Cinematographie.info: Les plans-séquences : à l'épaule, au Steadicam, ... - Cinematographie.info

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Les plans-séquences : à l'épaule, au Steadicam, ... de Soy Cuba à l'Arche Russe Noter : ***** 1 Votes

#21 L'utilisateur est hors-ligne   Adrien Radici 

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Posté 07 avril 2009 - 14:16

Pour les plans séquences au Steadicam, les séries américaines en sont truffés. On peut par exemple citer les séries d'Aaron Sorkin "the west wing" et "studio 60" où à chaque épisode on peut voir un plan séquence assez remarquable.

#22 L'utilisateur est hors-ligne   Jacques Monge 

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Posté 13 novembre 2009 - 18:21

[Absent à l'époque, à l'insu de mon plein gré, je n'ai pu participer au débat. Je souhaite le relancer]

Ce que je constate, depuis fort longtemps, c'est la confusion, très répandue, entre le concept plan-séquence et un plan d'une durée inhabituelle, qu'il ait fait l'objet d'une mise en œuvre technique remarquable, ou qu'il soit fixe, a stationnary shot.

Je ne prendrai qu'un exemple, parce qu'il est souvent cité, récent, et que j'ai eu l'occasion de m'en entretenir avec le cadreur, Valentin. La scène, donc, du Long dimanche... entre Mathilde et Élodie aux Halles débute par un sacré combiné grue-stead, durant 1 minute 39 secondes. S'agit-il pour autant d'un plan-séquence? Du tout : ce plan, pour mirobolant qu'il soit, est un plan d'introduction, d'ouverture, an establishing shot, à une séquence qui va se poursuivre, découpée.

Et alors?, entends-je déjà... Non, l'objet de cette relance me semble important, souhaitant contribuer, en débattant, à une démythification de la prouesse technique, à laquelle le Noble Instrument a, ô combien, largement contrbué. Qui s'est soucié, et se soucierait encore, du premier plan de Offret, Le sacrifice, qui défile le 1 000 pieds en travelling latéral, axe frontal, et dont le spectateur ne remarque, lors de la première vision, que l'appareil se déplace qu'après un temps, variable, mais assez long?

Et avant ce plan qu'y avait-il à voir? Rien. Et après? Autre chose, ailleurs. C'est un plan-séquence : la scène se situe en un seul décor, l'action et les dialogues sont filmés en continuité temporelle et géographique [on peut noter, a contrario, que ce plan constitue aussi un establishing shot, mais c'est celui du film entier].

Je veux donc parler de mise en scène, de dramaturgie. C'est bien, tout de même, que le Coin du Motard se manifeste, j'en fus. En gardant conscience de ce que nous sommes, de notre place exacte, c'est bien aussi. Le Cinéma possède le statut d'Art, le 7ème dit-on. Œuvrons ensemble à ne pas le galvauder. On pourrait, à ce sujet, celui du plan-séquence, se référer à Deleuze, et à bien d'autres. Sans pour autant chercher noise à quelque diptère égaré [encore que]. Mais, restons prosaïques, et je propose de causer du plan-séquence et de sa mise en œuvre par Haneke pour Code inconnu. Par exemple.

Pour conclure cette longue introduction, j'oserai poser la question : quel est le plus long plan-séquence, en argentique, connu?

Moteur! Jacques.

#23 L'utilisateur est hors-ligne   Yves Agostini 

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Posté 13 novembre 2009 - 23:44

On peut toujours revoir ce plan séquence avec plaisir.



Traveling de 60 mètres construit sur un terrain difficile par Gilbert Darraux... Formidable chef machiniste.
Mouvement impeccable sans à coup ce qui a permis de faire le cadrage sans rattrapage (manivelles).
A la fin, je m'étais mis à une certaine distance pour qu'il n'y est aucun recadrage à faire et que tout s'inscrive tel que vous le voyez. Très bons souvenirs de tournage!

#24 L'utilisateur est hors-ligne   Jacques Monge 

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Posté 14 novembre 2009 - 15:48

Merci, Yves, pour ta citation de Cyrano, souvenir souvenir, bien que je sois peu enclin à égrener les épisodes, les mortifères comme les joyeux, d'un demi-siècle derrière la caméra, à moins que ce faisant je puisse contribuer à la transmission de quelques savoir-faire.

[Un mot tout de même sur la scène du duel : pour moi, du "roudoudou". À cette époque, 1990, je maîtrisais, enfin!, mon handgrip sur un trim à 0 seconde, pile poil dans le neutre, rien de mieux pour être instantanément réactif sur des plans d'action. L'altitude de l'optique, 50 et 40, ajustée à hauteur d'œil, narrativement neutre, sur l'extension du center post, conservant le basique arm post de 15,9 inches pour que le coude droit puisse effleurer, pour la sensation de la présence, la partie supérieure du upper arm. Le hic c'était le diaf : 2,4... À quoi bon toute cette énergie déployée si les prises sont molles, voire flousailles? D'autant que le pointeur de la B/stead, Pierre Bec, pour rester en observation perpendiculaire, était au beau milieu de dizaines de figurants, extrêmement animés... We did it!]

Merci donc. Pour autant, ce rappel, n'est exactement pas dans le sujet que je souhaite relancer, celui du plan-séquence. Puisque la séquence citée s'inscrit précisément dans un autre Art, celui du Montage. In fine, l'ultime Art du Cinéma, celui qui s'exerce dans l'obscure clarté qui baigne les choix décisifs. Quel que soit le matos dont les opérateurs les ont nourris. Et vu leur exigeante, et légitime, voracité, nous nous devons d'être à la hauteur...

Là où le Montage est démuni, ah la la, c'est en face d'un plan-séquence : sa destinée est son déplacement dans la structure, ou le chutier. Plus rarement, le choix de sa durée, dans certaines conditions. Sinon, l'objet est clos, intouchable. Tout en remarquant qu'un plan-séquence peut être d'une durée assez conventionnelle [le 1er plan de Touch of Evil].

Par ceci, j'ai certainement dû préciser ce dont je souhaitais que nous parlions ici.

#25 L'utilisateur est hors-ligne   Yves Agostini 

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Posté 14 novembre 2009 - 19:31

Mais Jacques, j'ai mis "Cyrano" dans un sujet "Plans à courte durée" et non pas dans celui-ci.
Dans celui-ci justement j'ai mis "buffet froid" sur un plan séquence amusant où les acteurs et les dialogues sont formidables. Là-dessus on peut continuer sur ton sujet sur ces plans séquences.
Et sur l'autre, les plans à courtes durées :P
J'espère seulement que l'on ne sera pas seuls.
Un autre documentariste ;)
A plus.

#26 L'utilisateur est hors-ligne   Laurent Andrieux 

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Posté 16 novembre 2009 - 13:53

Voir le messageJacques Monge, le 13-11-2009 - 19:21, dit :

Ce que je constate, depuis fort longtemps, c'est la confusion, très répandue, entre le concept plan-séquence et un plan d'une durée inhabituelle, qu'il ait fait l'objet d'une mise en œuvre technique remarquable, ou qu'il soit fixe, a stationnary shot.


Merci Jacques, de reprendre le fil de cette discussion.

Si je m'en tiens à la définition de la séquence, c'est-à-dire, "séquence de scènes", la "scène" étant caractérisée par l'unité d'action, de temps et de lieu, alors, je te rejoins totalement. Un plan qui ne donnerait à voir qu'une seule action, en unité de temps et de lieu, aussi longue soit-elle, ne saurait être un "plan-séquence".

Un plan unique, qui donnerait à voir une séquences de scènes, c'est-à-dire d'actions différentes, dans des lieux différents, aurait, de facto, le statut de "plan-séquence". Est-ce que c'est aussi ton point de vue ?

Dès lors, la notion de mouvement d'appareil trouve tout son sens, car permettant la prise de vues en un seul plan, d'actions différentes dans des lieux différents, et l'intérêt de la prise de vues "à la volée" (épaule, grue, Steadicam...). D'où la question du rapport entre cette fabuleuse machine et le "plan-séquence"... C'est bien ça ?

#27 L'utilisateur est hors-ligne   Jacques Monge 

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Posté 16 novembre 2009 - 17:19

Voir le messageLaurent Andrieux, le 16-11-2009 - 13:53, dit :

Un plan unique, qui donnerait à voir une séquence de scènes, c'est-à-dire d'actions différentes, dans des lieux différents, aurait, de facto, le statut de "plan-séquence". Est-ce que c'est aussi ton point de vue ?


Pas exactement, non... Dès son invention le Cinéma s'est affranchi des Trois Unités du Théâtre. Ce qu'il en restera dans un plan dit séquence, c'est une unité temporelle, un bloc-durée. Sans me référer aux théoriciens, à la lecture desquels j'ai appris, sans tout assimiler, je sais juste dire que, de mon point de vue, ce qu'on appelle un plan, c'est une durée de projection, quelconque, sans ponctuation, sans coupe. Le pendant pourrait en être, en littérature, une phrase unique, narrative ou descriptive, jusqu'à sa fin symbolique marquée par le point, simple, d'exclamation, ou d'interrogation [Malcolm Lowry en a produit d'inoubliables]. Et un plan aura beau avoir été filmé en continuité, par ex. pour le jeu des acteurs, s'il est intercuté au montage, lors de sa projection ce ne sera plus un plan unique.

Mais pourquoi donc ce diable d'intérêt pour ce type de plan? C'est que, écrit Jacques Aumont : "si l'image figurative nous offre à voir un champ visuel, c'est que nous sommes capables de référer celui-ci à un découpage de l'espace par un regard mobile, dans les termes du cadrage perspectif. Cette opération nous est devenue tout à fait familière avec le cinéma, dans lequel le cadrage se manifeste comme essentiellement mobile, sous les espèces du "mouvement de caméra"". Et avec les avancées techniques, caméras et moyens de transport, chacun y est allé de sa "virtuosité", argentique, jusqu'à Forrest Gump, 1994.

Quant aux définitions exactes d'une scène et d'une séquence, je saurai juste dire que l'une et l'autre se référent aux unités de lieu et d'action. Et, le plus souvent, de temps. La fascination que peut exercer le plan dit séquence, c'est qu'il n'est donc, lui, soumis qu'à l'unité de temps, incorporant généralement dans son architecture des actions multiples dans des lieux, parfois divers, mais, nécessairement, topologiquement proches, voir la déco! [Pour autant ce type de plan n'implique nullement un mouvement d'appareil].

Ce qui a motivé ma reprise de ce topic, c'est que, tout de même, l'engouement public pour le plan-séquence est, au fil du temps, devenu démesuré, type Guiness Book. Qu'il soit, d'ailleurs, exécuté avec un stead ou pas [ceci dit, il a tout de même le pompon ;-)]. Et, de fait, il existe très peu de plans authentiquement séquence [l'action et le lieu traités d'une seule traite temporelle, sans coupe]. Allez... Le célèbre plan, dit "final", de Profession Reporter, n'est pas un plan-séquence : à la fin du plan, ébouriffant, une coupe, et un plan où l'automobile s'éloigne... Rope non plus. Même en faisant grâce des changements de bobine, il y a un premier establishing, vue en plongée de l'appartement sur la rue. Ça fait 2 plans... Le magistral plan de Good Fellas, non plus : parvenus dans la salle, pano droite sur la table, et cut pour le dialogue... Bon, je cesse!!

Je ne fais pas le malin en écrivant tout ça : c'est que j'ai tant d'admiration, et de passion, pour les cinéastes qui se sont confrontés, avec de tels risques, à ce type de mise en scène, que je souhaite remettre leur travail en lumière. Au premier rang desquels, Tarkovski, Vecchiali, Haneke, avec ou sans stead. Et pour aujourd'hui, je repose la question, tu sais Laurent? : quel est le plus long plan-séquence, argentique, connu?

#28 L'utilisateur est hors-ligne   Laurent Andrieux 

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Posté 17 novembre 2009 - 14:27

Je suis pas très "Guinness book" non plus...

Quelques références sur cette page wikipédia, pour ceux que ça peut intéresser.

Et puis, de même que pour le plan, tout dépend si l'on parle prise de vues ou plan monté. La Corde d'Hitchcock était sensé présenter un film entier en plan séquence mais il y a - outre les coupes obligatoires tous les 1000 pieds - quelques véritables raccords dans ce film.

Au-delà de 1000 pieds, je ne sais pas s'il en existe. Il me semble qu'il doit exister un ou deux plans de 2000 pieds mais je n'ai pas de référence en tête.

Quelqu'un peu répondre à la question de Jacques ?

#29 L'utilisateur est hors-ligne   Jacques Monge 

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Posté 17 novembre 2009 - 19:02

Quelques commentaires sur cette reprise:

1. Merci Laurent d'ouvrir le débat. Je me disais déjà que l'exercice allait devenir pénible... Ici, c'est bien un forum, et sous prétexte d'un "Entretien avec..." les lecteurs devraient le rester? C'est idiot, ça ne mène nulle part. Que cent fleurs s'épanouissent donc, et comme je dis souvent des âneries, je m'attends à jouer les punching ball, j'adore... Ainsi pour ma question à 2 balles, en forme de provocation pour les allumés des records : c'est bien Empire, d'Andy Warhol, 1964, un plan-séquence fixe de 485 minutes! Tourné à 24 avec une Arri 16 [ou Auricon] sur magos de 1 200 ft [ça doit en faire une douzaine]. Opérateur : Jonas Mekas. Film expérimental bien sûr. Mais il existe. Je ne l'ai pas vu ;-)

2. Cet "Entretien" a donc démarré en février sur le sujet du stead. Je n'avais pas pu le continuer, mais en relisant ces jours-ci les échanges d'alors sur le plan dit séquence, j'ai voulu le relancer, pas du tout par hasard, mais bien parce que je viens de voir, ou revoir, tout Haneke à la Cinémathèque. Plus ses commentaires sur le DVD de Code inconnu. J'ai ainsi créé la confusion entre les deux sujets. Je vais donc m'employer à recadrer le débat sur ce qui pourrait être : le stead en plan-séquence, les plus, les moins. En gros.

3. Sinon, damned!, dans mes référents j'ai zappé Kalatozov... Ça commence bien. Mais, justement, quels sont ceux, ou celles qui m'ont échappé?

>> Le stead en plan-séquence? Personnellement je ne suis pas trop d'accord... Je ne manie pas ici le paradoxe. C'est le stead qui l'est, intrinsèquement : ce qu'on, le spectateur, attend du stead c'est qu'on ne le remarque pas. Les plus mordants lâchent même leur regard sur le plan lui-même pour observer avec attention les coins du cadre, pas vrai? Conclusion, tout cadreur stead consciencieux est prêt à se flinguer, le corps et l'âme, pour faire comme une dolly... En effet, quand c'est réussi, c'est du Grand Art.

Alors, pourquoi s'obstiner à "faire comme une dolly"? [Écartons d'emblée la question des moyens de production : il y a une dolly dans le camion]. Les exemples, célèbres, fourmillent. Et je suis, comme tout le monde, passé par là. Je me suis toujours dit, pour rester le plus calme possible, que ce n'était qu'une question d'amour-propre personnel. Parce que, avant que la machinerie dite traditionnelle ne soit battue, si on lui donne les moyens de s'exprimer, le stead va rester docké, et le stead'op à la table régie.

Bien sûr, la machine se vend comme solution technique, sols improbables, 2 petites marches à avaler sur le déplacement, escaliers [nous en reparlerons, avec vigueur!], etc... Mais il doit bien y avoir autre chose qui préside à ce choix technique. En tant que spectateur je ne l'ai vu que très rarement. En tant qu'opérateur, une seule fois, privilège!, sur Once More de Paul Vecchiali, 7 minutes et des brouettes, super 35, combiné grue à 5'. J'y reviendrai. Ce que je veux dire là, c'est que ce plan-séquence authentique, ne pouvait se tourner qu'avec un stead. Mais le défi de ce plan était inclus dans le défi entier du film : 10 plans-séquence, clos, racontant l'histoire de la vie d'un homme pendant 10 ans consécutifs, à peu près à la même date anniversaire. Il y a là, à la source même de ce plan, un concept, une écriture, qui le justifie, tragiquement dans le scénario.

Jacques Perrin me l'avait simplement dit : le lyrisme. Oui, c'est ça : le lyrisme. De ce jour j'ai observé l'instrument d'un autre œil, tentant, à chaque occasion, même improbable, de lui faire cracher cette qualité intrinsèque, je n'y suis pas parvenu fréquemment ;-)

#30 L'utilisateur est hors-ligne   Jacques Monge 

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Posté 18 novembre 2009 - 17:46

Juste une note, Laurent, sur le lien que tu as donné sur Wikipédia. J'avais commencé, il y a quelque temps, à y modifier la page Steadicam et le tissu d'âneries qui étaient écrites. J'ai rapidement renoncé, concluant qu'il fallait, en fait, réécrire l'ensemble de la page. C'est une des prochaines tâches que s'est fixée l'AFCS. Et toutes les bonnes volontés seront accueillies pour ce chantier. De la même manière la page opérateur Steadicam est aussi croquignolette...

#31 L'utilisateur est hors-ligne   Thomas Chatelet 

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Posté 19 novembre 2009 - 13:31

Voir le messageJacques Monge, le 17-11-2009 - 19:02, dit :

[...] Ici, c'est bien un forum, et sous prétexte d'un "Entretien avec..." les lecteurs devraient le rester? C'est idiot, ça ne mène nulle part. [...] Cet "Entretien" a donc démarré en février sur le sujet du stead. Je n'avais pas pu le continuer, mais en relisant ces jours-ci les échanges d'alors sur le plan dit séquence, j'ai voulu le relancer, pas du tout par hasard, mais bien parce que je viens de voir, ou revoir, tout Haneke à la Cinémathèque. Plus ses commentaires sur le DVD de Code inconnu. J'ai ainsi créé la confusion entre les deux sujets. Je vais donc m'employer à recadrer le débat sur ce qui pourrait être : le stead en plan-séquence, les plus, les moins. En gros.


J'ai relié ta reprise du débat sur le plan séquence au sujet qui l'avait initié et auquel tu faisais allusion. Tu pourras reprendre l'entretien avec Laurent séparément.

Ici, continuons sur le plan séquence.

#32 L'utilisateur est hors-ligne   Jacques Monge 

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Posté 19 novembre 2009 - 15:11

Bon... ben... je vais m'adapter, de mon mieux. Je souhaite juste que les lecteurs s'y retrouvent aussi, et, surtout, contribuent au débat.

#33 L'utilisateur est hors-ligne   Jean-Marc Muller 

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Posté 19 novembre 2009 - 16:45

Bonjour à toutes et tous

Pour avoir discuté avec un monteur, ce dernier me dit à propos du plan-séquence « c’est avant tout un plaisir de spectateur ». Nul besoin à priori de le modifier ou d’y insérer des plans de coupe…
C’est une écriture aboutie qui doit s’insérer telle quelle dans le canevas du montage, à priori.
Je vois le Steadicam comme un outil devant porter plus loin l’imaginaire narratif de l’auteur d’abord puis du réalisateur ; car c’est lui (si l’on excepte les décisions des producteurs) qui décidera au final de l’outil le mieux adapté à sa vision de l’œuvre. La machine est une indéniable évolution ouvrant de multiples horizons. On peut se demander si Gus Van Sant n’aurait pas pu (du) faire le remake de Rope au lieu de Psycho ? Et mettre ainsi le doigt sur une mise en scène pensée par Sir Alfred qui n’avait pas le bénéfice du Steadicam ?
Un réalisateur qui s’aventurerait dans un film sans dialogues donnerait-il une place plus importante au Steadicam ?

Au plaisir de vous lire…

#34 L'utilisateur est hors-ligne   Jacques Monge 

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Posté 20 novembre 2009 - 18:06

Salut Jean-Marc! Un sacré bail...

Dis-donc, je commence par la fin, tu débutes fort! Retour au cinéma muet? Là où l'immense Mürnau s'est fait durement étriller, Sunrise, par le 1er film parlant? Ou bien alors peux-tu préciser ce que tu envisages par là?

Mais, le plan-séquence "avant tout un plaisir de spectateur", c'est tout de même très réducteur, non? Ce qu'en disent Tarkovski et Haneke, sur, à la fois la non-manipulation de la durée objective, et la dramaturgie, la poésie et l'émotion qui peuvent en surgir, dépassent de loin la vague notion de "plaisir". Avec cet impardonnable défi de maîtriser au moins 3 architectures : celle du lieu, du décor, celle de l'action, des personnages, et celle de la mise en œuvre technique, lumière, cadre, son direct.

C'est bien là la question que je pose à propos du choix du stead : en 35 argentique on peut rouler jusqu'à 9 minutes, 1 000 ft on board. En HD nettement plus, avec une Genesis ou une D21... QUI DONC va s'y coller? À ce propos la fascination exercée par L'Arche russe me laisse dubitatif : s'il est incontestable que les déplacements de la caméra sont steadicamés, QUID de la description, impeccablement exécutée, des tableaux? Quand j'entends parler de disque dur, je sors mon J-bracket...

Sans compter, sur ce type de plan, les énormes soucis de la pointeuse ou du pointeur, bien moins à l'aise que sur tout autre système de transport de l'appareil. J'ai eu l'occasion de croiser, à de nombreuses reprises, leurs noirs regards au moment du switch... Sans compter, surtout, sur le paradoxe d'une machine molle à laquelle on s'évertue à conférer de la rigueur.

Celà dans le champ la technique. Qui révèle, au fond, une attitude [je parle de la mise en scène]. Que de Palma exécute une brillantissime séquence d'ouverture, avec Larry McConkey au pilotage, en 3 plans passant pour un seul, pourquoi pas en effet? Ce qu'il y a eu, c'est que cette manipulation technique, innocente et enfantine pour tout dire, de Palma l'a récusée, soutenant mordicus qu'il avait tourné tout ça en un seul plan. Même Nick Cage, en tournée promotionnelle en Europe, n'a pas eu le droit de révéler l'astuce. C'est cette attitude qui est en cause. Celle qui fleurit ces jours-ci dans la presse irlandaise : The Cheat.

Nous sommes bien loin de l'honnêteté fondamentale de Haneke : "Par le plan-séquence je ne manipule pas le temps. C'est ma manière de m'incliner devant le spectateur".

#35 L'utilisateur est hors-ligne   Jacques Monge 

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Posté 22 novembre 2009 - 15:56

À nouveau sur Snake Eyes :

Le magistral plan, allez! : -séquence, d'ouverture est, du point de vue narratif, une scène d'exposition, qui "plante" personnages, décors et enjeux. Mais cette exposition-là ne se suffit pas à elle-même, elle manifeste une incomplétude : elle est précédée d'un plan lambda, celui d'une journaliste télé à laquelle est dévolu le rôle d'exposer, d'introduire, ce qui va suivre. Monnaie courante dans ce type de film de genre. Et ce n'est pas un problème de scénario, juste de mise en scène. J'imagine bien quel challenge cela représente de se jeter avec frontalité, ou pas, dans une scène d'exposition. Néanmoins, je l'ai vu, de mes yeux vu, nombre de fois.

À propos de Soy Cuba :

La virtuosité d'Urusevski ne constitue pas, de mon point de vue, un dogme : le plan-séquence de la description de la société cubaine, corrompue et décadente, se termine mal, très mal. L'immersion de la caméra dans la piscine n'apporte en effet aucun élément, ni descriptif, ni informatif, ni esthétique : c'est, je le ressens ainsi, pur exhibitionnisme technique. Bien au contraire de l'éblouissant plan-séquence des funérailles [près d'1 minute plus court que le précédent], qui provoque une émotion, un bouleversement, magiques, nés, à l'instant, et de l'admiration du cinéphile, et de l'implication de l'homme-spectateur dans le film.

Ciné-Club :

L'intérêt porté ici à ce topic, sous ses diverses formes, est considérable. Je m'y sens encore un peu seul, mais je ne doute pas qu'il sera enrichi par de nombreuses contributions, et un débat, qui devrait être animé... Dans ce droit fil, lorsque les fondateurs de l'AFCS m'ont proposé d'en assumer la charge pour un ou deux ans, j'ai posé, en unique contrepartie, la création d'un Ciné-Club, ce machin obsolète où l'on voit des films ensemble, et on en discute ensuite. La thématique en serait : Le plan-séquence, avant et après le steadicam. Le nom : Sunrise. Avec la participation de critiques, théoriciens, etc, pour les films avant, et de collaborateurs aux films projetés d'après. Vaste programme dont j'espère regrouper l'équipe fondatrice au printemps prochain.

#36 L'utilisateur est hors-ligne   Mikaël Lemercier 

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Posté 22 novembre 2009 - 18:26

Bonjour à tous,

Merci Jacques pour toutes ces interventions très riches. merci de relever le débat sur l'explication et l'implication du plan séquence dans un film.

Je pense que la mise en scène est le résultat d'une réflexion très complexe pour un réalisateur due à la multiplication des outils mis à sa disposition pour mettre en image, et faire de cette image un mouvement éclairé. L'image se déplace, il y a du mouvement dans cette images, les deux cumulés... Le langage de l'image est un art qui s'enrichit au fur et à mesure du temps et des talents.

Je n'ai pas eu le temps de voir toutes les références citées plus haut, mais j'ai revu "Man with a movie camera" de Dziga Vertov, un film expérimental qui pourrait aussi être "expert i mental".
Il reprend des valeurs de plans et des rythmes qui n'ont pas pris une ride, et qui au contraire semblent très actuelles dans la mise en scène, replaçant l'homme comme spectateur et la caméra comme un outil servant ce spectacle. Ceci pourrai être un autre débat... Je m'égare.
Pour en revenir au plan séquence et l'importance de la mise en scène pour qu'il prenne tout son sens dans l'ensemble du film. Le fait qu'il soit fait en gardant l'unité de temps, permet au spectateur de se déplacer avec une certaine vitesse et ainsi de rendre compte d'une émotion à ce moment précis du film. Une tension, un suspense, un état d'âme, prend alors du relief par ce procédé.
Je repense alors à Brian de Palma et " Carlito's way " où le plan séquence fait comme un effet de bascule dans l'évolution du personnage joué par Sean Penn, ce plan où il se rend à la prison. Le plan part de très loin sur le fleuve, l'on voit la prison dans son ensemble qui est posée sur ce fleuve et le mouvement nous rapproche du chemin qui mène à cette prison. Sur ce chemin Sean Penn marche avec une décision déjà prise qui va le mener à sa perte... Est ce qu'il y a un steadycam sur ce plan?
L'unité de temps... est ce obligatoire? Il n'existe pas de plan séquence qui joue avec les autres unités (en dehors des films de science fiction) ?
Je trouve l'idée du cinéclub débat sur ce sujet très intéressante, est ce qu'il y aura des projections sur Marseille ? :)

Cordialement.

#37 L'utilisateur est hors-ligne   Guillaume Quilichini 

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Posté 23 novembre 2009 - 00:07

Voir le messageJean-Marc Muller, le 19-11-2009 - 16:45, dit :

« c’est avant tout un plaisir de spectateur ». Nul besoin à priori de le modifier ou d’y insérer des plans de coupe…
C’est une écriture aboutie qui doit s’insérer telle quelle dans le canevas du montage, à priori.

Je suis totalement d'accord sur le fait qu'il s'agisse d'une écriture à part entière qui doive s'inscrire dans le canevas du montage.
Le plan-séquence au même titre que le montage, nécessitent une maitrise du langage cinématographique et répondent ainsi à une volonté de narration, et même si nous pouvons gloser que l'un est l'opposé de l'autre (plan-séquence/montage), ils n'en restent pas pour le moins intimement liés !
Mais de là à dire qu'il s'agisse d'un plaisir de spectateur, c'est tout de même un peu étriqué non ?
Un plan-séquence réussit n'est il pas par "définition" invisible ?
Je m'explique : la non manipulation de l'espace et du temps dans un plan-séquence n'est elle pas par essence (et c'est là que le paradoxe réside) un "artifice" de mise en scène pour être plus proche d'une réalité dramatique et tenter d'autant plus d'y faire rentrer le spectateur ?
Donc si le spectateur n'a que trop conscience de ce plan-séquence, même avec tout le plaisir qu'il peut en retirer (éventuellement sa prouesse technique comme c'est le cas souvent chez De Palma), n'est il pas justement à l'opposé de là où il devrait se trouver ? c'est à dire dans la réalité diégétique ?

Citation

l'honnêteté fondamentale de Haneke : "Par le plan-séquence je ne manipule pas le temps. C'est ma manière de m'incliner devant le spectateur

Je suis totalement d'accord avec la citation, fort belle, de M. Haneke, (même si je ne suis pas un inconditionnel de son cinéma).
Mais c'est justement tout le paradoxe que je souhaitais soulever.
Mr. Haneke s'incline t-il vraiment devant le spectateur ? ou lui envoie t-il plutôt de la poudre aux yeux pour le manipuler d'autant plus ?!

Citation

" Carlito's way " où le plan séquence fait comme un effet de bascule dans l'évolution du personnage joué par Sean Penn, ce plan où il se rend à la prison

Désolé Mikaël Je n'ai pas souvenir de ce plan, je vais ressortir mon DVD et nous pourrons en parler.

#38 L'utilisateur est hors-ligne   Jean-Marc Muller 

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Posté 23 novembre 2009 - 08:55

Immersion passionnante que le Plan-séquence, c'est un réel plaisir de vous lire.

Quand je cite les mots "plaisir de spectateur", cela rejoint les propos de Jacques qui dit " ce qu'on, le spectateur, attend du stead c'est qu'on ne le remarque pas" c'est dans cette optique que j'ai pensé à ce que m'a dit ce monteur. On reste scotché sur le jeu des acteurs, de la mise en scène, sans chercher de prime abord à savoir "comment c'est fait". Mais c'est sûr qu'on ne peut réduire le Plan-séquence à ce simple fait, je suis entièrement d'accord.
On pourrait débattre aussi de la différence de son utilisation en montage dans le milieu cinématographique et télévisuel.
En téléfilm on utilise souvent le Stead pour faire de "la pâtée-ron-ron", mignonne expression qui montre là, par contre, la réduction de la machine à une simple deuxième caméra, où l'on sait dès le départ qu'on va tronçonner le Plan-séquence pour dynamiser (voire massacrer) le montage. A une époque où tout va très vite, on voit de plus en plus de films/téléfilms aux scènes d'action découpées par des plans de plus en plus court où même l'oeil ne sait plus où il en est ! j'avoue être fan de Jackie Chan et de ses longs plans-séquence où l'action et la qualité technique ne sont pas pour autant oubliées, enfin je crois! :D

#39 L'utilisateur est hors-ligne   Jacques Monge 

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Posté 23 novembre 2009 - 15:15

Merci Mikaël de citer L'Homme à la Caméra de Vertov, un référent majeur dans ma propre culture de cadre, et de montage. Comme tu dis, c'est "hors-sujet"...

Sur Carlito's Way :

Citation

Je repense alors à Brian de Palma et " Carlito's way " où le plan séquence fait comme un effet de bascule dans l'évolution du personnage joué par Sean Penn, ce plan où il se rend à la prison. Le plan part de très loin sur le fleuve, l'on voit la prison dans son ensemble qui est posée sur ce fleuve et le mouvement nous rapproche du chemin qui mène à cette prison. Sur ce chemin Sean Penn marche avec une décision déjà prise qui va le mener à sa perte... Est ce qu'il y a un steadycam sur ce plan?


Les analystes matérialistes dialecticiens disaient, à l'époque : "Poser une question, c'est y répondre". C'est le cas : "Est-ce qu'il y a...?" signifie que tu ne le sais pas, que tu ne l'as pas remarqué. Retour à l'invisibilité du moyen de transport de la caméra. Donc, ce qui compte c'est le plan, non pas comment il a été tourné. Pile poil dans les sujets de ce forum! Sinon, je n'ai vu pas le film, donc j'en sais rien. Sur le site de steadishots 4 plans de Mc Conkey y sont référencés, celui-là non.

Bien d'accord Guillaume,

Citation

Donc si le spectateur n'a que trop conscience de ce plan-séquence, même avec tout le plaisir qu'il peut en retirer (éventuellement sa prouesse technique comme c'est le cas souvent chez De Palma), n'est il pas justement à l'opposé de là où il devrait se trouver ? c'est à dire dans la réalité diégétique ?

Ça recoupe ce que je ressentais sur 2 des plans de Soy Cuba : quand s'accomplit, ou non, la jonction, voire l'osmose, entre la reconnaissance, la gratitude, du spectateur, et l'émotion de l'homme, qui se trouve là, en tant que spectateur. Un comportement magique, bien au-delà du réel, tout en s'en supportant. Et que la maîtrise de la réalité diégètique, va, soit valider au 1er degré, soit transcender à d'autres niveaux, en, nécessairement, la manipulant.

Ah! Haneke!

Citation

Mais c'est justement tout le paradoxe que je souhaitais soulever.
Mr. Haneke s'incline t-il vraiment devant le spectateur ? ou lui envoie t-il plutôt de la poudre aux yeux pour le manipuler d'autant plus ?!

J'adore cette réflexion Guillaume! Un mois que je suis là-dessus! Et, heureusement, pas de réponse. Donc : profil bas, et : ça dépend des films. J'aime mieux le citer, extrait de la présentation sur le site de la Cinémathèque :

« Un film c'est un mensonge 24 images par seconde, au service de la vérité. (...) Un film est une construction artificielle. Il prétend reconstruire la réalité mais il ne le fait pas, c'est une forme de manipulation. C'est un mensonge qui peut révéler la réalité. Mais un film qui n'est pas une œuvre d'art est juste complice du processus de manipulation. (...) Tous mes films constituent une réaction contre le cinéma dominant. Toute forme d'art sérieuse considère le spectateur comme le partenaire d'un contrat. En fait, c'est l'un des postulats de la pensée humaniste. Au cinéma, cet aspect, qui devrait être une évidence, a été oublié et remplacé par une accentuation des enjeux commerciaux du medium. »

Au moins c'est très clair, et ça commence très très bien en prenant l'exact contre-pied de Godard [avec lequel je ne saurais prendre contact qu'après avoir "pissé dans son lavabo" ;-)] Pourtant je reste dubitatif devant certains de ses films, très précisément Funny Games US. J'avais été troublé, intensément, par le 1er opus de 1997, jouant avec maestria sur le registre de l'inquiétante étrangeté [Haneke est, aussi, autrichien]. Je suis sorti de la projection du second, 10 ans plus tard, l'auto-remake, parce que j'étais au bord de la nausée, juste quand l'enfant est, définitivement, piégé. Voilà. Je m'interroge.

#40 L'utilisateur est hors-ligne   Jacques Monge 

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Posté 26 novembre 2009 - 10:51

Sur Forrest Gump :

Depuis le temps on sait tous comment le 1er plan (le "Feather shot") a été réalisé. Une video très détaillée existe. Je l'ai découverte grâce à lA fOcAle de l'AOA, dans leur Générique, merci à eux. Le lien direct est sur le site The Art of the Title Sequence

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