Ils avaient déjà eu l'idée saugrenue de fabriquer toutes leurs machines mal
Leur inspiration est le "Steadicam Master Series", machine qui avait la lourde tache de remplacer la série 3 de chez Cinema Products, le 3A étant sans doute la machine la plus vendue de l'histoire du procédé. Il est encore utilisé aujourd'hui et beaucoup des plans les plus célèbres de l'histoire du Steadicam ont été accomplis avec - que ce soit par Larry Mc Conkey, James Muro et tant d'autres - tous les grands noms du Steadicam ont forcement utilisé un Model 3.
Mais son successeur, le Steadicam Master, a eu un parcours beaucoup moins glorieux. La principale raison étant une morphologie nouvelle, particulière, très différente de celle du 3A et ce pour une raison très concrète mais que peu de gens connaissent : il était conçu pour intégrer un système permettant que, quelque-soit le placement du moniteur choisi par l'Opérateur - que ce soit pour des raisons de visibilité ou de réglage de l'inertie - la batterie se déplace également automatiquement pour se trouver là ou il faut pour que l'ensemble soit en permanence en Equilibrage Dynamique.
Voici dans le brevet du Steadicam Master de 1994 une illustration du concept de ce mécanisme :

Le moyen d'y parvenir n'était pas électronique et encore moins motorisé. Il était prévu un complexe système de câbles et poulies et bien sûr ce système prenait de la place, d'où la forme particulière de la base du Master, forme qui est restée malgré l'abandon de l'ingénieux système qui n'était malheureusement pas exempt de défauts. Résultat : une machine lourde, non modulaire et très désagréable en Low-Mode.
Et donc, nos amis de chez Basson, tout bons copieurs qu'ils sont, ont basé toute leur gamme de "stabilisateurs" sur le design du Master, avec ce gros défaut morphologique communément appelé "chaussure de ski", alors qu'eux n'ont bien-sûr jamais prévu (ou même imaginé) le moindre système complexe de tringlerie interne...
Ils ont aussi poussé le bon goût jusqu'à proposer leurs produits dans des couleurs chatoyantes telles que le jaune fluo...

(Vous apprécierez la qualité de la configuration un tout petit peu créée coté caméra grâce à Photoshop...)
Mais là ou le destin fait bien les choses c'est quand ont voit leur dernière invention, une copie du fameux "Alien Revolution" :
illustration du brevet de l'Alien, Lynn Nicholson - 1998
Il faut savoir que Lynn Nicholson, l'inventeur du concept original, "l'Alien", avait justement fait l'erreur à l'époque d'acheter un Master pour l'utiliser comme base de départ pour son invention. Il s'est vite rendu compte de son erreur et a dû repartir de zéro avec l'aide de Greg Bubb, fabricant d'un Sled qui est aux stabilisateurs ce que le Hummer est à l'automobile : l'Ultimate d'XCS.
Voici une photo de la configuration sur la première utilisation d'un AR sur un Long-Métrage. Il s'agit de la machine du très talentueux opérateur Will Arnot sur le tournage de "Rent", Arricam LT dans un des très rares AR sur base de Ultimate d'XCS :

Par la suite, Lynn Nicholson s'est associé au britannique et non moins propriétaire de la société MK-V, Howard Smith qui est venu lui faire beaucoup de belles promesses et lui a, entre autres choses, raconté qu'il avait lui aussi fabriqué un "Alien" et qu'il l'appelait le "Revolution" (machine que personne n'a jamais vue et pour laquelle aucun brevet n'existe, contrairement à l'Alien). Ils ont donc conclu de faire ensemble ce qui est désormais connu sous le nom de "Alien Revolution" et ce que chez MK-V on préfère appeler "AR", ou à la rigueur "Automatic Revolution" pour essayer de faire un peu mieux disparaître l'origine réelle de l'engin...
Aujourd'hui Lynn Nicholson et Howard Smith sont fâchés, le premier n'ayant jamais reçu 1 Dollar de royalties et ce malgré toutes les machines vendues par la société du second.
Lynn Nicholson a donc décidé récemment de faire affaire avec Tiffen, fabricant actuel du Steadicam. Pas sûr qu'ils fassent quelque chose de son invention mais au moins il a enfin reçu en retour une rétribution pour l'invention dans laquelle il a investi temps et argent sans compter.
Mais quoi de mieux qu'une démonstration en video pour expliquer le pourquoi de ce sujet :
Comme vous pouvez le voir, leur "Alien Revolution" alias le "Constellation Pro light HDMI" ne fait que ressembler à l'original, la caméra dans le berceau n'est même pas stabilisée (mais à quoi bon ?!), on peut uniquement commander la rotation de la caméra dans le berceau vers 4 positions et c'est tout, toujours à la même vitesse et avec des arrêts tellement brutaux que l'ensemble en tressaille, et pour ce qui est de la discrétion des moteurs...
Le moniteur, lui, reste à niveau tout simplement par gravité et c'est réglé très pendulaire vu comment il gigote.
Mais ils sont sympa, sur leur site ils avertissent quand même des toutes petites limitations de leur création :
Citation
The four point Low mode wheel has four preset positions, high mode, low mode, horizontal mode left and right, so you can now go from one position to another in less than 5 seconds, just by pressing one button on the remote control.
YOU WILL NOT BE ABLE TO USE THE VIDEO DURING THE CHANGE FROM ONE TO POSITION TO ANOTHER BECAUSE IT WILL BE OUT OF BALANCE
YOU WILL NOT BE ABLE TO USE THE VIDEO DURING THE CHANGE FROM ONE TO POSITION TO ANOTHER BECAUSE IT WILL BE OUT OF BALANCE
Du grand n'importe quoi donc, au point que ça en devient comique.
K.



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