Ce lundi 6 septembre 2010 avait lieu à l'espace Cardin une réunion du département Image de la CST. Ce rendez vous a pris une dimension un peu exceptionnelle du fait du très grand nombre de participants et de l'intérêt que suscite la 3D depuis ses derniers développements issus de l'intégration de la vidéo HD et de l'apparition de "rigs" et de nouvelles technologies performantes.
La soirée était animée par Françoise Noyon (CST) et comptait parmi ses intervenants : Alain Derobe (Directeur Photo, "pape" de la 3D), Dominique Rigaud (président d'UP3D), Yves Pupulin (Binocle), Eric Martin (Duran-Dubois), Patrick Leplat (Panavision), Olivier Legrand (Le Studio Imagination), Cyril Barbançon ( D.O.P Stéréographe), Emmanuel Pampuri (les Machineurs), Jeanne Guillot (stéréographe), Céline Tricart (Stéréographe), Dominique Thiel (réalisateur) et Gildas Leroux (producteur).

Yves Pupulin, Binocle.
Après un petit rappel historique de la place prise par la 3D dans la production mondiale par Dominique Rigaud, Yves Pupulin a mis en "perspective" la problématique de la fabrication de l'image 3D de sa conception technique jusqu'à son interaction avec le cerveau du spectateur. Il en a également rappelé les grandes règles et a attiré l'attention de l'auditoire sur la difficulté de produire des images de qualité en relief sans une rigueur et un savoir faire indispensable.
Par la suite nous avons pu découvrir le teaser du long-métrage "les Krostons" de Frédérik Du Chau suivi d'un "questions/réponses avec le public" ou intervenait Yves Pupulin, Eric Martin, Patrick Leplat et Olivier Legrand. Ce "Block Buster" français a été tourné avec 2 Genesis de Panavision et un Rig Binocle.
Après un pot de l'amitié offert par la CST, nous avons pu voir des extraits du film poëtico-architectural de Wim Wenders, avec une 3D signée d'Alain Derobe, filmé avec le Rig et le Steadicam de Philippe Bordelais et une paire de 1D MK4.
Ont suivi des extraits de projets produits par "les Machineurs" principalement des documentaires à visée écologique et des images aériennes du patrimoine architectural tournés avec une paire de RED.
Sans extraits, le co-réalisateur du film "Derrière les murs" Julien Lacombe nous a parlé, en compagnie de sa stéréographe Céline Tricart, de sa démarche et de son expérience de réalisateur voulant tourner son premier long métrage en relief.

Slavasnowshow en 3D
Le théâtre vivant n'était pas absent de la soirée avec une présentation d'extraits du spectacle décoiffant "Slavanowshow" de Slava Polunin. Le réalisateur Dominique Thiel qui est en montage de cette captation (double montage car le spectacle a été tourné en 2 versions distinctes "à plat" et en 3D) nous a énoncé les données et les contraintes techniques d'une telle aventure et le producteur Gildas Leroux nous en a expliqué ses contraintes budgétaires et les ambitions qu'il nourrit pour la production des spectacles en 3D. (production de La Compagnie des Indes)
La soirée s'est terminée sur 2 courts-métrages en relief de Jeanne Guillot et de Céline Tricart.
Alors que retenir de cette soirée en relief ? pour ma part j'ai découvert une technologie très complexe à ne manipuler que par des mains expertes et très bien formées. J'ai découvert également un nouveau métier, celui de stéréographe qui s'articule entre les postes de la réalisation, de la direction de la photo et celui du D.I.T.
Je me suis rendu compte que la 3D télé et la 3D cinéma n'étaient pas les mêmes.
J'ai beaucoup entendu parler de la part des protagonistes de nombreuses et lourdes contraintes, de compromis, de surcoût pouvant aller jusqu'à 135%, pour la production et 200% pour la postproduction, de plus que pour un film "à plat". (la majorité des projets et réalisations qui nous ont été proposés sont largement soutenus par les industries techniques et les aides institutionnelles)
J'ai vu de jolies choses mais j'ai surtout vu des images qui ne m'ont pas beaucoup convaincu, souvent avec un aspect clinique, froid, déshumanisé, manquant de "chair", de modelé et de matière.
Et bizarrement, mais ce n'est que mon sentiment, j'ai surtout ressenti un "effet spectateur". J'entends par là le contraire de l'immersion que je pouvais attendre de films en relief.
Donc comme l'ont déclaré de nombreux intervenants le cinéma 3D HD est une technique et un art nouveaux et distincts du cinéma dit "classique", il en est encore à ses débuts et n'est pas appelé à devenir la norme, mais un autre cinéma vivant en parallèle.



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