Cinematographie.info: Journée CST : "Il n'y a pas de savoir-faire "low-cost" !" [compte rendu] - Cinematographie.info

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Journée CST : "Il n'y a pas de savoir-faire "low-cost" !" [compte rendu] vendredi 20 novembre 2009 à 9h30 à la salle Pierre Cardin Noter : -----

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Thomas Chatelet 

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Posté 07 novembre 2009 - 15:35

La CST est heureuse de vous convier à sa Troisième Journée des Techniques de la Production et de la Post-Production qui aura lieu à l’Espace Pierre Cardin (Paris 8ème), le 20 novembre prochain.

Avec la mutation des technologies et les difficultés de financement des œuvres, sont apparus, dans le monde de la production cinématographique et audiovisuelle, la mode et le mot de « Low Cost ». Il s’agit d’une course à la réduction drastique des coûts au détriment, parfois, des bons choix technologiques et artistiques. Ce « comportement » économique bouleverse nos habitudes et nos équilibres. Il nous a semblé nécessaire de nous pencher sur ce phénomène afin de mieux définir les évolutions de nos professions.

Tous les films peuvent-ils se faire à bas coût ? Toutes les technologies peuvent-elles être combinées entre elles tout au long de la chaîne de production et de post-production ? Quel équilibre est-il possible d’établir entre l’ambition d’un film et son économie ? Au moment où le cinéma se choisit les normes les plus exigeantes et où la télévision passe peu à peu à la HD, la théorie du « Low Cost » est-elle la bonne réponse à ces évolutions ?

La véritable valeur ajoutée d’un film réside dans la qualité technique et artistique des professionnels qui le réalisent. Mais peut-on réellement croire qu’il existe des savoir-faire « low cost » ? A chaque rouage de la chaîne technique et artistique, c’est la valeur du savoir-faire humain qui fait la différence. Ce savoir-faire a un coût, mais c’est lui qui fera la valeur de l’œuvre. Les techniciens sont aussi là pour contribuer à faire les bons choix technologiques, adaptés au film et à son économie.

Les débats en grande salle, tenteront de répondre à ces questions en abordant les aspects techniques ainsi que les enjeux artistiques et économiques.

Nous ferons le point, en petite salle, sur l’ensemble des évolutions en matière de restauration et de conservation des œuvres.

Le programme : Fichier joint  CST_20_novembre_2009__Communique_de_presse_Programme.pdf (445,69 Ko)
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Les inscriptions sont ouvertes !

#2 L'utilisateur est hors-ligne   Thomas Chatelet 

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Posté 07 décembre 2009 - 12:08

Pour les malheureux(ses) qui, comme moi, n'ont pas pu s'y rendre, la CST a mis en ligne un compte rendu de cette journée de débats que je fais suivre ici : Fichier joint  CP_CST_Apres_le_20_novembre.pdf (45,75 Ko)
Nombre de téléchargements : 186
La CST, toujours sur son site, a mis en ligne quelques coupures d'Ecran Total rapportant la journée.

#3 L'utilisateur est hors-ligne   Michael Merle 

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Posté 12 décembre 2009 - 13:02

Bonjour,

J'ai lu le pdf, de même que les articles du cst et… je me demande si l'on ne se réjouit pas finalement qu'il n'y en ai pas de "savoir faire low cost". Et si c'était possible ?

#4 L'utilisateur est hors-ligne   Laurent Andrieux 

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Posté 12 décembre 2009 - 20:38

Une très intéressante contribution de Marc Galerne, de K5600 Lighting à ce sujet, dans la lettre de l'AFC de décembre.

#5 L'utilisateur est hors-ligne   Eric Guichard 

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Posté 12 décembre 2009 - 20:53

Voici le lien direct

Amicalement.

#6 L'utilisateur est hors-ligne   Yves Agostini 

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Posté 12 décembre 2009 - 23:40

Merci beaucoup pour ces deux textes qui réchauffent le coeur. On se sent moins seul dans le combat que l'on doit mener pieds à pieds pour que ce métier reste de grande qualité.

#7 L'utilisateur est hors-ligne   Michael Merle 

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Posté 13 décembre 2009 - 02:37

Il me semble que des choses juste ont été dites, notamment dans le terme "low cost" on perçoit une confusion avec le systeme de production indépendante. Ce terme masque lui aussi une réalité. Or le "low cost" ne semble être qu'un cache-sexe pour des productions qui veulent simplement gagner plus. Du moins je le comprend ainsi.

Malheureusement quelques lignes me semble siginficative :

"ATTENTION, je ne dis pas qu’il ne faut pas aider des projets économiquement fragiles mais seulement, s’ils sont intéressants et peu nombreux. La nature est bien faite : s’ils sont bons, ils sont rares. (j'ajoute : tant mieux ????) Chaque technicien, comédien, ouvrier ou prestataire de ce métier a volontiers baissé ses coûts, voire pratiqué du bénévolat, mais cela doit se faire pour des projets de qualité, réfléchis et soutenus par des réalisateurs et des producteurs responsables." Dans La Lettre de l'AFC 193 décembre 2009

Ou bien :
"Il est nécessaire que l’on choisisse entre rester une cinématographie majeure, capable de produire une diversité d’œuvres pour tous les publics et dans tous les genres, ou devenir une cinématographie « Low Cost » seulement capable de créer, de temps en temps, quelques œuvres d’exception." Dans CP_CST_Apres_le_20_novembre

Mais qui donc décide de la valeur d'un projet ? Non seulement qui mais surtout comment ? L'état ? Que l'état donne la recette et la transmette à hollywood (le Bois sacré ?) ils seront ravi. Rien d'étonnant qu'ils tiennent tous deux le même discours. Film d'action = président actif ?

Je n'ai rien contre les techniciens mais je commence me demander s'ils ne cherche pas à se passer de leurs auteurs. Que valorise t'on quand on parle de son cinéma, Astérix et Obélix ? Ah oui ! J'oubliai, c'est eux qui financent les projets fragile avec les Chtis bien sur. Pas de copinage, de réseau, d'héritage, d'ascenseur dans ce milieu comme tant d'autre, c'est en Afrique les tribus ! Il faut arrêter de prendre les gens pour des cons. N'êtes vous pas inquiet, non pas de la quantité (ça c'est sûr y'en aura du film !) mais de la qualité du cinéma, de son propos monolithique a-varié ? Y 'a t'il un Lars von trier, un Lee Chang Dong, un Malick en France ? Peut-on tourner "El Bonaerense" ou un doc sur les prisons en France ? Le choc esthetique seul ne fait pas le cinéma. La preuve : Cassavetes, à qui les studio donnait des chutes de 16mm et dont le financement était ridicule. Poisseuse l'image ? Une société dont la dramaturgie et le rapport avec le réel décline n'en à plus pour très longtemps. Ici pas de discours idéaliste, loin de là, le réel, rien que le réel que personne ne veut voir. Aujourd'hui on doit produire du mythe, de la mythologie pour les masses. Je peux comprendre qu'une foule veuille un totem, un veau d'or, mais quand un secteur, une politique, une culture devient décadente, mais alors que les responsables ne se servent pas des auteurs pour en faire des complices.

Je suis donc, non pas choqué, ni même déçu par cette "cinématographie majeure" — adulte ? — qui croit être telle par la quantité de ses moyens et subordonne dans les faits les auteurs qui ont fait sa renommée, aujourd'hui simple épouvantail pour le marketing international. Clint Eastwood à gagné la partie. C'est beau, le traveling est parfait. Allez ! Légion d'honneur ! Eloge de tout l'élite. Mais la pauvre serveuse tétraplégique n'a pas d'autre solution que d'appliquer la "philosophie" de son maître. Le shéma Winner/Looser.

— Je veux entendre les bravo dans ma tête. flingue moi !

Rien à faire, une looser faut que ça crève. Sortez vos mouchoirs, la lumière est parfaite. Renoncer à ce shéma par amour ce n'est pas digne, pas compétitif. C'est le projet de société qu'il nous faut, et pourquoi pas un vétéran qui se sacrifie (sur de mourir de toute façon !!!) pour envoyer la racaille en taule, en enfer si possible. L'inverse de l'oeuvre Christique qui, en passant est la base philosophique occidentale de même que sa base esthétique. Super ! Et le point on le fait quand ?

Coup de gueule ? Sans doute.
Une dernière, une vraie, une méchante celle-là et je le pense vraiment. Leni Riefental cherchait l'esthétique, que dis-je, le faste, "Le saigneur des agneaux" avant l'heure mais l'homme n'a pas de mémoire. Je croyais que la photo, le cinéma c'était ça, non pas aussi, accessoirement, mais AVANT tout… ça. Un jour il n'y aura plus personne pour décrire le réel, rien que le silence et l'esclavage. Un camps moderne… technique. Avec des loueurs de projo pour les miradors et des rails bien sur !


Je vous souhaite bon courage pour la citation suivante, imaginez un plan séquence en clair obscur ce sera moins douloureux :

"Que l'on fasse un rapide calcul : non seulement il est évident que la culture allemande est en pleine décadence, mais les raisons ne manque pas pour l'expliquer. Finalement, nul ne peut prodiguer plus qu'il ne possède — cela vaut pour les individus mais aussi pour les peuples. Si l'on dépense pour la puissance, la grande politique, l'économie, les échange mondiaux, le parlementarisme, les intérêts militaires, si l'on dépense de ce côté là tout ce que l'on a, ce que l'on est d'intelligence, de sérieux, de volonté, d'empire sur soi, tout cela fera défaut de l'autre côté. La culture et l'état — que l'on ne s'y trompe pas — sont antagoniste : l'idée d'un état créateur de culture est exclusivement moderne. L'un vit aux dépens de l'autre. Toutes les grandes époques de la culture sont des époques de décadence politique. Tout ce qui est grand dans le sens de la culture à toujours été non politique, et même antipolitique. Le Goethe s'est ouvert au phénomène "Napoléon" ; il s'est fermé aux "guerre de libération"… Au moment même ou l'Allemagne monte en tant que grande puissance, la France gagne, en tant que puissance culturelle une importance accrue. D'ores et déjà, une bonne part du nouveau sérieux, de la passion nouvelle pour les choses de l'esprit, a élu domicile à Paris. : ainsi la question du pessimisme, par exemple, la question de Wagner, presque toutes les questions y sont débattues avec incomparrablement plus de subtilité et de profondeur qu'en Allemagne. — Les Allemands sont eux-mêmes incapables de cette qualité de sérieux. Dans l'histoire de la culture européenne, l'avènement du Reich signifie avant tout un déplacement du centre de gravité. On le sait déjà partout : pour l'essentiel (qui reste la culture), les Allemands ne jouent plus aucun rôle. On me demande : pouvez-vous encore faire état d'un seul esprit qui compte en Europe, comme votre Goethe, votre Hegel, votre Heinrich Heine, votre Shopenhauer ont compté en leur temps ? Qu'il n'y ai plus un seul philosophe allemand, voilà dont on ne cesse de s'étonner."

Nieschtze, Le crépuscule des idoles P54 folioessais

Aujourd'hui avec une telle mentalité Godard, truffaud et les autres ne pourrai même pas filmer, eux qui luttait contre la carte que l'état leur imposait.

Bon allez ciao, je dois faire ma pré-prod autofinancé "sangsous" pour un projet que l'état à jugé : Improbable à regarder (CNC). Mais bon il ont refusé de financer "l'argent" de Bresson… arf ! arf ! arf !

#8 L'utilisateur est hors-ligne   Marc Galerne 

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Posté 15 décembre 2009 - 10:29

Voir le messageMichael Merle, le 12-12-2009 - 12:02, dit :

J'ai lu le pdf, de même que les articles du cst et… je me demande si l'on ne se réjouit pas finalement qu'il n'y en ai pas de "savoir faire low cost". Et si c'était possible ?


Le savoir faire Low Cost, c'est possible. Mais le Low Cost est une politique commerciale: ça n'a rien à voir avec de la "démerde". Pour parler de Low Cost, il faut qu'un prestataire par exemple mette en place un système minimaliste mais efficace et dont la finalité est de rapporter de l'argent.
Prenons le cas de la lumière (c'est celui que je connais le mieux). Un individu lambda décide de devenir "LOUEUR LOW COST". Il va acheter 4 ou 5 types de projos qu'il va négocier au plus bas car il va en prendre en grande quantité (diminuer le prix de revient donc le point d'amortissement). Ensuite, il prend un local de petite taille par rapport à son parc (il part du principe que 50% du matériel sera dehors tout le temps). Il propose des packages avec une base de matériel très minimaliste et tous les accessoires sont facturés en plus (pieds, rallonges, boîtes de branchement, reflos...). Les réservations de matériel se font par mail ou fax uniquement et les heures d'ouvertures sont limitées et le client se prépare lui même sa liste et charge son matériel (afin d 'éviter des frais de personnel). Impossibilité de joindre qui que ce soit en cas de panne (mais bon, le client ne paye pas cher...).
J'insiste sur le fait que c'est une création de société, il n'est pas envisageable qu'une société existante fasse cela dans ses locaux et avec son organisation actuelle sinon c'est simplement faire de la prestation "cheap" et c'est ce qu'il se passe actuellement et tout le monde est mécontent.

#9 L'utilisateur est hors-ligne   Michael Merle 

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Posté 15 décembre 2009 - 20:50

Voir le messageMarc Galerne, le 15-12-2009 - 10:29, dit :

Le savoir faire Low Cost, c'est possible. Mais le Low Cost est une politique commerciale: ça n'a rien à voir avec de la "démerde".


Bonne nouvelle donc ! Mais pourquoi les "experts" n'arrive pas à faire la distinction ? Il font un amalgame entre le "Low Cost" et la production indépendante — la démerde en l'occurence, soit le manque de financement. Historiquement, aux US s'il n'y avait pas eu de démerdart comme Roger Corman, nous n'aurions pas les Spielberg, Coppola, De Palma, Scorcese, Malick, ec. De même qu'en France pour la Nouvelle vague. Combien coûtaient leurs films ?

Malgré l'exemple convaincant, il semble que la problématique ne se trouve pas du côté des loueurs, qui sont plutôt enclin à faire un effort. Evidemment, pour eux, l'arrivée de nouvelle technologie à des prix cassé créer de la concurrence — quoique ?

C'est toute la chaîne de production qui est touchée. Il faut prendre en exemple le pré-presse ou la chaîne musicale pour mesurer les conséquences, malgré les apparences on est en terrain connu. C'est le tabou qui empêche de voir la réalité en face.

#10 L'utilisateur est hors-ligne   Jacques Monge 

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Posté 17 décembre 2009 - 10:08

Personnellement je considère ce sujet comme fondamental, mais très complexe. Il gagne à être traité avec rigueur d'une manière bien structurée. En évitant un verbalisme truffé de sous-entendus, au bout duquel, finalement, on ressort plus perplexe qu'avant. Et un effort sur l'orthographe est toujours le bienvenu.

#11 L'utilisateur est hors-ligne   Philippe Brelot 

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Posté 17 décembre 2009 - 15:03

Voir le messageMichael Merle, le 15-12-2009 - 20:50, dit :

Mais pourquoi les "experts" n'arrivent pas à faire la distinction ?


Mais pour toi qui sont ces experts :

- les producteurs ?
- le CNC ?
- les distributeurs ?
- les techniciens ?
- le public ?
- les industries techniques ?
- les financiers ?

#12 L'utilisateur est hors-ligne   Yves Agostini 

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Posté 17 décembre 2009 - 16:57

Sans oublier les Chaines de télévisions qui ont une très grande part aujourd'hui dans la production cinématographique et pas seulement au niveau argent.

#13 L'utilisateur est hors-ligne   Philippe Brelot 

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Posté 17 décembre 2009 - 17:13

Cher Yves, je les incluais dans la distribution : qu'elle soit ciné ou télé la distribution est incontournable et possède le "final cut".

#14 L'utilisateur est hors-ligne   Michael Merle 

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Posté 17 décembre 2009 - 23:50

Voir le messagePhilippe Brelot, le 17-12-2009 - 15:03, dit :

Mais pour toi qui sont ces experts :

- les producteurs ?
- le CNC ?
- les distributeurs ?
- les techniciens ?
- le public ?
- les industries techniques ?
- les financiers ?


C'est bien le probleme… tout le monde est expert. Tout le monde sait. D'ailleurs n'est ce pas pour cette raison que le numérique à fait peur à toute la profession ? D'un coup plus personne ne savait rien. Je trouvais cette intervention interessante — désolé pour la longueur, elle contextualise le propos :

"Troisième surprise :l’exposé brillant de Michel Gomez, délégué de la Mission cinéma à la mairie de Paris. Il a expliqué avec clarté que le " Low cost "est une politique industrielle réfléchie offrant un service basique à un public à la recherche de moyen peu onéreux d'avoir accès à quelque chose ou de pouvoir l'utiliser plus souvent. C'était la motivation des compagnies aériennes américaines qui ont lancé le mode " Low cost "sur le marché. Tout de suite, on comprend que ce terme ne peut pas s'appliquer à notre métier.

Tout d'abord parce que la production cinématographique n'est pas une industrie; avec des outils spécifiques produits au mieux par (petites) centaines d’unités et des prestataires de services dont le chiffre d'affaires total réuni équivaut à une semaine de recette d'un hypermarché. Le terme " industrie " commence à s’appliquer lorsque le film est tourné, monté, étalonné. L'exploitation du produit " film " est une industrie avec des places de cinéma et des DVD vendus par millions créant une véritable économie qui génère une quantité importante d'emplois. Un film reste un prototype issu du travail de nombreux artisans qui ont un savoir-faire unique.

L’autre raison pour laquelle le terme " Low cost " ne peut s'appliquer dans la production cinématographique, c’est que les pratiques que nous voyons aujourd'hui n’ont rien d'une politique réfléchie par les prestataires et techniciens qui subissent plus qu'ils ne proposent. Nous sommes dans la position inverse du " Low cost " : nous sommes dans le cas où le passager éventuel d'une compagnie aérienne proclame haut et fort qu'il ne prendra l'avion que s'il obtient un billet au prix qui correspond à la somme qu'il a (peut- être) dans la poche. C'est totalement différent. Le problème est que tant qu'il y aura un pilote casse-cou avec un vieux coucou dangereux pour accepter la mission, il y aura de plus en plus de passagers potentiels. Comme disait Coluche en parlant des chanteurs populaires sans talent : « Quand on pense qu'il suffirait que les gens arrêtent d'acheter leurs disques pour qu'ils ne se vendent plus ». Peut-être suffit-il que l'on arrête d'accepter n'importe quoi pour qu'il n'y ait plus de demandes du genre !
ATTENTION, je ne dis pas qu'il ne faut pas aider des projets économiquement fragiles mais seulement, s'ils sont intéressants et peu nombreux. La nature est bien faite : s'ils sont bons, ils sont rares.

Lettre afc citée plus haut

On voit bien ici que la confusion apparaît clairement ici, au point même ou l'intervenant modère lui-même ses propos.

— en aparté — Dans le dialogue l'autre à la liberté de s'exprimer dans le temps et la mesure qu'il a décidé, pour un sujet aussi "fondamental" le temps (si ! si ! c'est important au cinéma) n'est pas surfait. Au mot "sous-entendu je préfère le mot "évocation".

Pour préciser ma pensée —
Comment lire cette intervention ? Parce si vous n'aimez les sous-entendu que dire de ce "programme" !
1. L'intervenant affirme que ce métier n'est pas une industrie. L'argument est quantitatif :
avec des outils spécifiques produits au mieux par (petites) centaines d’unités et des prestataires de services dont le chiffre d'affaires total réuni équivaut à une semaine de recette d'un hypermarché.

Bien. Le prix moyen d'un shoot ou d'un scanner est de 350 000 €. Le haut de la gamme peut aller très haut (800 000€). Pour un parc mondial d'à peu près 1000 prestataires. On se trouve loin du super marché. Je sais que certain studio parisien découpe à la tronçonneuse leur matériel obsolète. Ces machines sont de vrai planches à billet. Je sais aussi que dans certains studio elles tournent 24/7. Bon allez peut-être que la crise a diminué le flux… cependant quand une production démarre un projet genre blockbuster ou pub, j'ai du mal à croire qu'elle sait pas où elle va ni qu'elle cible marketing elle a en vue et qu'elle attende l'étalonnage !!! Pour ce type de production vers lequel tend toute la "chaîne " (quel joli mot !) le terme prototype est un euphémisme. Archétype conviendrai mieux !

On y va…
2. Le deuxième "argument", hum… euh… oui, désolé je prend mon temps, je réfléchi, je demande si je ne devrai arrêter de vous écrire et aller me coucher tiens. D'ailleurs… bon… ben… euhhhhhh… et vous ? Vous ne voyez pas ? Rien à dire les pauvres petits techniciens ?
Eh bien ici pour valoriser les pratiques techniques et les services des prestataires, l'auteur low-cost (c'est nouveau ça vient de sortir !) est tout simplement comparer à un consomateur. Il n'y a plus d'auteurs dans ce pays (on le savait déjà!) il n'y a que des consomateurs qui consomment le temps, l'argent et l'énergie des pauvres petits techniciens et prestataire. La solution c'est de faire comme certain producteur de musique, générer des scénarii par ordinateur (vu la qualité nationale on en est pas loin !). Ce sera bien mérité. Mais attention ! (je l'aime bien celle là!) je veux que la lumière soit nickel !
Mais ce n'est pas fini, il faut qu'il ai du talent l'auteur low-cost. Oui, oui, sinon au revoir le vieux coucou. Attention l'intervenant ne dis pas… quoi déjà ? N'a t'il pas tout dit ? En 2009, en France on fait mieux qu'Avatar ! On fabrique de l'auteur AVEC du talent en une année. Exit le premier film de Kubric, le premier Mann, le premier Stone, ils sont tous arrivé à s'exprimer talentueusement dès leur premier film au point où on les trouvent dans toutes les bibliothèques. Seulement le spectateur qui DOIT se divertir (diversion ?), DOIT aussi trier ses poubelles, sauver la nature qui est tellement bien faite, ELLE. Comment faire pour éveiller la conscience du spectateur sans qu'il fasse un effort ? Par miracle.

"La nature c'est l'église de Satan." Charlotte Gainsbourg dans ANtichrist de Lars von trier (pas très divertissant mais c'est un auteur excusez-le)

Je ploie devant la gentillesse et l'humilité de l'intervenant qui suggère à quelques uns d'entre vous (pas tous déconnez pas !) de prendre un risque, lui non, c'est sûr. Au point même que j'ai comme l'impression qu'on rejoint un autre post où ceux qui se lanceraient seraient finalement un peu… con. Je m'emporte moi.

"Dire qu'il suffirait que les auteurs n'écrivent plus pour que les techniciens ne filment plus et que les spectateurs n'aille plus au cinéma"

Qu'il aient des constats a faire, certes. Qu'ils y aient des changements, oui. Qu'ils y ai de la place pour tous les cinémas, oui encore. Mais parler de l'auteur de la sorte c'est insultant. Car si le technicien galère pour son intermitence, alors qu'il peut-être au service d'un autre, l'auteur lui ne peut pratiquement pas proposer ses services à personne, il doit écrire, il doit filmer. Le statut intermittent c'est pour cela aussi… créer, mais dans la réalité ce n'est plus le cas. Une pizza nourrit quatre personne elle, l'auteur… Mais l'auteur ne se défend pas, ça se défend d'ailleurs.
Rien d'étonnant qu'en étude de lettre il n'y plus personne comparer aux études techniques et bientôt l'histoire et la géographie seront dispensée ? Quel genre de film pour quel spectateur cela nous promet ? On a la civilisation qu'on mérite comme on a le cinema qu'on mérite. Mais bon n'ayez pas peur…

La vérité est plus déprimante, en vérité plus personne ne croit au cinéma en tant qu'art. C'est ça le malheur. J'ai entendu Kubric (qui n'est qu'un Bresson anglo-saxon arf! arf!arf!) et Robert Bresson, tous deux dire cette phrase : "Je crois au cinema". Non pas comme une idole mais comme une vocation. Plus personne ne croit en l'art. Plus personne ne croit en rien. Et paradoxalement tous ont la foi ??? Foi en la technique, la politique, le football, le cinéma, etc. bref ce qui permet de se divertir de soi et des autres. Mais des autres surtout.

Donc tout le monde est expert, tout le monde sait. Même les auteurs savent, y en a parmi eux qui pensent que 5M€ ne suffisent pas pour tourner un film. Les films du milieu qui disent, tiède quoi.

Comment font-ils, les savants, pour ne pas voir ? Ils ne regardent pas.

Les producteurs ? frileux cette race, n'aime pas le risque.

Le CNC ? C'est une blague ? J'ai envoyé mon scénar au CNC retour : On voit pas le film ! Ah bon ! mais le propos ? On s'en bas les c… nous on voit pas le film ! Ha ! mais si on voyait le film je ne le filmerai pas justement ! Je veux filmer le film pas le scénario. Tout comme je veux monter le montage et non le film. Qu'il y ai de la vie, des accidents, bref de la matière, qu'elle change, devienne. Ta gueule ! Intello ! On voit pas le film. Autre mention : Improbable a regarder. Un film malade, invalide faut que ça crève. Voir le masterclass Audiard sur le forum des images pour comprendre.

Distributeur ? Moi yen a pas connaître ! Moi yen a provincial ! Moi yen a trop bête ! Moi yen a grande gueule ! Moi yen a pas marché dans le marché si hypermegagigamarchémondialuniversellement… Ùù%ù% ???888!!!!

Les techniciens ? Les auteurs ont besoin d'eux mais eux n'ont pas besoins des auteurs, normal ils sont tellement mieux défendu par leur syndic.

Le public ? C'est quoi justement ça, le public ? En tout cas vu le comportement général, collectif, quand je sort ça ne donne pas envie d'écrire. Mais écrire, filmer est une nécessité pour certains pas pour d'autre.

Les industries, les financiers ? Se sont eux les honnêtes gens, pas de faux semblant avec eux au moins c'est clair, j'ai plus de chance faire une vrai rencontre avec un tel personnage qu'avec d'autre. C'est tout ou rien, pas de point tiède.

Les chaînes ? L'esclavage, les chaînes, qui imposent certes mais qui n'ont même plus besoin d'imposer car les auteurs ont tellement intériorisé leur loi qu'il prévoit leur projets en deux partie : TV et cinema. L'horreur. Un esclave qui se met lui-même les chaînes. Il ne mérite pas le final cut, il ne mérite même même par le droit d'auteur. Mais bon, chacun mes goûts…

Mais dans la liste il y a un oubli, pas anondin d'ailleurs : Les acteurs.

Allez les structuralistes au travail pour les fautes j'en ai assez fait pour ce soir. Je me demande si je vais pas arrêter d'écrire dans le vide. Au fait le point focal il est où ?

#15 L'utilisateur est hors-ligne   Eric Guichard 

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Posté 18 décembre 2009 - 11:09

Bonjour Michael,

je suis désolé mais je ne comprends rien à votre propos.

Vous partez dans tant de directions que je n'arrive pas à synthétiser.

donc je me sens incapable de vous répondre.

Amicalement.

Eric

#16 L'utilisateur est hors-ligne   Michael Merle 

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Posté 18 décembre 2009 - 13:23

Voir le messageEric Guichard, le 18-12-2009 - 11:09, dit :

Bonjour Michael,

je suis désolé mais je ne comprends rien à votre propos.

Vous partez dans tant de directions que je n'arrive pas à synthétiser.

donc je me sens incapable de vous répondre.

Amicalement.

Eric


Bien sûr. Et le paradoxe fait son apparition. On se retrouve avec des inconciliable et des sous-entendus. Comment faire ? Question technique suprême.

Je veux déjà que l'on distingue le "low cost" du cinéma indépendant. Pourquoi ? parce que le "low cost" n'est qu'une politique. Les indés n'ont pas les moyens de cette politique, il ont besoin d'aide.

Ensuite, ce qui est la valeur d'un cinéma n'est pas dans sa capacité industrielle, ni dans le succès (un film coutant 10000€ et en rapportant 50000 est ce un echec ?) mais dans la pensée et son formalisme cinematographique, bref sa création, c'est cela qui fait le cinéma. Un cliché, un lieu commun, en 3D reste un lieu commun. Or la technique est au service d'un propos. Non l'inverse. On met la charrue avant les bête de somme, parce que tout le monde pense que faire du chiffres, du blockbuster, c'est avoir un cinema en bonne santé. C'est faux. Il n'y a qu'a regarder le cinema coréen, the chaser par exemple ou tout les cliché du thriller sont laminé, et montrte une société qui a sombré dans l'absurde. Notre cinéma ne montre plus rien. Mais les succès sont là. Tout est lié. C'est peut-être trop compliqué. Moi je me démerde comme je peux. Là je suis fatigué. A+

De toute manière cette chaine graphique va ramasser c'est sûr, c'est pas fini.

AJOUT —
Ce que je veux aussi montrer c'est que l'on utilise l'auteur ou son oeuvre pour légitimer une politique qui elle n'a strictement rien, mais alors rien à voir avec le propos, l'économie et la démarche de ses auteurs qui pourtant font la meilleure publicité du cinéma français. En effet, si de temps à autre, on fait un film d'auteur, on produit une vingtaine de film commerciaux, sensé financer les films d'auteurs justement. Mais comme il y a un systeme en place qui favorise les productions sûre, fidèles, connues, stable, riche en mots pas seulement financièrement — de réseau surtout, c'est là qu'est l'argent ! Les petites prod sont et seront toujours la minorité mais légitimerons le systeme. Comme dans le texte ci-dessus. Voir des experts se réunir sans rien affirmer mais pour simplement aborder des problematiques de rivalité, de concurrence, d'épicier tout en manipulant l'argument de création, ce cynisme qui me donne la nausée.

Donc oui, c'est compliqué, est-ce que pour autant il faut se taire, quitte à prendre le risque de mettre les pied dans le plat, se tromper, prendre un risque en fait. Rien de nouveau sous le soleil. Il y donc un aspect politique donc social car l'auteur, ce parasite, ce virus, profite du systeme, de la patience de ces artisans qui eux ont aussi leurs revendications. Et comme, pour ne rien arranger, on est dans le culturel, c'est quand même un peu la merde de justifier des films dont on ne comprend même plus le propos car le bedonnant ne sait même plus lire une poésie sans qu'on lui explique — cela s'appelle la pornographie, en effet aujourd'hui il tout expliquer, c'est une des influence de la télévision : Le gros plan, toujours pour la moindre émotion, vous avez déjà essayé de regardé 24h sur un grand écran ? C'est dur. Revoyer les films d'Antonny Mann.

Jack Bauer
— J'ai perdu mes clefs (pouf! gros plan)

Bon je vous fatigue ? Ça va j'ai fini. Je rencontre en ce moment des acteurs de théatre pour mon projet et ce sont les seuls à ne pas me parler de pognon et un film sans acteurs… Voilà je vous fout la paix pour un bon moment maintenant.
Amitiés.

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#17 L'utilisateur est hors-ligne   Cinematographie.info 

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Posté 18 décembre 2009 - 17:00

Cher Michaël,

Nous croyons que maintenant l'ensemble des membres et lecteurs a compris sinon le sens en tout cas l'esprit de vos interventions, insister encore pourrait être considéré comme une digression du sujet de base qui était (pour mémoire) "il n'y a pas de savoir-faire "low-cost" ! compte rendu de la journée CST. Le questionnement sur le fonctionnement, dans son intégralité, de la chaîne de production et de diffusion des films de cinéma, bien qu'intéressant, dépasse largement le sujet et pourrait volontiers trouver sa place sur un autre forum.

Petit rappel : Pour faire partager ses points de vue, il est toujours bon de relire son sujet avant de le poster pour en vérifier sa lisibilité et son orthographe : un bouton "Prévisualisation du message" se situe à la droite du bouton "Ajouter ma réponse" .

#18 L'utilisateur est hors-ligne   Michael Merle 

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Posté 18 décembre 2009 - 17:09

Bien sur,
c'est beau la technique, et évidemment il n'y pas de savoir faire low-cost ????

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