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Bruno Delbonnel récompensé Meilleure photo pour "Amélie Poulain" Noter : -----

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Philippe Brelot 

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Posté 14 juillet 2010 - 21:38

Image attachée

Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet, photographié par Bruno Delbonnel, ASC, AFC, a été nommé meilleure photographie pour un film sur la période 1998-2008 dans un sondage en ligne récent conduit par American Cinematographer.

Ce sondage fait suite à un article publié dans AC en mars 99 en l'honneur du 80ème anniversaire de l'ASC.  Ce vote couvrait les films de 1894-1997. Pour le nouveau sondage qui a consacré Bruno Delbonnel, l'AC a demandé aux abonnés de nommer pour leur photographie, 10 films sortis entre 1998 et 2008 .
Un scrutin final ou se retrouvait les 50 candidats les plus populaires a été alors posté sur le site web de l'ASC et le vote final était ouvert au public. Plus de 17,000 personnes ont dans le monde entier participé à ce vote.

Dans la "short list" on pouvait retrouver :
Amélie: Bruno Delbonnel, ASC, AFC
Children of Men: Emmanuel Lubezki, ASC, AMC
Saving Private Ryan: Janusz Kaminski
There Will Be Blood: Robert Elswit, ASC
No Country for Old Men: Roger Deakins, ASC, BSC
Fight Club: Jeff Cronenweth, ASC
The Dark Knight: Wally Pfister, ASC
Road to Perdition: Conrad L. Hall, ASC
Cidade de Deus (City of God): César Charlone, ABC
American Beauty: Conrad L. Hall, ASC

les autres 40 nominés était les suivants : 11) The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford (Deakins); 12) Tie: In the Mood for Love (Christopher Doyle, HKSC, and Mark Li Ping-bin) and Pan's Labyrinth (Guillermo Navarro, ASC); 13) The Lord of the Rings trilogy (Andrew Lesnie, ASC, ACS); 14) Eternal Sunshine of the Spotless Mind (Ellen Kuras, ASC); 15) Gladiator (John Mathieson, BSC); 16) The Matrix (Bill Pope, ASC); 17) The Thin Red Line (John Toll, ASC); 18) The Diving Bell and The Butterfly (Kaminski); 19) Slumdog Millionaire (Anthony Dod Mantle, BSC, DFF); 20) Tie: Eyes Wide Shut (Larry Smith, BSC) and Requiem for a Dream (Matthew Libatique, ASC); 21) Kill Bill (Robert Richardson, ASC); 22) Moulin Rouge (Donald M. McAlpine, ASC, ACS); 23) The Pianist (Pawel Edelman, PSC); 24) Hero (Doyle); 25) Black Hawk Down (Slawomir Idziak, PSC); 26) O Brother, Where Art Thou? (Deakins); 27) Babel (Rodrigo Prieto, ASC, AMC); 28) Lost In Translation (Lance Acord, ASC); 29) Crouching Tiger, Hidden Dragon (Peter Pau, HKSC); 30) The Curious Case of Benjamin Button (Claudio Miranda, ASC); 31) The Man Who Wasn't There (Deakins); 32) The New World (Lubezki); 33) Sin City (Robert Rodriguez); 34) Atonement (Seamus McGarvey, ASC, BSC); 35) Munich (Kaminski); 36) The Prestige (Pfister); 37) Memoirs of a Geisha (Dion Beebe, ASC, ACS); 38) The Aviator (Richardson); 39) Zodiac (Harris Savides, ASC); 40) The Insider (Dante Spinotti, ASC, AIC); 41) Gangs of New York (Michael Ballhaus, ASC); 42) Tie: Brokeback Mountain (Prieto) and The Fountain (Libatique); 43) The Fall (Colin Watkinson); 44) The Passion of the Christ (Caleb Deschanel, ASC); 45) Snow Falling on Cedars (Richardson); 46) House of Flying Daggers (Xiaoding Zhao); and 47) Sky Captain and the World of Tomorrow (Eric Adkins).

Il est à noter que l'excellent Bruno Delbonnel a accordé un très intéressant entretien au "Film Français" où il aborde les technologies HD et HD Low Cost dont voici un extrait :

"Le film français", 9 juillet 2010 Le directeur de la photo d'Amélie Poulain réagit à l'hommage des lecteurs de l'American Cinematographer qui ont élu le film de Jean-Pierre Jeunet meilleure photo des dix dernières années. Et fait le point sur un art bouleversé par le numérique.

Le film français : Votre réaction à cette distinction ?

Bruno Delbonnel: Les abonnés de The American Cinematographer sont généralement des chefs opérateurs ou des gens travaillant dans cet univers. C'est étrange et flatteur. Dans les 50 films sélectionnés, il n'y avait quasiment que des gens que j'admire. Être 49e m'aurait fait autant plaisir.

C'est étonnant de voir l'effet qu'a pu produire Amélie Poulain  ?

BD : Je ne me suis jamais rendu compte de l'ampleur du film. Quand j'avais été nominé aux Oscars, j'avais reçu un coup de téléphone de Bod Richardson que j'admire tant. Il préparait Kill Bill et m'avait bombardé de questions. Cette année, j'ai eu la même réaction avec Barry Ackroyd pour Démineurs. Le choc esthétique d'Amélie Poulain reste dans les mémoires, même si c'est maintenant un film que je ne peux plus voir (rires). Je suis dans d'autres recherches.

Dans le cinéma d'aujourd'hui, on laisse encore un chef op chercher ?

BD : Effectivement, l'industrie va mal. Je n'ai jamais voulu tourner en numérique. Mais je suis un privilégié. Sur Faust, le film d'Alexander Sokurov que je viens de terminer, Arri nous proposait gratuitement une D-21. J'ai refusé et j'ai pu convaincre la production que le film était une meilleure solution. Mais l'avenir est au numérique, je ne me leurre pas...

N'avez-vous pas le sentiment d'être le dernier des Mohicans ?

BD : Non, mais si on veut faire Lawrence d'Arabie, il faut tourner en 65 mm, pas avec une Red. Si on réalise un téléfilm, je ne vois pas l'utilité du 65 mm. Je rêve d'un cinéma grand public ou d'art et essai, mais projeté dans une salle. Pas tourné pour un écran plasma. J'ai la possibilité de dire non car ma position, mes Oscars, mes prix me protègent. Si l'on m'impose quelque chose, je m'en vais. C'est un discours de riche.

Aujourd'hui, vous travaillez surtout hors de France ?

BD : Je ne l'ai pas voulu. Après Amélie Poulain, je n'ai plus reçu de scénario français, mais cinq américains par semaine. La situation a empiré après mon César pour Un long dimanche de fiançailles. Et les rares qui arrivent ne m'intéressent pas. Je dois faire cet automne Selma avec Lee Daniels (Precious), basé sur une histoire vraie autour des droits civiques américains et de Martin Luther King. J'ai aussi un projet sur Robert Kennedy. J'essaie d'aller vers des univers où l'on ne m'attend pas trop. Après Harry Potter, j'ai reçu tous les projets de blockbusters, de X-Men à Fast and Furious !

Des metteurs en scène, comme Cédric Klapisch, travaillent avec un appareil photo numérique. Qu'est-ce que cela vous inspire ?

BD : C'est un désastre, la logique de gens qui n'en ont rien à faire ! Les industries traditionnelles du cinéma, c'est de l'horlogerie qui demande des temps de développements très longs. On est en train de mettre en péril tout cela. Une société comme Angénieux, qui fabrique les meilleurs zooms du monde, pourrait disparaître dans dix ans. Cela n'a aucune logique de mettre sur un appareil à 3 000 EUR un objectif à 30 000 EUR. Je sais que l'on ne peut pas arrêter la marche du futur. On va vers le tout-numérique. À quand la fin des chefs op ? Il y a un autre cinéma à inventer, même si je ne le vois pas trop venir. Il y a, en tout cas, une réflexion à avoir sur ce que l'on fait artistiquement et économiquement. Et penser peut-être à ralentir le rythme pour que les industries aient le temps de se retourner. Attention à la nouveauté qui détruit tout !

Propos recueillis par François-Pier Pelinard-Lambert


#2 L'utilisateur est hors-ligne   Guillaume Quilichini 

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Posté 15 juillet 2010 - 10:07

Ça fait plaisir de lire enfin des idées qui tranchent avec la pensée unique actuelle !

#3 L'utilisateur est hors-ligne   Philippe Brelot 

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Posté 15 juillet 2010 - 23:36

Oui Guillaume et quand c'est une personne comme Bruno Delbonnel qui le dit ça prend tout son poids et tout son sens :

Citation

BD : C'est un désastre, la logique de gens qui n'en ont rien à faire ! Les industries traditionnelles du cinéma, c'est de l'horlogerie qui demande des temps de développements très longs. On est en train de mettre en péril tout cela. .... Attention à la nouveauté qui détruit tout !


Oui quand on veut travailler dans l'horlogerie et j'irai jusqu'à dire dans l'orfèvrerie, les meilleurs outils ne sont pas forcément le marteau et le burin maniés par un arpète. Quand Bruno Delbonnel qui pourrait vivre sur ses acquis et sur son nom nous propose comme lui de rechercher le meilleur et l'excellence, nous aurions mauvaise grâce à ne pas l'écouter.

#4 L'utilisateur est hors-ligne   Laurent Andrieux 

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Posté 18 juillet 2010 - 23:01

Je voudrais juste en profiter pour féliciter mon ami Matthieu Bastid, membre de ce forum et premier assistant opérateur sur "Amélie", car si le travail de son chef est aussi louable, c'est aussi en partie grâce au travail de Matthieu. Bravo à tous deux !

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