Cinematographie.info: La révolution Française : le SledX de Philippe Bordelais - Cinematographie.info

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La révolution Française : le SledX de Philippe Bordelais Noter : ***** 1 Votes

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Philippe Brelot 

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Posté 07 décembre 2015 - 18:09

Vous ne connaissez pas le SledX de mon ami Philippe Bordelais ? Vous avez tort car c'est une révolution comme le disait Bill ;), c'est une vraie invention pensée et réfléchie pour le cadre "déporté" mais en mouvement.

Pensée et réfléchie car elle a été conçue et développée par un excellent cadreur et qui plus est un cadreur Steadicam. Philippe Bordelais a pensé à : comment piloter une caméra installée dans un système gyrostabilisé type brushless gimbals sur Grue, Ronin ou autres en gardant comme philosophie l'ergonomie d'un opérateur qui se déplace et n'est pas figé derrière une commande fixe de type manivelle, pan bar ou joystick.

Philippe m'avait montré il y a quelques années à l'IBC (bien avant le Dji Osmo ;) ) un prototype déjà très avancé de ce SledX, si je n'avais pas tout compris de l'appareil, loin de la, j'avais déjà senti que cette commande gyrostabilisée avec son faux air de "morceau de Steadicam" avait un potentiel pratiquement illimité en matière de commandes de mouvements pour un cadreur en mouvements lui aussi.

Les inventions et créations de Philippe ont en commun la particularité d'avoir été crées par un utilisateur qui s'est déjà cogné aux limites des équipements du marché ou de ceux qui n'existent pas encore ! on lui doit entre autres : les Clip-One 2F et 3F (porte-filtre de 70 & 150 gr), le Dock & Roll (qui transforme votre caméra sur stead en caméra sur pied en 10s), le Freestyle Rig (1er rig 3D léger pour le steadcicam), le Flying Stead (harnais stead dédié au vol) et encore plein de merveilleuses inventions que vous pouvez découvrir sur le site Abracam.

Mais mieux que de longs discours regardez la démonstration avec le Ronin, c'est impressionnant !!! Bravo Philippe !!!



et ici le SledX seul (ce n'est pas un iPhone mais un moniteur Starlite - Transvidéo)



#2 L'utilisateur est hors-ligne   Vincent Follézou 

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Posté 07 décembre 2015 - 21:47

Sympa, en quoi est ce différent du système mimic de Freefly? http://freeflysystems.com/mimic

#3 L'utilisateur est hors-ligne   Philippe Brelot 

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Posté 08 décembre 2015 - 14:55

Bonjour Vincent,
sans trop vouloir répondre à la place de Philippe qui se fera un plaisir de le faire, la principale énorme différence qu'il y a entre les deux appareils c'est que le SledX est entièrement gyrostabilisé à l'identique de la tête. Ce qui permet de pouvoir bouger, se déplacer ou même se gratter le nez sans donner de mouvements non désirés à la caméra. Le système de Philippe permet également, comme tu peux le voir dans la vidéo, de faire tous les mouvements (jusqu'au 360°) sans pratiquement bouger le corps, avec le Mimic tu dois faire tous les mouvements de la caméra avec le corps pour garder la même amplitude... par exemple pour le 360° le cadreur doit également faire un 360°.
Il y a encore plein d'autre choses sur les amplitudes et réglages possibles qui sont dans le soft du SledX mais la je laisse la parole à Philippe parce que ça dépasse mes compétences ;)

#4 L'utilisateur est hors-ligne   Jacques Monge 

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Posté 09 décembre 2015 - 23:46

Tout esbaubi suis-je.. À quoi ça sert-il donc? Je voudrais le même pour mes neurones :huh:
Pardon Philippe, je blague, et chapeau pour ton taf. Le Garrett du XXI°, sans contestation.

#5 L'utilisateur est hors-ligne   Jacques Monge 

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Posté 10 décembre 2015 - 15:26

Plus sérieusement : à la lecture attentive de la démo il semble bien que l'axe du roll ne soit pas en fonction. Me trompai-je?

Ce message a été modifié par Jacques Monge - 10 décembre 2015 - 15:27.


#6 L'utilisateur est hors-ligne   Philippe Bordelais 

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Posté 11 décembre 2015 - 14:35

Non Jacques, l’axe du roll n’est pas désactivé dans la vidéo, les 3 axes y sont actifs sur le SledX comme sur le Ronin.
Prochaine démo, je te ferai un dé-bullage spécial dédicace !

Ceci dit, oui je sais ! La plupart des personnes à qui je présente le SledX ou le SledX+Ronin me demandent: A quoi ça sert tout ça ?

Je dois bien avouer qu’il m’arrive parfois de me le demander aussi, pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?
Mais je vais essayer de répondre quand même 

Tout d’abord je tiens à dire que pour moi, dans le domaine des stabilisateurs de caméra, rien ne remplace aujourd’hui encore le Steadicam inventé par Garrett Brown. Il est un outil fantastique, abouti et fiable, il a encore de très longues années devant lui.
Même si avec l’arrivée des Brushless Gimbals (BG) qui grignotent par-ci par-là quelques niches de notre activité, à nous autres cadreurs Steadicam, ils ne le remplacent pas.
Et même s’il m’arrive parfois de jouer avec un BG aussi, cela ne change rien à l’affaire, le Steadicam reste mon outil de travail numéro un.
C’est drôle de constater que le BG est aujourd’hui comme un chien dans un jeu de quilles sur les plateaux, tout comme le Steadicam l’a été en son temps.
Drôle aussi de constater que le Steadicam reprend du coup un peu de noblesse désormais comparé aux divers joysticks et autres, issus du modélisme qui nivellent par le bas.
(GB vs BG)
Une pensée pour les cadreurs associés !…

Toutefois, je dois avouer que dans certains cas, les BG peuvent avoir un avantage à être utilisé vs le Steadicam.
C’est donc ce qui m’a motivé !

Comme ils sont légers, ils peuvent être portés et positionnés un peu comme on veut dans l’espace par un opérateur, ce qui représente un avantage majeur comparé au Steadicam.
Si tant est que cela soit nécessaire, la motivation principale ici est l’envie de pousser les limites des caractéristiques exo squelettiques d’un stabilisateur de caméra.
De pouvoir faire évoluer une caméra de bas en haut, d’un low-mode proche du sol jusqu’au hi-mode (pourquoi pas de 2,50m)

En 1998, une solution est apportée dans ce sens avec l’invention de Lynn Nicholson développée sous le nom de Alien Revolution.par MK-V.
En 2009, Garrett Brown aussi avec le Tango de Tiffen.
En 2015, Curt Schaller à son tour avec le Trinity de Sachtler.

Tous ces systèmes ont tous ce même but affiché : avoir un développé vertical important d’une caméra portée et stabilisée.
Ils apportent tous leurs solutions, leurs avantages mais aussi leurs inconvénients qu’il serait trop long de développer ici.

Nous y voilà :
Mon projet consiste aujourd’hui à étudier un RIG constitué d’une Veste + un Bras mécanique porteur tel qu’il puisse positionner une Têtes BG, de bien plus bas que les mains de l’opérateur en low-mode, à bien plus haut que ses mains en hi-mode, obtenant ainsi un développé vertical de la caméra important (pourquoi pas 2,50m)

Pour m’amuser, j’ai appelé ce projet de RIG : Le Big-one

Dans ce cas, la camera et la tête BG sont toujours à distance des mains de l’opérateur et donc totalement dissociée, c’est inévitable et incontournable car le développé vertical des mains d’un opérateur est de 1,30m environ (tant que nous autres Homo-sapiens n’évoluons pas !), alors que le développé vertical du Big-one se voudrait d'être du double,

Pour autant, un impératif ici est de redonner à l’opérateur les moyens de contrôler le cadre de sa caméra lui-même, avec précision et intuition, mais comment faire ?
Avec des manivelles ? Des joysticks ? Un Mimic ? Les yeux ? Et la tête ? …

Une réponse possible est qu’il faut asservir la tête BG à une commande répondant au même concept et feeling qu’un sled de Steadicam, avec la même inertie, mais en miniature, afin qu’elle puisse être intégrée à la mécanique du Big-one et à portée des mains de l’opérateur.
L’opérateur/cadreur utilisant ainsi la ‘two-handed technique’, seul procédé valable à mon sens pour contrôler en même temps les 3 axes de la position d'une caméra dans l’espace et les 3 autres axes de son cadrage. Six axes pour un seul bonhomme !

On oublie définitivement les joysticks et autres Mimic … Le sled miniature me semble être la seule solution.
Mais alors, un sled en miniature ? Comment simuler l’inertie d’un sled de 20 kg par exemple, en miniature ?

C’est le cas du SledX, il est gyro-stabilisé en interne ce qui lui permet malgré son poids de 1,2 kg de simuler l’inertie d’un sled d’environ 20 kg.
Le SledX obéit également aux ordres du cadreur lorsqu’il le manipule et transmet sa position le plus instantanément possible à la tête BG.
De fait, comme son grand frère de 20Kg, le SledX isole les mouvements indésirables de l’opérateur tout en lui permettant de cadrer sur les 3 axes une caméra déportée, l’opérateur peut se déplacer sans perturber le cadre.
Avec le SledX, l’opérateur peut switcher du Don Juan au Missionary tout aussi naturellement qu’avec un vrai Steadicam.
… et bien d’autres choses !

Plusieurs configurations possibles du SledX, au moins 3 :
1) Il pourra être intégré au Big-one afin de constituer un seul appareil porteur/stabilisateur utilisable par un seul opérateur/cadreur.
2) Il pourra être séparé du Big-one ou d'un BG afin d’être utilisé par un cadreur extérieur.
3) Il est modulable de manière à pouvoir y installer directement une petite caméra (+/- 1Kg) et pouvoir ainsi l'utiliser comme stabilisateur autonome.

En l’état le SledX est un prototype, il est une première étape du projet et le SledX+Ronin en est une deuxième.
Il reste encore beaucoup de travail !

Ce message a été modifié par Philippe Bordelais - 11 décembre 2015 - 14:39.


#7 L'utilisateur est hors-ligne   Jacques Monge 

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Posté 12 décembre 2015 - 13:20

Magistral! Le mot n'est pas excessif. Et suffisamment copieux dans son argumentaire pour que je l'imprime et l'étudie avant de me permettre le moindre commentaire. En tout cas c'est passionnant.

Ce message a été modifié par Jacques Monge - 12 décembre 2015 - 13:20.


#8 L'utilisateur est hors-ligne   Philippe Bordelais 

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Posté 12 décembre 2015 - 17:30

Merci Jacques,
Et venant de toi, surtout ! :yes:

#9 L'utilisateur est hors-ligne   Jacques Monge 

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Posté 12 décembre 2015 - 22:55

Alors, Philippe, il s'agit de bien d'autres choses, d'autant que nous communiquons en direct avec tant de lectrices et de lecteurs. Nous sommes dans le partage de nos expériences, de nos savoir-faire, en les transmettant de notre mieux. C'est cela qui compte ici, nous le savons.

En ouvrant joyeusement ce post, Philippe Brelot, a bien oeuvré (bien que les majuscules de sa métaphore aient été, à mon avis bien mal placées..). Il a ainsi mis en lumière ton invention prodigieuse, celle qui articule le camarade Newton, et le GAFA (c'est qui çà?). C'est un tour de force qui va nécessiter de concerner l'Academy des Oscars techniques, classe B, comme la Louma à l'époque ('scuses, le Stead ce fut de la classe A!).

Il faudrait, c'est important, que toutes celles et tous ceux qui se sentent concernés ou interrogés, voire juste curieux, par ce post, s'expriment sans limite. De la sorte nous comprendrons encore mieux où nous en sommes. Des pointures comme Régis Prosper devraient y contribuer, en toute autonomie de pensée.

Demain, ce 13 décembre de tous les périls, je commencerai par l'analyse de l'emploi du mot stabilisateur. Chevauchant à nouveau mon fidèle destrier, que je n'ai jamais pu (à l'exception de quelques hallucinés) faire passer pour autre chose qu'une Rossinante.

#10 L'utilisateur est hors-ligne   Jacques Monge 

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Posté 13 décembre 2015 - 13:26

Donc, Philippe (et tu n'es pas le seul!), tu dis "stabilisateur". Et ça fait plus de 30 ans que je râle contre l'utilisation de ce terme, non pour pinailler (ce qu'on m'a souvent reproché), mais bien parce qu'il contribue à dénaturer la spécificité du Steadicam. Je sais bien que le nom qu'a donné Garrett à son invention contient ce trop fameux stead, et que Cinema Products puis Tiffen, ont intitulé ce matériel "Universal Stabilizing System", et c'est bien regrettable.

Évoquant un "stabilisateur", on parle de "stabilité", donc d'"équilibre". Il y a 3 sortes d'équilibres : l'instable, le stable, et l'indifférent. On connaît un tas d'exemples concrets, qui répondent tous à une loi de la mécanique des solides : (sur la planète Terre), un objet quelconque est qualifié de stable tant que la projection orthogonale de son centre de gravité (CG) est inscrite dans son polygone de sustentation (PS). De ce fait on peut dire qu'une caméra portée ("handheld") est parfaitement stable, tant que l'opérateur n'est pas en mouvement. Dès qu'il se déplace, le CG de l'ensemble opérateur/caméra reste orthogonalement inscrit dans le PS (tant qu'il ne trébuche pas..).

Ce qui est affecté dans ce déplacement ce n'est pas la "stabilité" de la caméra, c'est le coulé, la fluidité, du mouvement, dû à la transmission inévitable des mises en mouvement des supports : l'épaule, la main, les hanches, l'oeil collé à l'oeilleton (à l'époque). C'est la possibilité de cette fluidité que Garrett nous a offert avec sa machine. Chapeau, et encore merci! Et toujours pas question de "stabilité" là-dedans : le CG de l'ensemble Stead'op/caméra, au repos ou en mouvement, est nickel chrome dans le PS (tant qu'il ne se prend pas les pieds dans le tapis à son tour..).

Jusqu'ici je pense qu'on peut m'entendre. Le "lièvre", c'est quand j'affirme que, par le biais de "stabilisateur", est "dénaturée" la spécificité de la machine. J'en reviens donc aux "équilibres" : si une caméra sur un stead est donc elle-même parfaitement stable, c'est l'ensemble caméra/sled qu'il faut observer. Le système est instable si le gimbal est positionné en-dessous du CG, évidemment. Il est stable si le gimbal est positionné au-dessus du CG. B, a, ba, d'accord. Et si les axes du gimbal sont pile-poil au CG, alors le système est en équilibre indifférent. C'est la thèse du Neutre, qui n'a pas séduit grand monde (bien que l'excellent pythagoricien Jerry Holway conclue son étude sur la Dynamic Balance par la description enthousiaste de cet équilibrage).

En conclusion de ces premiers commentaires, qui n'aurait compris que le stead, et son équilibrage statique, vise non pas à stabiliser la caméra, mais bel et bien à maintenir l'assiette (l'horizon, l'azimut, le side-to-side, etc) ? Or, précisément, la phénoménale possibilité du stead est de pouvoir jouer sur le roll, du bout des doigts. Ce, bien avant que les ingénieurs aient mis au point les têtes "3D". Certes, en théorie, mais en pratique? En scope par exemple.. Bon, je signe et persiste.

Philipppe, je voulais débroussailler le terrain, et je reviens à tes blancs moutons sans tarder.

#11 L'utilisateur est hors-ligne   Jacques Monge 

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Posté 13 décembre 2015 - 17:01

[Bon, jusqu'ici je ne m'en sors pas si mal.. Avant de poursuivre, Philippe, et ce n'est pas que par égocentrisme, je tiens à survalider mes propos (en bon français, à enfoncer le clou) : Nicholson et Schaller, avec l'Alien et le Trinity -quel drôle de nom..- n'ont manifestement oeuvré, avec talent, que pour stabiliser l'assiette de la caméra pour un débattement vertical, nouveau et intéressant. J'ajoute que l'histoire du Neutre a été mis à mal par 2 produits Tiffen, avec Garrett, la tilt plate sur l'Ultra 2, et ce boîtier à fixer sous le sled corrigeant, avec capteurs et tout le tointoin, tout dé-bullage intempestif.. L'Artisanat impliquant le regard et la dextérité, à l'égal du menuisier se dédiant à la marqueterie, y est lourdement mis à mal]

[Encore une petite note sur les Brushless Gimbals : cette auto-appellation est vraiment stupide! Comme si les divers fabricants de "stead" ne consacraient pas une R&D colossale à la finesse de leurs gimbals, l'âme même de leur sled. Brushless, for sure]

Ce qui m'amène-là à encenser ton travail et ton projet, Philippe, c'est à la fois ton style et ta mise en oeuvre.

Ta mise en oeuvre, comme depuis longtemps pour les accessoires que tu proposes, sans oublier ton Rig 3D, n'est pas fantasmatique. Ça existe. J'imagine les pensées, les réflexions, les calculs, l'imprimante 3D, sans oublier le budget. Bye les brèves de comptoir (j'en ai eu un aperçu personnel en discutant avec Jean-Marie Lavalou et un des ingénieurs de la Louma 2, envisageant de mettre au point un stead téléscopique while shooting.. j'ai arrêté net..).

Donc, ça fonctionne. Là où tu fais très fort, c'est que, prenant acte des nouveautés technologiques (bien qu'elle aient tendance à "niveler par le bas"), tu t'en empares, pour développer des combinaisons possibles. C'est simplement progressiste. Ton ingénierie est en phase avec le réel, et pertinente sans contestation possible (j'apprécie particulièrement ta métaphore sur le "jeu de quilles"). Le tout sous le signe, peut-être pas utopique, d'un développement vertical, "pourquoi pas 2,50m" (là, j'émets mes propres réserves : ça me semble un p'tit peu prométhéen - gaffe à ton foie!).

Comme dit hier : ton travail articule la Silicon Valley, et bien d'autres lieux moins emblématiques, avec les fondamentaux newtoniens réalisés par Garrett Brown. Sans blague, ce faisant tu contribues de plus à apaiser les esprits (comme le mien, par exemple). Ciao la compétition stérile, et agaçante, voyons voir ce qu'on peut imaginer avec tout ça (en revanche, la démo de Larry Mc Conkey, movie sur stead, m'a fait plus que sourire - bon, c'était un essai). Alors, ta programmatique du SledX et du Big One tient la route, à n'en pas douter.

Au registre de ton style, qui ne constaterait pas ton humanité, basique, dans le partage, et la distanciation. Et qui ne concède rien, par nature, à la seconde vague du "post-modernisme" (la 1ère analysée en 1979 par Jean-François Lyotard). Non, je crois que tu t'adaptes sans être dupe, quelle chance! Et tout ça sous le signe du sourire.. Quoi de mieux?

Ne sois pas déçu par mon absence de commentaires plus techniques. Tu le sais, dès que j'entends parler de gyro je change de trottoir!
La dernière bécane en laquelle je crois, c'est le Tango. Voilà!

#12 L'utilisateur est hors-ligne   Régis Prosper 

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Posté 14 décembre 2015 - 10:38

ça faisait longtemps qu'on avait pas eu un sujet passionnant: profitons-en :yes: .

Une des grandes différences entre un GB et un stead c'est que la main de l'opérateur peut contrer l'inertie de la machine, ce qui est souvent utile (indispensable) pour faire un "stop" propre et net. C'est d'ailleurs une des justifications du réglage au neutre, cher à notre Valentin national qui compensait ainsi naturellement la méconnaissance de la balance dynamique.

Bref pour faire simple, un GB ne permet pas de faire de mouvements rapides avec des stop propres. Le développement de Philippe, pour être efficace, devra aller de pair avec une évolution de la qualité des moteurs.
L'autre aspect est la faisabilité financière: c'est moins glamour mais il faut bien qu'il y ait un marché pour que l'invention de Philippe trouve un débouché.

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