions sont déjà très difficiles et extrêmement précaires (je vous renvoie à ce propos au rapport du CNC sur l'emploi dans les films cinématographiques). Tout ceci à condition, évidemment, que lesdites conventions soient appliquées stricto sensu, ce qui n'est déjà pas le cas de la convention USPA à laquelle les productions continuent de déroger sur les tournages de téléfilms en se mettant dans l'illégalité la plus totale. Nous le savons tous, même étendue, la convention du 19 janvier fera inévitablement l'objet d'aménagements lors de nos négociations avec les directeurs de production avant chaque tournage. Malgré l'existence d'une convention d'usage qui a toujours servi de base à nos négociations salariales, nous avons constamment consenti des efforts financiers quand cela nous semblait justifié (raison pour laquelle M. Guédiguian a d'ailleurs pu tourner ses premiers films). Il n'y a me semble-t-il aucune raison que nous arrêtions de le faire du jour au lendemain en se réfugiant derrière une convention faisant force de loi. Techniciens et ouvriers sont avant tout animés par la même passion pour le cinéma, et il serait injuste de dire que nous ne comprenons pas les enjeux d'un tournage et de son financement. Ceci étant, je préfère apporter mon soutien à une convention qui rendrait "normales" des conditions de travail justes, plutôt qu'à son alternative qui légaliserait des conditions déséquilibrées et ferait du cinéma non plus qu'une exception culturelle, mais une exception sociale et industrielle.
Le combat actuel ne devrait pas servir à sauver un système où les films de la diversité se feraient dans des conditions financières catastrophiques tandis que les "grosses machines" continueraient de réunir des budgets de plus en plus indécents. Et c'est là que la tribune de Vincent Maraval dans le Monde est intéressante. Je déplorais dans mon premier message que personne n'ose dire tout haut ce dont tout le monde parle en privé, et je suis heureux de voir que ce n'est plus le cas. Quand la soupe est nauséabonde, il n'y a pas de honte à cracher dedans.
Tout a fait d'accord avec toi Adrien ,chacun est capable de prendre ses responsabilités quand aux efforts consentie sur un projet "fragile".
Quand a decider de rendre obligatoire un système de participation ,je ne vois que des dérives possible :
-Qui peut garantir au technicien concerne l'accès aux comptes d'exploitation ?
-Que ce passe t il en cas de dépôt de bilan de la société de production ?
-Le ratio de redistribition 90% producteur ,10% technicien n'est absolument pas équitable ,sans compter qu'il s'agit d'une forme de crédit gratuit plafonne au montant des tableaux ,après amortissement du film (si un film marche bien ,le gagnant sera toujours le producteur ,pas le technicien )aucune valorisation du risque pour lui .
-La majoration d'heure supplémentaire reste un garde fou indispensable . (ex :on prévoit un plan de travail sur 8 semaines ,puis on réduit a 7 en connaissance de cause ,et on verra au cas par cas, avec comme résultat le plus souvent un trait tiré sur les heures sup ,je ne dis pas que c'est toujours le cas ,mais ça existe et cela n'est qu'un exemple parmi d'autres ).
La tribune de Mareval rappelle ce que tout le monde sait ,l 'achat d'une chaine TV est indispensable a la faisabilité d'un film, et les concessions narrative pour coller au public font largement sortir beaucoup de projets du concept "d'exception culturelle soit disant défendue " au profit d'une industrie qui favorise une minorité et qui fabrique des films en fait plutôt destines a la télévision .
Alors oui il y'a trop de films ,le critique Frodon soulignant avec justesse que bien des projets devraient passer directement par cette case télé .(mais les aides long métrage du CNC font saliver beaucoup de monde)
Dans ce contexte pour ma part je pense tout a fait injuste de considérer le technicien comme une variable d'ajustement .
Quand a l'extension d'une convention elle est indispensable ,elle permet une base légale et protectrice pour l'ensemble d'entre nous .
Je lis avec attention vos commentaires, je trouve le sujet intéressant mais étant assistante rég. Adj, non syndiquée (Non pas que je ne veuille pas mais j'aurai l'impression de marcher sur les valeurs que je défends tout les matins ), je suis complètement larguée! A part lire les 70 pages respectives des conventions (et j'y comprends pas grand chose...), y a t'il des ouvrages de référence ou des tribunes, textes ou autres qui pourraient me permettre d'un peu mieux comprendre le sujet?
Hélas oui, le sujet est complexe et traîne depuis un certain temps. Nous avons essayé d'en faire un petit suivi sur ce sujet, mais tout cela reste incomplet.
Pour essayer de faire un résumé très très rapide :
- Les syndicats d'employés et d'employeurs sont en négociations depuis plusieurs années afin d'établir une Convention Collective qui régule le travail dans le cinéma (aussi bien en fixant les salaires qu'en indiquant le nombre d'heures supplémentaires légal et leur majoration)
- En décembre 2011, l'API (Association des Producteurs Indépendant), un syndicat de producteur représentant de grosses sociétés de productions (Pathé, Gaumont, MK2 et UGC) a proposé aux autres une Convention Collective. Cette Convention a été signé par tous les syndicats d'employé (hors CFDT) et par aucun des autres syndicats de producteurs (les premières signatures ayant eu lieu le 19 janvier 2012, j'y fais référence comme "la Convention du 19")
- Cette Convention n'engage pour l'instant que ses signataires. L'intention des syndicats est d'étendre cette Convention, c'est-à-dire de la faire validité par le Ministère du Travail afin qu'elle devienne obligatoire pour l'intégralité du milieu, et que les sociétés de productions y dérogeant (salaires inférieurs au minimum, heures supplémentaires non-déclarées, etc.) soient dans l'illégalité.
- Depuis, c'est un jeu de ping-pong entre les revendications de chacun. C'est là où ça devient compliqué (du moins pour moi) parce que les sons de cloches se multiplient. Il y a quelques communiqués dans le sujet dont j'ai mis le lieu au-dessus où certains syndicats expliquent les points de désaccord.
- Au milieu de tout ça, il y a eu les élections présidentielles et le changement de notre gouvernement. Les prises de décision étaient donc fortement ralenties, si ce n'est bloquées.
- Le 20 décembre dernier a eu lieu le Conseil National des Professions du Spectacle présidé par notre fraiche Ministre de la Culture. A cette occasion, la Ministre a fait savoir qu'elle ne s'opposait à la Convention du 19 et qu'elle allait la soumettre au Ministère du Travail (ce qui est une première, les anciens Ministres de la Culture ayant toujours réussi à noyer un peu le dossier)
- Juste avant le 20, les syndicats de producteurs (hors API) ont présenté un nouveau texte pour une Convention alternative. Il semblerait que cette Convention ait été soumise directement à la Ministre, sans passer sous les yeux des syndicats d'employés pour qu'il puisse s'en faire un avis.
En nous arrivons donc aujourd'hui. Le texte du 19 est désormais dans les mains du Ministère du Travail qui devrait normalement l'étudier courant Janvier et s'exprimer dessus (en gros, l'étendre ou non à toute la profession) Pour citer un article de Julien Gester dans Libération : "Une réunion des partenaires sociaux devrait avoir lieu le 28 janvier pour avis d'extension. Les opposants espèrent y faire entendre la nécessité d'un délai supplémentaire pour que reprennent les négociations."
Et en ce qui concerne la différence entre la Convention du 19 et la Convention alternative, là, je crains qu'à part faire l'étude des deux textes, il n'existe pour l'instant aucun texte qui en décrit les différences en détail, même si je sais que plusieurs personnes se penchent sur l'affaire (mais comme tu le dis, ça fait un sacré paquet de page à éplucher et à comparer...) L'une des différences majeures est celle que j'évoque ci-dessus : si le budget prévisionnel d'un film est inférieur à un certain montant (donc si le film est "pauvre" ou "fragile"), il a le droit de déroger à la Convention, en appliquant donc des conditions salariales inférieures. Ce montant est de 2,5M d'EUR pour la Convention du 19 et de 4M d'EUR pour la Convention alternative. Ce même point est rendu un peu plus complexe puisqu'il est associé à une limite de 20% de films sur la production française totale ayant droit à cette dérogation. Je sais qu'il y a aussi des différences sur les parts producteurs mais je ne les ai pas encore clairement identifié (je crois que c'est ce dont Jean-Baptiste parle on citant la "redistribution à 90% producteur / 10% technicien)
Si quelqu'un repère des erreurs ou des points incomplets, n'hésitez pas à me corriger.
Dans le cadre de ce débat sur l'extension de la Convention Collective qui a été envenimé par :
l'exil" de Gérard Depardieu
la réponse de Philippe Torreton
le coup de pied dans la fourmilière de Vincent Maraval
la réponse de Sam Karman
la réponse du CNC
la réponse d'Aurélie Filipetti
la réponse de Jean-Michel Frodon
la réponse de Dany Boon
celle de Catherine Deneuve, de Fabrice Luchini de Gad El Maleh, d'Alain Delon, de mes parents, de ma concierge, de mon chien ...... et maintenant le départ de Mathieu Kaasovitz...
il a été dit beaucoup de choses fort intéressantes et aussi beaucoup de bêtises, le plus souvent de la part de personnes ne connaissant pas le système de financement des films, et encore moins celui de l'intermittence.
Et ce qui devait arriver arriva, les tribunes ouvertes commencent à se remplir de : "la France n'a pas les moyens d'entretenir la vermine intermittente" "marre d'entretenir ces Bobos fainéants" "Ils travaillent 4 semaines et se reposent le reste de l'année avec nos impôts" .... et j'en passe.
Bref, «la boite à conneries», c'est comme la boite de Pandore, quand on l'entrouvre on a beaucoup de mal à la refermer. C'est pour cela que je vous propose de lire ce réjouissant papier de l'Institut Européen du Salariat intitulé : "Le déficit des annexes 8 et 10 des intermittents n'existe pas" et visionner des extraits de l'audition de Mathieu Grégoire, maitre de conférences à l'Université de Picardie (CURAPP), à l'Assemblée Nationale par la mission d'information sur l'emploi dans les métiers artistiques.
Je suis producteur, et, je te rassure, je suis le sujet depuis quelques temps et je me sens parfois un peu dépassé.
Le sujet est extrêmement complexe parce que la même convention collective doit encadrer des productions très différentes, tout en respectant une réglementation générale très contraignante (par exemple, il est impossible de fixer plusieurs grilles de salaire en fonction des budgets de films).
D'autre part, la profession n'a jamais eu de convention étendue, mais une convention qui n'était signée que par des syndicats de "gros" producteurs (faut que je révise, je ne sais plus exactement lesquels). C'était un texte négocié au moment du cinéma de papa, quand les films étaient beaucoup moins nombreux et le budget médian proportionnellement plus élevé. Pour exemple, la grille salariale, qui fixe des MINIMA extrêmement haut pour les chefs de poste (pas tous), correspond à une époque où l'on était 10 ans 3eme assistant caméra, 10 ans second, puis dix ans premier puis enfin chef op (bon j'exagère peut-être un peu). Il y avait une progression hiérarchique qui faisait que tu devenais chef de poste dans le troisième tiers de ta carrière, dirons-nous.
Aujourd'hui, il se tourne plus de 200 films par an. Avec un écart budgétaire jamais atteint entre les gros et les petits films. Avec des jeunes chefs op, jeunes réals, jeunes directeurs de prods, jeunes chef déco, jeunes producteurs, bref des personnes qui auraient du attendre dix ou quinze ans de plus avant d'occuper ces postes il y a deux décennies. Et donc des questions nouvelles qui se posent : doit-on payer autant un chef déco de 28 ans qui fait son premier film qu'un chef de 55 ans ? Et, ce jeune chef, "mérite"-t-il vraiment 10 000 euros par mois, comme stipulé dans les différents projets de convention collective ?
On parle aussi beaucoup du nombre de films en ce moment : le syndicat de producteurs API (Gaumont Pathé MK2 ...) et le syndicat des chefs décorateurs pensent par exemple qu'il y a trop de films. Et qu'en en faisant moins on recentrerait les moyens sur les autres. Mathématiquement, c'est probable. Mais moins de films, c'est moins de diversité. Et moins de films, c'est aussi moins de techniciens.
Mais le gros bloc problématique restera ce qu'on appelle "les films du bas", c'est-à-dire les films à moins de 2,5 millions d'euros de budget. Sur ceux-ci, il est impossible d'appliquer les projets de convention collective. Donc : comment faire pour qu'ils ne disparaissent pas.
Je pourrais t'en faire des pages entières, tellement les questions sont nombreuses, et les réponses (trop) multiples.
Désolé de vous contredire mais dans les 5 dernières années, J'ai fait 3 films à moins de 1,5 M€ et j'ai été payé ( ainsi que mon équipe ) au tarif de la convention.
Simplement les films étaient écrits, préparés et tournés dans les conditions financières imparties ( entre 5 et 7 semaines) et avec un coût de casting raisonnable et non démesuré comme je le constate depuis 3 ans maintenant.
On peut donc parfaitement produire des films à 2,5M€ sans encore une nouvelle fois se servir des salaires comme variable d'ajustement.
D'autres part, dans la convention dite API, il existe des dérogations pour les films de moins de 2,5M€ à condition que la masse salariale soit au minimum de 18%.
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Cordialement
Alors, économiquement, je ne vois pas comment une production pourrait appliquer le texte (salaire minimal, majorations, etc...) avec moins de 1,5 millions. Additionnez les minima de toute une équip, rajoutez les heures dé prépa et les majorations, et vous verrez.
Pourriez-nous citer ces 3 films ? Que nous puissions demander aux producteurs concernés de nous expliquer comment ils ont fait, ce serait instructif pour tout le monde.
D'autre part, la clause de diversité dont vous parlez est une clause PROVISOIRE, plafonnée à 20% des films produits chaque année, et restrictive ( je vais essayé de faire un post complet dessus). Elle conduira inévitablement à une baisse du nombre de films produits, comme d'ailleurs demandés par plusieurs syndicat de salariés (voir le site de l'Association des chefs décorateurs) et donc du nombre de techniciens.
Pour le coût du casting, enfin plutôt des rôles principaux, je suis bien entendu d'accord avec vous.
Vous pouvez sur le site de l'AFC, trouver ma filmographie et rapidement voir quels sont les films dont je parle.
Pour n'en citer qu'un, " Terre et Cendres", tourné en Scope, 35mm, une arri BL4s, 27000 mêtres de pellicule, tirage positif et montage sur table. Petite équipe et 27 jours de tournage.
Comme je l'ai dit ce sont des films adaptés à leur possible budget et non l'inverse. C'est la clé et pour l'avoir vécu, c'est tout à fait possible.
S'agissant de la clause de diversité dont vous parlez, il faut préciser que n'en font partie que les films, qui à la demande du producteur, voudraient utiliser les annexes III du titre II concernant l'intéressement aux recettes d'exploitation.
En aucun cas il ne s'agit de films dont le budget serait inférieur à 2,5M mais qui ne feraient pas appel à cet annexe. C'est une nuance importante car à vous lire , tous les films de moins de 2,5MEUR seraient concernés.
Par ailleurs je n'ai lu nulle part que l'ADC "demandait" une baisse du nombre de films? Est ce une mauvaise lecture de ma part?
Il est possible et il se peut qu'effectivement dans un premier temps, il y ait une baisse de la production mais ceci n'est pas lié à la CC. C'est lié au fait que trop de films ne trouvent plus de débouchés, au resserrement des conditions d'exploitation ( perte de 3000 salles en 5 ans, projection de spectacles à la place des films, films sortis des salles au bout d'une semaine) , au resserrement des quotas de diffusion, des achats par les chaines de télévision, à l'explosion des salaires des rôles principaux, et bien sur à la question récurrente du financement... On ne peut pas rendre responsable les techniciens qui soutiennent cette convention collective de vouloir tuer les producteurs comme vous le dites dans votre billet d'humeur. Tous les techniciens que nous sommes avons toujours fait des efforts pour que les projets existent, ce n'est pas demain que cela s'arrêtera.
Fabrice Préel-Cléach, le 17 janvier 2013 - 21:49, dit :
Aujourd'hui, il se tourne plus de 200 films par an. Avec un écart budgétaire jamais atteint entre les gros et les petits films. Avec des jeunes chefs op, jeunes réals, jeunes directeurs de prods, jeunes chef déco, jeunes producteurs, bref des personnes qui auraient du attendre dix ou quinze ans de plus avant d'occuper ces postes il y a deux décennies. Et donc des questions nouvelles qui se posent : doit-on payer autant un chef déco de 28 ans qui fait son premier film qu'un chef de 55 ans ? Et, ce jeune chef, "mérite"-t-il vraiment 10 000 euros par mois, comme stipulé dans les différents projets de convention collective ?
L'age n'est pas, en soi, un argument. Oui, un chef déco de 28 ans ou de 55 ans doivent être payé au tarif.
Devant le code du travaille (même si les salaires peuvent augmenter avec l'ancienté - et non pas avec l'age du salarié - ) on est tous égaux... On peu maintenant parler des cartes professionnelles qui ont été suprimées (ce qui est une bétise selon moi, on aurait pu l'assouplir mais pas les suprimer).
Pour le même travail, même salaire !
Cela dit je ne crois pas qu'on trouve beaucoup de jeune (moins de 30 ans) en tant que chef de poste sur des longs métrages... J'aimerai voir les statistiques.
Moi j'ai 32 ans je travaille depuis 3 ans (j'ai comencé tard dans le métier) et les productions sur les gros coups ne me font pas (encore ?) confiance. Elles veulent (et je le comprend bien) des gens qui ont de la bouteille. C'est normal !
Donc l'argument de l'age et du salaire affairant me parraît être un peu de la réthorique.
La revendication "à travail égal, salaire égal" est si ancienne qu'elle en deviendrait presque désuète.. Elle est, bel et bien, toujours d'actualité! Tu fais bien de souligner que les différences d'âge, induisant une expérience, mais aussi une notoriété, d'un autre ordre, ne se rémunéreront pas à la même échelle. Ce qui me semble justifié. Quant à la suppression de la Carte professionnelle je suis aussi d'accord. Mais cela nous passe bien au-dessus de la tête, puisqu'il s'agit d'une déréglementation sauvage.. Nous pouvons, tout de même, y résister.
Amicalement.
Ce message a été modifié par Jacques Monge - 26 février 2013 - 22:01.