Cinematographie.info: Conférence "La lumière" par Willy Kurant et Marc Salomon [compte rendu] - Cinematographie.info

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Conférence "La lumière" par Willy Kurant et Marc Salomon [compte rendu] le 3 avril 2009 à 14h30 à la Cinémathèque française Noter : -----

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Victor Castillo 

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Posté 23 février 2009 - 14:30

Bonjour

Le 3 avril à 14h 30 Willy Kurant et Marc Salomon donneront une conférence à la Cinémathèque Française dans le cadre du conservatoire des techniques cinématographiques.

Voici le lien:
Site Officiel de la Cinémathèque

Merci

Victor Castillo

#2 L'utilisateur est hors-ligne   Marc Galerne 

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Posté 10 avril 2009 - 08:26

On a même pas été invité. Snif.Snif.

#3 L'utilisateur est hors-ligne   Marc Bénoliel 

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Posté 11 avril 2009 - 17:32

Une conférence passionnante.

Une explication simple et intéressante sur la construction de la lumière avec les différents projecteurs mis à disposition. Avec bien sûr les remarques très amusantes de Willy Kurant.

Dommage par contre qu'ils aient du accélérer les explications. On en redemandait.

Ce que j'ai trouvé particulièrement intéressant, c'était l'utilisation des rampes Cooper-Hewitt qui donnaient un résultat remarquable à l'époque comme en témoignent les extraits !

On pourrait se demander pourquoi cela a pris tellement de temps pour les retrouver sous la forme de KinoFlo dans les années 90.

#4 L'utilisateur est hors-ligne   Christophe Larue 

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Posté 13 avril 2009 - 18:49

Conférence sur la lumière à la Cinémathèque française

Vendredi 3 avril, 14h15, Cinémathèque française à côté de Bercy.

Dès le hall, le ton est donné : nous sommes en présence de passionnés, et je sens que les heures à venir seront intenses. Un arc de 125A aux couleurs de Transpalux est le premier jalon de cette course au trésor.

À peine franchie la porte de la salle, l'œil est attiré par l'étalage de projecteurs de tous genres et de toutes époques qui prennent place sur la scène.

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Les sièges n'en finissent plus de se remplir sous le regard de Willy Kurant (AFC, ASC), le second orateur et organisateur principal de l'évènement. Marc Salomon, membre consultant de l'AFC, débutera l'exposé.

Image attachée Image attachée
Willy Kurant et Marc Salomon

Les partenaires techniques sont, pour leur part :

René Vaysse de RVZ, Stéphane Samama de Dimatech, Franck Adema de Key Lite et Richard Sarfati de Transpalux.


Marc Salomon débute sont exposé en prévenant l'assemblée qu'il n'a pu être exhaustif dans le temps qu'il lui est alloué, vu qu'il doit traiter de l'évolution de l'éclairage des débuts du cinéma jusqu'aux années 1950.
Voici un modeste résumé de sa prestation, abondamment illustrée, mais dont je ne reprends ici que quelques exemples :

Au début, les pellicules ne dépassaient pas les 10 ISO actuels (la norme ISO photographique ne fait sont apparition qu'en 1987). Donc seul le soleil permettait l'exposition des émulsions orthochromatiques, seulement sensibles aux radiations bleues et ultraviolettes. Les studios sont donc construits avec de larges baies vitrées, et équipés de lais de tissus translucides qui permettent de doser la quantité de soleil entrant.
Puis, pour pallier le manque de luminosité de certains jours et périodes de l'année, des éclairages publics à décharge seront utilisés en complément.

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En haut, des éclairages industriels, à gauche, des tubes au mercure.

Le début des années 1900 verra l'apparition des fameuses rampes Cooper-Ewitt, composées de tubes au mercure placés les uns à côté des autres. Elles sont présentes à gauche de la photo précédente ainsi que sur celle-ci :

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Avec ce qui doit être, à gauche, l'un des premiers ring-lights.

Ces tubes sont tombés en désuétude suite à l'arrivée du cinéma parlant, et ont fait leur retour sous la forme des tubes Kinoflo et autres marques.

Dans le cliché suivant (les premiers studios Gaumont), on peut voir dans les rectangles rouges des murs mobiles et réglables en hauteur composés de lampes à arc industrielles équipées d'un réflecteur à l'arrière. Il s'agit encore d'éclairer suffisamment la scène à filmer, sans générer d'ombres, sans aucune intention artistique.

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Les premiers fabricants spécialisés font leur apparition, avec des modèles à arc comme le Jupiter, fabriqué par Kiegl Bros, composé de deux arcs dans une boite qui fait office de réflecteur. Ci-dessous, le modèle 200 ampères.

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La guerre aura apporté son lot d'innovations qui trouveront des débouchés dans l'industrie du cinéma.

Des opérateurs vont également commencer à travailler la lumière de façon plus artistique et y mettre des intentions. Mais les raccords d'un plan à l'autre ne sont pas à l'ordre du jour dans un premier temps. Pour exemple, "Forfaiture" de Cecil B. De Mille (1915), photographié par Alvin Wyckoff.

En France, les opérateurs se plaignent du manque de puissance disponible dans les studios. Leur problème majeur est le même pourtant : il faut éclairer pour impressionner le support. Beaucoup de sources viennent d'Allemagne avec, entre autres et dès 1924, la marque Arri. Les groupes électrogènes font également leur apparition :

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Groupe électrogène Arri avec sources à incandescence.

Les arcs sont pour l'instant simplistes : ils sont composés de deux charbons et d'un réflecteur parabolique. Les systèmes de focalisation et la lentille de Fresnel viendront plus tard.

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En 1924, Arri fabrique les premiers projecteurs à incandescence. Mais les opérateurs ayant acquis la maitrise des arcs, il faudra du temps, malgré l'arrivée des émulsions panchromatiques, pour que ce type de projecteurs fasse sont entrée sur les plateaux de prise de vues.
Il faudra également quelques années pour que le public et les critiques se fassent à l'image contrastée et "à effets". Les films expressionnistes allemands ont contribué à l'éducation nécessaire de l'œil des spectateurs. Friedrich Wilhelm Murnau sera l'un des acteurs de cette évolution. Le clair-obscur prend possession du cinéma.

Malheureusement, l'avènement du cinéma parlant va tout balayer et les années 30 seront une reconquête des techniques d'origine.
L'arrivée du son à la prise de vues pose beaucoup de problèmes. Les arcs et les rampes à tubes doivent être abandonnés, car trop bruyants.
De gigantesques tests ont lieu à l'initiative des studios américains pour effectuer des essais de pellicule (Kodak, Agfa, Dupont) et des sources d'éclairage à incandescence.
Aux débuts de cette nouvelle technologie, on ne savait pas monter les bandes-son, aussi les scènes devaient être tournées en une seule fois, à plusieurs caméras enfermées dans d'immenses caissons insonorisés, et avec la présence d'un micro de taille conséquente, source d'ombres projetées.

La pellicule effectue dans le même temps un progrès certain en passant à 20 ISO, ce qui double sa sensibilité. Les fabricants mettent à la disposition des opérateurs une nouvelle gamme de projecteurs à incandescence, avec des puissances atteignant les 50kW (à l'aide d'une lampe de un mètre de haut !).

Apparaissent également les projecteurs double flux, dont Henri Alekan fait allusion dans sont ouvrage "Des Lumières et des Ombres" (épuisé), avec une lentille de Fresnel devant le filament et un réflecteur à l'arrière.

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Une génération de directeurs de la photographie va émerger de ces sources ponctuelles à lentille de Fresnel. A force, la lumière va évoluer pour devenir essentiellement esthétique et au service des stars. Exemple par le film "L'Idiot" de Georges Lampin, photographié par Christian Matras (1946).

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Kodak sort une nouvelle émulsion de 160 ISO qui servira à la photographie de "Citizen Kane" opéré par Gregg Toland (1941).

L'arrivée du Technicolor, avec l'utilisation d'émulsions lumière du jour et l'utilisation de filtres qui amène la sensibilité à 8 ISO va voir le retour des arcs, avec une amélioration de la qualité et un fonctionnement silencieux impératif.

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En 1939, "Autant en Emporte le Vent" est tourné en Technicolor avec de la 40 ISO. Ernest Haller remportera un Oscar pour ce film, avec le consultant Technicolor Ray Rennahan.

Projection d'un extrait de "Le Chant du Missouri" avec ses intérieurs chauds et ses extérieurs froids, véritable convention du Technicolor. Le directeur de la photographie, George J. Folsey, sera nominé 18 fois aux Oscars sans jamais en remporter un seul.

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L'exposé de Marc Salomon prend fin, et Willy Kurant se lance dans une démonstration des techniques et des choix artistiques, sources et extraits à l'appui. Sa partie débute à la nouvelle vague et se termine avec des films comme "Se7en" et le retour en force des tubes fluorescents. Il est secondé dans ses démonstrations par le chef électricien Pierre Abraham et les représentants des marques partenaires qui se relaient afin de suivre le rythme soutenu de l'orateur.

Willy Kurant nous parle de sa propre expérience avec Orson Welles, entre autres; De Raoul Coutard, de Vittorio Storaro, de Vilmos Zsigmond, Tom Stern, Conrad L. Hall, Gordon Willis, Darius Khondji et bien d'autres.

Ça va vite, c'est passionnant, mais je ne peux retranscrire ici, à mon grand dam, la richesse de ses démonstrations. Quelques photos volées me permettront, j'espère, de vous rendre compte de quelques instants parmi tant d'autres.


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La leçon fut magistrale et le public présent ne s'y est pas trompé lors de ses applaudissements.

À la sortie, l'arc exposé est allumé, fonctionnel, et donne la chance aux jeunes générations de prendre un bain de lumière dans le faisceau de ce projecteur qui, tout le monde s'accorde à le dire, n'a pas d'équivalent moderne.

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