Le doute sur l'à-propos du Stead en long-métrage m'a toujours taraudé. À l'exception de quelques plans à effet, j'ai considéré, la plupart du temps, que la machinerie, dite traditionnelle, permettait à la mise en scène d'obtenir ce qu'elle souhaitait. J'ai aussi souvent entendu dire que c'était une question d'écriture. Pourquoi pas? Il reste que la vertu majeure du Stead étant constituée par son invisibilité, il est paradoxal de l'utiliser lorsque n'importe quelle installation de machinerie, même complexe, offrirait la solution.
J'ai interrogé, lorsque l'occasion le permettait, quelques réalisateurs pour lesquels j'exerçais mon métier. Il ne m'en reste que de vagues souvenirs confus. Je me suis donc mis à la recherche de points de vues, imprimés, de metteurs en scènes, et de chef-opérateurs. J'ouvre ainsi, ici, une sorte de bibliothèque sur ce thème, à laquelle je convie tout un chacun d'y apporter une contribution.
Les deux premiers textes ont été publiés par «Lumières» [les «Cahiers de l'AFC»]. Le n° 1, 2006, publie deux entretiens, avec Jacques Audiard et Stéphane Fontaine [« De battre... »], et Patrice Chéreau et Éric Gautier [« Gabrielle »]. J'en ai extrait [© Benjamin B, AFC, 2006] ce qui concerne mon propos.
1. De battre...
- Jacques Audiard : Qu'est-ce qu'aurait été le film sans l'Aaton?
- Stéphane Fontaine : Tout aurait été plus long.
- JA : En tout cas, ce serait un film différent.
- SF : Dès que tu veux changer de plan, ça te demande du temps. Ou alors dans un film plus installé, on aurait peut-être fait ce plan au Steadicam.
- JA : Trop lisse, le Steadicam... Trop lisse pour ce sujet-là. De toutes les façons à chaque fois que j'ai eu un Steadicam, je n'ai jamais su m'en servir. C'était un vrai gag. C'est la honte totale. Il y en a qui font des films entiers avec.
- SF : Kubrick. La réception dans Eyes Wide Shut.
- BB : Et Scorcese dans Good Fellas.
- JA : Je trouve que ça va tellement bien à Scorcese, il sait tellement bien faire ça. Et en même temps, c'est un cinéma qui roule extrêmement des épaules, il y a une ostentation énorme.
- BB : Qui fonctionne très bien avec le sujet...
2. Gabrielle.
- BB : Quand il rentre chez lui la première fois et qu'on découvre l'intérieur de la maison, il y a une envolée presque vertigineuse...
- Patrice Chéreau : La caméra virevolte jusqu'à montrer le plafond...
- Éric Gautier : C'est vrai qu'a priori je n'aime pas beaucoup le Steadicam, mais là c'était le bon outil.
- PC : Le problème avec le Steadicam, c'est qu'on sait quand le démarrer, mais pas quand l'arrêter : il faut le poser, et après seulement, on peut couper au montage, donner le coup de ciseaux. Sans ça, un plan au Steadicam est difficile à monter. Alors qu'une caméra à l'épaule propose des millions d'endroits pour couper, parce que son mouvement est plus heurté.
- ÉG : L'image produite par cette caméra qui flotte dans l'espace est très belle, mais rarement utile. Pour ce plan dans l'entrée en revanche, la caméra qui monte et qui se retourne, c'est magnifique.
À suivre...
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Stead or not Stead
#2
Posté 07 avril 2010 - 00:31
Vaste sujet que tu poses là Jacques.
Vaste mais pas pour le moins dénué d'intérêt !
Il est vrai que ces interviews sont fort intéressantes, et j'espère qu'il y en aura beaucoup d'autres à suivre.
Mais l'éternelle question "Stead or not Stead" n'est elle pas maintenant parasitée par les rythmes de production d'aujourd'hui ?
Comme tu le sais, et comme beaucoup l'ont remarqué aussi, le "Stead" est devenu sur beaucoup de tournages le "travelling à mise en place rapide" (même si parfois, avec de bons machinos, le temps de mise en place et de tournage est relativement similaire), et je ne parle même pas des "plans fixes" au Stead.
Je n'ai pas connu les rythmes de productions d'avant, mais de nos jours, où tout doit être rentable, tourné le plus vite possible (parfois en dépit de la qualité ou même de la sécurité !) et le moins cher possible, ces réflexions et débats sur "Stead or not Stead" ne sont-ils pas faussés par la "réalité implacable" de beaucoup de plateaux d'aujourd'hui ?
Mais bien-sur, cela n'enlève rien aux points de vue très intéressants et enrichissants de grands nom de la mise en scène ou de l'image qui maitrisent leur art.
Vaste mais pas pour le moins dénué d'intérêt !
Il est vrai que ces interviews sont fort intéressantes, et j'espère qu'il y en aura beaucoup d'autres à suivre.
Mais l'éternelle question "Stead or not Stead" n'est elle pas maintenant parasitée par les rythmes de production d'aujourd'hui ?
Comme tu le sais, et comme beaucoup l'ont remarqué aussi, le "Stead" est devenu sur beaucoup de tournages le "travelling à mise en place rapide" (même si parfois, avec de bons machinos, le temps de mise en place et de tournage est relativement similaire), et je ne parle même pas des "plans fixes" au Stead.
Je n'ai pas connu les rythmes de productions d'avant, mais de nos jours, où tout doit être rentable, tourné le plus vite possible (parfois en dépit de la qualité ou même de la sécurité !) et le moins cher possible, ces réflexions et débats sur "Stead or not Stead" ne sont-ils pas faussés par la "réalité implacable" de beaucoup de plateaux d'aujourd'hui ?
Mais bien-sur, cela n'enlève rien aux points de vue très intéressants et enrichissants de grands nom de la mise en scène ou de l'image qui maitrisent leur art.
#3
Posté 07 avril 2010 - 16:24
"Élémentaire, mon cher"... Guillaume. Mais c'était un présupposé de ma part que l'avatar rentabilité de l'usage du Stead ne serait pas pris en compte pour ce sujet. Ça ne date pas d'aujourd'hui. Pourtant il nous faut l'observer comme un des épisodes particuliers de la dégradation générale des conditions de tournage, et des salaires. Je crois que ce n'est pas exactement le lieu d'en débattre, les structures associatives et syndicales l'étant.
Je vais donc tenter de continuer à alimenter ce sujet, que j'estime pertinent, parce qu'il devrait permettre d'enrichir notre regard sur ce métier, qu'on l'exerce ou pas. Les citations à suivre sont encore extraites de "Lumières", n°2, 2006 et n°3, 2009 [Ces "Cahiers de l'AFC" sont remarquables, source inépuisable de connaissances et de réflexion].[©AFC, 2009].
1. Breaking the Waves.
Ce long entretien avec Jean-Paul Meurisse est formidable, il faut le lire. À un détour, Jean-Paul raconte :
- J-PM : Quand on était sur la plateforme de forage, Lars était à 15 km! Il est claustrophobe et ne voulait pas monter sur une plateforme de forage. C'était en fait une plateforme en réparation. Nous avions un émetteur vidéo puissant et il recevait les images.
- BB : Un réalisateur à 15 km de la scène! C'est peut-être un record absolu!
- J-PM : Il était en liaison téléphonique avec son premier assistant. À moi, il ne parlait jamais. Sur la plateforme, ils entendent les cloches à la fin et moi je tourne autour comme avec un Steadicam, ça Lars a détesté, il a dit : "C'est trop mou", et c'est le seul moment où il est intervenu. Il a dit non par assistant interposé.
2. Golden Door.
Extrait de cet autre entretien remarquable d'Agnès Godard avec Willy Kurant :
- AG : [...] Tu sais et peux mieux dire que quiconque que chaque mode de prise de vues est un parti pris et qu'il n'est pas détaché de la mise en scène. On peut amener des idées, suggérer leur à propos, dans l'idée de collaboration.
Les choix ont été petit à petit orientés par la technologie qui s'est développée, notamment et en premier l'emploi des ordinateurs pour le montage. On n'a pas le même rapport avec l'image quand on la regarde sur un écran ou dans une salle de projection. Au début de l'Avid, j'avais l'impression de pouvoir dire que tel film avait été monté en traditionnel ou en virtuel. Je le voyais à la durée des plans, au rythme interne. Il fallait un rythme plus rapide... Et le Steadicam est arrivé... Puis les caméras numériques, avec une autonomie de temps de tournage bien supérieure à la pellicule. On a glissé vers "on enregistre le plus possible" jusqu'au "on verra après" parfois! [...].
Instructif, non?
Je vais donc tenter de continuer à alimenter ce sujet, que j'estime pertinent, parce qu'il devrait permettre d'enrichir notre regard sur ce métier, qu'on l'exerce ou pas. Les citations à suivre sont encore extraites de "Lumières", n°2, 2006 et n°3, 2009 [Ces "Cahiers de l'AFC" sont remarquables, source inépuisable de connaissances et de réflexion].[©AFC, 2009].
1. Breaking the Waves.
Ce long entretien avec Jean-Paul Meurisse est formidable, il faut le lire. À un détour, Jean-Paul raconte :
- J-PM : Quand on était sur la plateforme de forage, Lars était à 15 km! Il est claustrophobe et ne voulait pas monter sur une plateforme de forage. C'était en fait une plateforme en réparation. Nous avions un émetteur vidéo puissant et il recevait les images.
- BB : Un réalisateur à 15 km de la scène! C'est peut-être un record absolu!
- J-PM : Il était en liaison téléphonique avec son premier assistant. À moi, il ne parlait jamais. Sur la plateforme, ils entendent les cloches à la fin et moi je tourne autour comme avec un Steadicam, ça Lars a détesté, il a dit : "C'est trop mou", et c'est le seul moment où il est intervenu. Il a dit non par assistant interposé.
2. Golden Door.
Extrait de cet autre entretien remarquable d'Agnès Godard avec Willy Kurant :
- AG : [...] Tu sais et peux mieux dire que quiconque que chaque mode de prise de vues est un parti pris et qu'il n'est pas détaché de la mise en scène. On peut amener des idées, suggérer leur à propos, dans l'idée de collaboration.
Les choix ont été petit à petit orientés par la technologie qui s'est développée, notamment et en premier l'emploi des ordinateurs pour le montage. On n'a pas le même rapport avec l'image quand on la regarde sur un écran ou dans une salle de projection. Au début de l'Avid, j'avais l'impression de pouvoir dire que tel film avait été monté en traditionnel ou en virtuel. Je le voyais à la durée des plans, au rythme interne. Il fallait un rythme plus rapide... Et le Steadicam est arrivé... Puis les caméras numériques, avec une autonomie de temps de tournage bien supérieure à la pellicule. On a glissé vers "on enregistre le plus possible" jusqu'au "on verra après" parfois! [...].
Instructif, non?
#4
Posté 07 avril 2010 - 17:24
Très instructif Jacques,
et j'en vient à me demander si l'utilisation ou la non utilisation du Steadicam serait devenue une "question de morale" comme le disait Jean-Luc Godard pour l'usage du travelling pendant la nouvelle vague.
Le Steadicam est un instrument tellement spécifique et étrange pour bon nombre de chefs-ops et de réalisateurs, un instrument plein d'ambivalences que l'on a du mal à appréhender : transparent aussi bien qu'omniprésent, léger et aérien aussi bien que pesant et angoissant dans un plan subjectif, narratif et elliptique, flou et précis, humain et inhumain... Bref un instrument qui me déconcerte toujours un peu !
J'aime beaucoup cette réflexion de Patrice Chéreau : "Le problème avec le Steadicam, c'est qu'on sait quand le démarrer, mais pas quand l'arrêter : il faut le poser, et après seulement, on peut couper au montage, donner le coup de ciseaux. Sans ça, un plan au Steadicam est difficile à monter." à croire que la "chose" nous échappe un peu.
Donc pour la question Stead ou pas Stead je paraphraserais J-L Godard : c'est peut-être aussi une question de morale !
et j'en vient à me demander si l'utilisation ou la non utilisation du Steadicam serait devenue une "question de morale" comme le disait Jean-Luc Godard pour l'usage du travelling pendant la nouvelle vague.
Le Steadicam est un instrument tellement spécifique et étrange pour bon nombre de chefs-ops et de réalisateurs, un instrument plein d'ambivalences que l'on a du mal à appréhender : transparent aussi bien qu'omniprésent, léger et aérien aussi bien que pesant et angoissant dans un plan subjectif, narratif et elliptique, flou et précis, humain et inhumain... Bref un instrument qui me déconcerte toujours un peu !
J'aime beaucoup cette réflexion de Patrice Chéreau : "Le problème avec le Steadicam, c'est qu'on sait quand le démarrer, mais pas quand l'arrêter : il faut le poser, et après seulement, on peut couper au montage, donner le coup de ciseaux. Sans ça, un plan au Steadicam est difficile à monter." à croire que la "chose" nous échappe un peu.
Donc pour la question Stead ou pas Stead je paraphraserais J-L Godard : c'est peut-être aussi une question de morale !
#5
Posté 09 avril 2010 - 11:23
«Déconcertant» et «ambivalent», merci Philippe pour ces deux nouveaux qualificatifs : l'appréhension de la place spécifique du Stead dans la gamme des outils, des instruments, de déplacement d'une caméra [en long-métrage] s'en enrichit.
On aura peut-être saisi que ce propos vise à commencer d'établir une «histoire» du Stead dans l'histoire du Cinéma, trente années après The Shining [1980], qui s'est, jusqu'à alors, circonscrite aux anecdotiques «records» et «acrobaties» divers [dont le Guinness Book ne s'est pas encore fait l'écho
] .
Et comme, en toute logique, ce ne sont pas les Cadreurs Steadicam qui sont le mieux placés pour en parler - ayant bien trop le nez, et pas que le nez, dedans - je me suis mis en quête de recueillir les points de vue des créateurs-piliers de tout film : le réalisateur et le directeur de la photographie.
[Si je m'en préoccupe de la sorte, c'est que j'ai pour mission statutaire de défendre « les intérêts professionnels, moraux et culturels des membres de l'association », et que je considère en avoir les capacités]
D'ailleurs, Philippe, à propos de « morale », je ne me suis jamais satisfait de l'aphorisme franco-suisse que tu cites, passe-partout - et dont l'origine ancienne est complexe: "De l'abjection", par Jacques Rivette
J'y préfére cette réflexion de Schiller :
« Quand nous cultivons nos facultés esthétiques, nous cultivons nos facultés morales, si bien que l'éducation esthétique rend dispensable l'éducation morale ».
Ceci dit, je reviens au sujet en citant un théoricien du Cinéma, Jacques Aumont, qui remarquait, en 1990 : "Il y a beau temps que les opérateurs et les cinéastes ont exploré toute la gamme des possibilités de mouvements de caméra. Les appareils récents permettent des mouvements d'une ampleur et d'une souplesse très grandes. En même temps ils ont tendance à souligner l'équivalence entre cadrage et regard : c'est le cas notamment du steadycam [sic]. À certaines époques antérieures, où l'on disposait d'appareils moins perfectionnés, le mouvement de caméra a souvent été utilisé de façon moins strictement liée au regard humain". [in "L'image", Nathan 1990].
À suivre ;-)
On aura peut-être saisi que ce propos vise à commencer d'établir une «histoire» du Stead dans l'histoire du Cinéma, trente années après The Shining [1980], qui s'est, jusqu'à alors, circonscrite aux anecdotiques «records» et «acrobaties» divers [dont le Guinness Book ne s'est pas encore fait l'écho
Et comme, en toute logique, ce ne sont pas les Cadreurs Steadicam qui sont le mieux placés pour en parler - ayant bien trop le nez, et pas que le nez, dedans - je me suis mis en quête de recueillir les points de vue des créateurs-piliers de tout film : le réalisateur et le directeur de la photographie.
[Si je m'en préoccupe de la sorte, c'est que j'ai pour mission statutaire de défendre « les intérêts professionnels, moraux et culturels des membres de l'association », et que je considère en avoir les capacités]
D'ailleurs, Philippe, à propos de « morale », je ne me suis jamais satisfait de l'aphorisme franco-suisse que tu cites, passe-partout - et dont l'origine ancienne est complexe: "De l'abjection", par Jacques Rivette
J'y préfére cette réflexion de Schiller :
« Quand nous cultivons nos facultés esthétiques, nous cultivons nos facultés morales, si bien que l'éducation esthétique rend dispensable l'éducation morale ».
Ceci dit, je reviens au sujet en citant un théoricien du Cinéma, Jacques Aumont, qui remarquait, en 1990 : "Il y a beau temps que les opérateurs et les cinéastes ont exploré toute la gamme des possibilités de mouvements de caméra. Les appareils récents permettent des mouvements d'une ampleur et d'une souplesse très grandes. En même temps ils ont tendance à souligner l'équivalence entre cadrage et regard : c'est le cas notamment du steadycam [sic]. À certaines époques antérieures, où l'on disposait d'appareils moins perfectionnés, le mouvement de caméra a souvent été utilisé de façon moins strictement liée au regard humain". [in "L'image", Nathan 1990].
À suivre ;-)
#6
Posté 10 avril 2010 - 00:17
Jacques Monge, le 09 avril 2010 - 12:23, dit :
D'ailleurs, Philippe, à propos de « morale », je ne me suis jamais satisfait de l'aphorisme franco-suisse que tu cites, passe-partout – et dont l'origine ancienne est complexe: "De l'abjection", par Jacques Rivette
J'y préfére cette réflexion de Schiller :
« Quand nous cultivons nos facultés esthétiques, nous cultivons nos facultés morales, si bien que l'éducation esthétique rend dispensable l'éducation morale ».
J'y préfére cette réflexion de Schiller :
« Quand nous cultivons nos facultés esthétiques, nous cultivons nos facultés morales, si bien que l'éducation esthétique rend dispensable l'éducation morale ».
Merci Jacques pour ce sujet fort intéressant et merci de marcher sur ce fil étroit qui sépare la technique de l'artistique; mais marcher sur un fil... c'est bien dans les attributions d'un opérateur Steadicam non ?
Pour compléter et affiner mes précédents propos, je dirais que la "question de morale" que je soulevais par rapport à l'approche technique du plan était plus basée sur la question morale que se proposait à lui même l'auteur du plan et non pas la morale issue du dogme ou de la convention qu'elle soit académique ou culturelle.
Je me rends compte que le mot morale si cher à Luc Moullet et J-L Godard n'est peut-être pas le plus pertinent et qu'un mot regroupant les idées de : envie, point de vue, pertinence et justesse n'existe pas dans notre chère langue... tant pis j'en resterais à morale !
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