Voici un article vu sur Rue89, concernant la pollution générée par les tournages et les solutions pour y remédier:
Le Festival de Cannes, dont la 62e édition s'achève ce dimanche avec l'annonce du palmarès, fait certes rêver le grand public, mais cauchemarder les écolos... L'impact sur l'environnement d'un tel événement les fait frémir au moins autant que le plus épouvantable des films de Carpenter.
Pire : production audiovisuelle et cinématographique en général affichent un bilan carbone catastrophique. Eclairage, voyages en avion, groupes électrogènes, pollution des sites de tournage mettent à mal notre belle planète.
A titre d'exemple, le tournage de 1 000 épisodes de la série marseillaise «Plus belle la vie» représentent 70 000 litres d'essence consommée pour plus d'un million de kilomètres parcourus par les véhicules de la production.
Sans compter les phases d'écriture, de repérage ou de promotion, ni la diffusion, ni même le déplacement des spectateurs. De la publicité au long métrage en passant par les documentaires, on peut facilement imaginer l'ampleur des dégâts.
L'idée
Trêve de négativisme : le constat est fait, la prise de conscience semble suivre. Certains professionnels se sont essayés à la vertu environnementale.
L'exemple à suivre en termes de responsabilité environnementale des sociétés de production ? La série «24h chrono», pourtant friande d'explosifs et d'effets spéciaux. Transports en commun, tri des déchets, utilisation de lampes basse consommation auraient eu raison de 43% des émissions totales de gaz à effet de serre (GES), générées lors des tournages.
Le reste est compensé par le financement de projets éoliens en Inde. Le tout pour un bilan carbone apparemment neutre ! Pionnier, Howard Gordon, producteur de la série, semble avoir touché la profession et prouvé que le passage à l'acte est possible.
Vraiment ? Possible oui mais difficile, répond Marie-Pierre Cabello, fondatrice et présidente de la Société européenne des réalisateurs d'environnement (SERE). Et de poursuivre :
«Le monde de l'audiovisuel français est prêt. Les professionnels sont conscients des problèmes à surmonter.
On attend maintenant les décisions politiques. Des contraintes environnementales doivent être introduites dans les cahiers des charges. On est encore trop dans le «dire» et pas assez dans le «faire».»
Repas bio, vaisselle durable, covoiturage, branchements forains...
Pour les plus volontaires, certaines initiatives peuvent être adoptées assez rapidement sur les tournages : les repas bio, ou au moins locaux, sont d'ores et déjà envisageables, la vaisselle durable également, les transports en commun et le covoiturage peuvent être privilégiés, des branchements forains peuvent dès maintenant être demandés à EDF pour éviter le recours à des groupes électrogènes, très polluants.
Et malgré l'effort, les fournisseurs, producteurs, techniciens sont nombreux à vouloir aller plus loin. «Ces actions sont les plus évidentes. Mais ça devient plus compliqué d'agir dans notre travail au quotidien», explique Pascal Tomasini, directeur de production de «Plus belle la vie» (France 3) :
«Pour réduire la consommation électrique du plateau, on ne peut pas réduire la lumière. On fait quand même de la télévision ! Et là, on bute sur un problème artistique. Donc il va falloir passer par la recherche.
On commence à voir apparaître des éclairages à LED mais qui ne correspondent toujours pas à nos manières de travailler. Il y a certainement un ré-apprentissage à faire de notre côté, mais il y a encore des progrès à faire du côté de ces technologies.»
«Nous devons leur mâcher le travail»
Et là, la volonté ne suffit plus. L'argent manque. Marie-Pierre Cabello le constate :
«Les producteurs fléchissent sous des difficultés financières de l'ordre de la survie. S'ils doivent en plus faire face à de nouvelles contraintes techniques et financières, ils n'accepteront pas de sauter le pas.»
Corinne Rufet, conseillère régionale (Les Verts) et présidente de la commission du film d'Ile-de-France, confirme :
«Pour que les professionnels passent à l'action, nous devons leur mâcher le travail et bien sûr leur montrer leur intérêt... Nos subventions ne doivent être accordées qu'aux films qui respectent un certain nombre de critères environnementaux. Il n'y a que comme ça qu'on y arrivera.»
Et c'est bien ce qu'elle compte obtenir des pouvoirs publics, par le biais de la démarche Ecoprod.
Comment la mettre en pratique
Lancée le 28 avril 2009, cette initiative «pour des productions cinématographiques et audiovisuelles respectueuses de l'environnement», réunit dans un premier cercle TF1, France 5, en «poisson pilote» pour France Télévisions, le groupe Audiens, la commission du film d'Ile-de-France, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) et la direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement d'Ile-de-France (Drire).
Mais c'est une filière au complet qui semble vouloir se mobiliser afin de mutualiser ses compétences. Producteurs, diffuseurs et autres organisations professionnelles s'engagent et c'est à marquer d'une pierre blanche. Enfin, la démarche collective est préférée à l'initiative individuelle.
L'objectif : offrir aux 6 000 TPE de production de France les moyens nécessaires à l'essor de tournages responsables et économiques. Avec un budget de 200 000 euros pour l'année 2009, apportés par les six partenaires, Ecoprod commencera par financer l'élaboration des premiers outils : un logiciel d'empreinte écologique et un de mesure des évolutions, tous deux attendus pour le début de l'année prochaine.
Ecoprod, site de promotion des bonnes pratiques pour le secteur
Un site Internet, Ecoprod, se fera également la plaque tournante des bonnes pratiques. Les producteurs y trouveront de l'information sur des expériences probantes, sur les méthodes à appliquer, sur les fournisseurs engagés, sur les experts-conseillers.
«Ecoprod n'en est qu'aux balbutiements», insiste Catherine Puiseux, coordinatrice RSE du groupe TF1 :
«Nous devons réussir à fédérer de nouveaux partenaires comme les collectivités pour installer le tri sur les lieux de tournage par exemple. Puis les pôles de compétitivité pour qu'ils axent leurs recherches sur de nouveaux éclairages basse consommation.
Notre but est d'offrir à la filière image une boîte à outils pragmatique et simple accompagnée de quelques incitations financières pour que chacun y trouve son compte. Tout reste à faire, mais nous sommes bien partis.»
Rendez-vous dans un an pour observer les premières avancées.
Ce que je peux faire
En tant que spectateurs, nous avons, nous aussi, notre part de responsabilité. Les résultats des bilans carbone de TF1 ou de France 5 sont parlants : 80 % de leurs émissions de GES sont liées à l'électricité consommée par les téléviseurs des particuliers...
Alors, place à la sensibilisation du public. Depuis quelques temps, les téléspectateurs de la première chaîne peuvent entendre Evelyne Dheliat leur parler de la consommation inutile des appareils en veille, à la façon de Kiefer Sutherland alias Jack Bauer qui, lors de spots publicitaires, incite les Américains à changer leurs habitudes pour s'engager à leur tour dans la lutte contre les changements climatiques.
Une autre manière d'agir est d'aller voir au cinéma et d'acheter les DVD des productions les plus vertueuses.
L'éco-tournage s'est déroulé à La Rochelle avec le soutien de la Région Poitou-Charentes et de l'Ademe. Sortie prévue pour le 15 juillet 2009.
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Tournage écologique ? article Rue89
#2
Posté 26 mai 2009 - 18:01
J'aime beaucoup rue 89 mais je commence à me demander si ils ne succombent pas un peu rapidement au "marronnier" qui veut que l'industrie du cinéma est la plus polluante du monde et qu'il faudrait l'arrêter tout de suite avant qu'elle n'ait fait fondre le dernier bout de banquise qui héberge le dernier des ours polaires....
Etant assez sensible aux choses de l'écologie (voitures GPL depuis quelques années, lampes basse consommation, économiseur d'eau etc....) je ne doute pas de la nécessité de la prise de conscience et de l'action pour sauver notre si belle planète et nous même par la même occasion.
Mais il faudrait voir à ne pas confondre vessies et lanternes pour ce sujet, si : il faut se rendre compte que 4 ou 5 sorties de Yachts pour aller faire faire des ronds dans l'eau à un couple de sympathiques milliardaires devant la baie de Cannes au moment du festival (par exemple) consomment exactement la même quantité de carburant.
Je ne suis pas un fanatique de cette série mais si je devais poser une priorité dans ces deux faits je pense que je demanderai volontiers au couple de milliardaires d'installer un moteur à hydrogène ou mieux : une paire de voiles sur leur barcasse et de prendre à bord 200 ou 300 personnes qui ne demanderaient pas mieux que de profiter de la ballade.
C'est un exemple assez grossier que je prends, mais j'ai bien peur qu'en nous balançant au visage ce genre de "c........", on essaie de masquer les vrais problèmes: par exemple pourquoi notre si beau pays est traversé tous les jours par des milliers de jolis camions qui consomment gentiment 40 l au 100 sans qu'un réseau de ferroutage ne soit envisagé ? Pourquoi le fruit et légume hors saison et hors lieu de production est devenu la règle ? Pourquoi les biens de consommation se fabriquent à flux tendu multipliant par 10 les transports ? Et les industries automobiles qui attendent d'avoir le couteau sous la gorge pour réfléchir à une réorientation; la liste est très longue et je ne suis pas certain que notre chère industrie arrive en tête de ce palmarès.
Nous ne devons pas nous dédouaner d'une certaine prise de conscience des "méfaits pour la planète" qu'engendre la pratique de nos métiers et tout faire pour les éviter, mais je pense que cette démarche doit être élargie à tous nos actes d'humain.
Méfions nous de l'arbre qui cache la forêt qui est en feu ! (même si c'est un marronnier
)
Etant assez sensible aux choses de l'écologie (voitures GPL depuis quelques années, lampes basse consommation, économiseur d'eau etc....) je ne doute pas de la nécessité de la prise de conscience et de l'action pour sauver notre si belle planète et nous même par la même occasion.
Mais il faudrait voir à ne pas confondre vessies et lanternes pour ce sujet, si :
Christophe Larue, le 25-05-2009 - 22:07, dit :
A titre d'exemple, le tournage de 1 000 épisodes de la série marseillaise «Plus belle la vie» représentent 70 000 litres d'essence consommée pour plus d'un million de kilomètres parcourus par les véhicules de la production.
Je ne suis pas un fanatique de cette série mais si je devais poser une priorité dans ces deux faits je pense que je demanderai volontiers au couple de milliardaires d'installer un moteur à hydrogène ou mieux : une paire de voiles sur leur barcasse et de prendre à bord 200 ou 300 personnes qui ne demanderaient pas mieux que de profiter de la ballade.
C'est un exemple assez grossier que je prends, mais j'ai bien peur qu'en nous balançant au visage ce genre de "c........", on essaie de masquer les vrais problèmes: par exemple pourquoi notre si beau pays est traversé tous les jours par des milliers de jolis camions qui consomment gentiment 40 l au 100 sans qu'un réseau de ferroutage ne soit envisagé ? Pourquoi le fruit et légume hors saison et hors lieu de production est devenu la règle ? Pourquoi les biens de consommation se fabriquent à flux tendu multipliant par 10 les transports ? Et les industries automobiles qui attendent d'avoir le couteau sous la gorge pour réfléchir à une réorientation; la liste est très longue et je ne suis pas certain que notre chère industrie arrive en tête de ce palmarès.
Nous ne devons pas nous dédouaner d'une certaine prise de conscience des "méfaits pour la planète" qu'engendre la pratique de nos métiers et tout faire pour les éviter, mais je pense que cette démarche doit être élargie à tous nos actes d'humain.
Méfions nous de l'arbre qui cache la forêt qui est en feu ! (même si c'est un marronnier
#3
Posté 26 mai 2009 - 21:47
Attention, en aucun cas ceci était un jugement, je n'ai fait que transmettre une information qui apparaissait sur le net.
Maintenant, comme je l'ai dit sur Rue 89, nous sommes confrontés à des impératifs avant tout dictés par le besoin de répondre aux demandes des producteurs et de la mise en scène d'une part, et à la non volonté ou les difficultés pour les fabricants de lampes de fournir des équivalents "verts" de leurs produits.
Les besoins d'excellence de nos professions font que nous pouvons difficilement obtenir une signature zéro au niveau de la pollution, mais il nous appartient de faire les démarches pour y parvenir.
Nous appartenons à une catégorie qui peut difficilement, et seulement au terme de nombreuses innovations technologiques, réduire sa signature énergétique. Le jour où, par exemple, la formule 1 sera passée au tout électrique en obtenant des performances équivalentes (c'est la meilleure image que j'ai trouvé pour illustrer mon propos), nous auront peut être des solutions techniques pour minimiser l'impact d'un tournage sur la nature.
Maintenant, comme je l'ai dit sur Rue 89, nous sommes confrontés à des impératifs avant tout dictés par le besoin de répondre aux demandes des producteurs et de la mise en scène d'une part, et à la non volonté ou les difficultés pour les fabricants de lampes de fournir des équivalents "verts" de leurs produits.
Les besoins d'excellence de nos professions font que nous pouvons difficilement obtenir une signature zéro au niveau de la pollution, mais il nous appartient de faire les démarches pour y parvenir.
Nous appartenons à une catégorie qui peut difficilement, et seulement au terme de nombreuses innovations technologiques, réduire sa signature énergétique. Le jour où, par exemple, la formule 1 sera passée au tout électrique en obtenant des performances équivalentes (c'est la meilleure image que j'ai trouvé pour illustrer mon propos), nous auront peut être des solutions techniques pour minimiser l'impact d'un tournage sur la nature.
#4
Posté 27 mai 2009 - 16:12
Le sujet est d'actualité. J'ai rencontré tout à fait par hasard le directeur des productions d'une importante société de production TV et nous avons évoqué ce problème. Ils ont eu des recommandations très précises de la part de leur maison mère qui se trouve être un gros consommateur de papier et forcément dans la ligne de mire des "verts".
Donc une réelle incitation à diminuer la puissance des groupes (40 à 50Kw maxi), proscrire les projecteurs incandescences au profit des appareils moins gourmands et plus efficaces (HMI, LED, Fluo) et diminuer la taille des camions.
On arrive donc dans un format écologique de matériel «fiction TV». Ce qui nous arrange dans la mesure où nous avons tenté de concevoir nos appareils dans ce sens : Le petit package idéal qui fait (presque) tout avec un minimum d’appareils (très polyvalents) qui prennent le moins de place possible (taille des camions) avec un poids réduit (diminution de l’effort des électros qui par conséquent transpirent moins et donc font tourner moins de machines à laver et permettent ainsi d économiser des centaines de litres d’eau par an :quelle rigolade: ).
Je n’ai rien contre la disparition des lampes incandescences de type halogène qui ont une efficacité lumineuse proche de la résistance rougie (ce qu’elles sont). Avec 15 à 25 lumens par watt, c’est le plus pauvre rendement qui existe et donc le plus consommateur d’électricité (sans compter la consommation de la clim dans les plateaux). Il est acceptable de dire que l’on peut dans 95% des cas des tournages en décor naturel (de jour comme de nuit) utiliser les sources moins gourmandes citées plus haut. Par contre quid du tournage en studio ? Dans la mesure où le DMX n’est pas nécessaire, il est envisageable (et cela se fait déjà) d’utiliser des HMI. Avec une consommation 4 à 5 fois inférieure, cela représente une économie d’énergie importante mais pas une économie de budget. Les prods seront-elles d’accord avec ces couts supplémentaires ? J’en doute dans le climat actuel.
Alors comment faire ? Quelles solutions restent-ils ? On connaît la limitation en puissance des fluos et si celle-ci avait pu être augmentée cela aurait été fait depuis longtemps. Par voie de conséquence, et par élimination tous les yeux et les espoirs convergent donc vers le développement des diodes.
Au NAB, cette année, plus d’une vingtaine de sociétés présentaient des projecteurs à LED sous toutes les formes : Fresnel, Par, spacelight, sous-marin… Les trois quarts de ces sociétés sont chinoises. Et à en croire les plus grands défenseurs de la diode, la puissance n’est qu’une question de temps. On verra mais il ne faut pas oublier que notre petit marché est aussi extrêmement exigeant. En effet, avant de sacrifier des heures, voire des années de R&D pour obtenir des LED qui soient à la bonne colorimétrie, avec un IRC (indice de rendu des couleurs) acceptable (on flirte ave les 70 en Led ce qui est très moyen contre plus de 90 pour les appareils que nous utilisons dans la prise de vue) et pas trop cher, les fabricants de lampes travaillent sur de marchés beaucoup plus vastes et moins contraignant (éclairage publique, panneau de signalisation, éclairage domestique, ou même l’éclairage scénique…). Et tout cela à un impact beaucoup plus grand sur l’environnement que les tournages.
Les diodes sont avant tout des composants électroniques dont la fonction première n’est pas l’éclairage et le problème majeur à l’évolution en puissance des diodes est la chaleur. Une diode c’est 20% de lumière pour 80% de chaleur et il est vital (sous peine de dégradation voire de destruction de la Led) d’évacuer cette chaleur. Ce qui, dans le cas de diodes à forte puissance (supérieur à 1 W) nécessitera des ventilateurs (les ingénieurs du son qui se plaignaient du ventilo des ballasts vont avoir à lutter avec celui des têtes).
Il n’y a donc pas de réponse en tout cas dans l’immédiat pour remplacer un projecteur incandescence dans le cas d’une gradation quelconque.
Pour conclure, je pense qu’il faut être conscient, «aware» comme disait ce grand philosophe Belge Jean-Claude Vandame et se dire que rien ne se fera sans compromission… des techniciens et des producteurs.
Donc une réelle incitation à diminuer la puissance des groupes (40 à 50Kw maxi), proscrire les projecteurs incandescences au profit des appareils moins gourmands et plus efficaces (HMI, LED, Fluo) et diminuer la taille des camions.
On arrive donc dans un format écologique de matériel «fiction TV». Ce qui nous arrange dans la mesure où nous avons tenté de concevoir nos appareils dans ce sens : Le petit package idéal qui fait (presque) tout avec un minimum d’appareils (très polyvalents) qui prennent le moins de place possible (taille des camions) avec un poids réduit (diminution de l’effort des électros qui par conséquent transpirent moins et donc font tourner moins de machines à laver et permettent ainsi d économiser des centaines de litres d’eau par an :quelle rigolade: ).
Je n’ai rien contre la disparition des lampes incandescences de type halogène qui ont une efficacité lumineuse proche de la résistance rougie (ce qu’elles sont). Avec 15 à 25 lumens par watt, c’est le plus pauvre rendement qui existe et donc le plus consommateur d’électricité (sans compter la consommation de la clim dans les plateaux). Il est acceptable de dire que l’on peut dans 95% des cas des tournages en décor naturel (de jour comme de nuit) utiliser les sources moins gourmandes citées plus haut. Par contre quid du tournage en studio ? Dans la mesure où le DMX n’est pas nécessaire, il est envisageable (et cela se fait déjà) d’utiliser des HMI. Avec une consommation 4 à 5 fois inférieure, cela représente une économie d’énergie importante mais pas une économie de budget. Les prods seront-elles d’accord avec ces couts supplémentaires ? J’en doute dans le climat actuel.
Alors comment faire ? Quelles solutions restent-ils ? On connaît la limitation en puissance des fluos et si celle-ci avait pu être augmentée cela aurait été fait depuis longtemps. Par voie de conséquence, et par élimination tous les yeux et les espoirs convergent donc vers le développement des diodes.
Au NAB, cette année, plus d’une vingtaine de sociétés présentaient des projecteurs à LED sous toutes les formes : Fresnel, Par, spacelight, sous-marin… Les trois quarts de ces sociétés sont chinoises. Et à en croire les plus grands défenseurs de la diode, la puissance n’est qu’une question de temps. On verra mais il ne faut pas oublier que notre petit marché est aussi extrêmement exigeant. En effet, avant de sacrifier des heures, voire des années de R&D pour obtenir des LED qui soient à la bonne colorimétrie, avec un IRC (indice de rendu des couleurs) acceptable (on flirte ave les 70 en Led ce qui est très moyen contre plus de 90 pour les appareils que nous utilisons dans la prise de vue) et pas trop cher, les fabricants de lampes travaillent sur de marchés beaucoup plus vastes et moins contraignant (éclairage publique, panneau de signalisation, éclairage domestique, ou même l’éclairage scénique…). Et tout cela à un impact beaucoup plus grand sur l’environnement que les tournages.
Les diodes sont avant tout des composants électroniques dont la fonction première n’est pas l’éclairage et le problème majeur à l’évolution en puissance des diodes est la chaleur. Une diode c’est 20% de lumière pour 80% de chaleur et il est vital (sous peine de dégradation voire de destruction de la Led) d’évacuer cette chaleur. Ce qui, dans le cas de diodes à forte puissance (supérieur à 1 W) nécessitera des ventilateurs (les ingénieurs du son qui se plaignaient du ventilo des ballasts vont avoir à lutter avec celui des têtes).
Il n’y a donc pas de réponse en tout cas dans l’immédiat pour remplacer un projecteur incandescence dans le cas d’une gradation quelconque.
Pour conclure, je pense qu’il faut être conscient, «aware» comme disait ce grand philosophe Belge Jean-Claude Vandame et se dire que rien ne se fera sans compromission… des techniciens et des producteurs.
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