Cinematographie.info: Clap ouvert ou clap fermé ? - Cinematographie.info

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Clap ouvert ou clap fermé ? Vos avis, pratiques, habitudes, préférences, ...

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Camille Brechbuhler 

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Posté 30 août 2012 - 19:29

Bonjour !

Petite question technique qui me turlupine.

Malgré les divers bouquins ou articles que j'ai pu lire et qui parlaient du clap et de la manière de faire le clap (claper ? claquer ?), je n'ai jamais pu être parfaitement sûre des bonnes pratiques en vigueur.

Quelle est la meilleure manière d'effectuer un clap ? Certains parlent de la pratique du clap "ouvert", c'est à dire commencer ouvert et finir ouvert. D'autre du clap "fermé", ou la claquette reste rabattue.
Quels sont les avantages et les inconvénients de chaque méthode ? Y en a-t-il une plus pertinente que l'autre ?

Pour les claps de fin, si j'ai bien compris ce que j'ai lu et ce qu'on m'a dit, on retourne le clap claquette vers le haut et on annonce les n° de séquence, plan, prise ensuite ?

Je pose la question une fois pour toute car sur les tournages d'écoles, ce n'est jamais très clair, chacun y va de sa petite sauce personnelle et le clap n'est jamais fait de la même manière. C'est donc pour ma culture générale et également pour ne pas prendre de mauvaises habitudes.

Merci d'avance pour vos réponses et vos bons conseils :)

#2 L'utilisateur est hors-ligne   Laurent Andrieux 

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Posté 31 août 2012 - 01:54

En anglais "clap" en français "claquette".

Les américains ont l'habitude de garder le clap fermé après l'avoir claqué, les français de l'ouvrir à nouveau. A ma connaissance les monteurs préfèrent cette méthode car elle donne plus de précision sur l'image qui permet la synchro.

(Les claps américains présentent d'ailleurs généralement la partie mobile en haut quand les claps français la présentent généralement en bas).

Seule exception : en cas de "son témoin" (indiqué par le chef op' son, généralement dans des conditions qui nécessitent une post-synchro), on indiquera "ST" sur le clap et on gardera le clap fermé après l'avoir claqué. Au son on annonce "son témoin".

On annonce d'abord au son, ce qui permet d'économiser un peu de pellicule image, l'assistant opérateur pouvant envoyer le moteur caméra pendant l'annonce et juste à temps pour permettre simplement une vitesse stationnaire de la caméra - essentielle pour la synchro - au moment du clap.

(On n'hésite pas à cadrer correctement le clap, en effectuant la mise au point, quitte à inviter si nécessaire la mise en scène à attendre que le cadreur dise "cadré" avant de lancer l'action, lui permettant, et à son assistant, de basculer du cadre et point propres pour le clap à ceux de l'action du plan - impossibilité de placer le clap dans le cadre réglé avec la mise en scène, typiquement).

Pour la même raison d'économie de pellicule, lorsque l'on fait un clap de fin, mieux vaut effectivement claquer d'abord car l'assistant opérateur peut couper la caméra dès le clap effectué, puis annoncer tranquillement au son car la magnétique son coûte beaucoup moins cher au mètre que la pellicule image (et ça reste d'autant plus vrai avec les supports son numériques).

Si ce n'est par habitude, ça n'a pas tellement de sens de procéder comme ça en prise de vues numérique, quand on utilise un clap (ce qui n'est pas toujours nécessaire dans cette configuration).

A la fin de l'action, la mise en scène (généralement le premier assistant, le réalisateur pouvant ne pas penser à le faire) doit annoncer "clap de fin" et non "coupez".

Le clap de fin est effectivement présenté à l'envers, pour faciliter l'opération de synchronisation des rushes au laboratoire. Au son on annonce d'ailleurs systématiquement "clap de fin" après l'annonce pour faciliter cette opération.

Dans tous les cas où il aura fallu claquer plusieurs fois (la caméra n'étant pas sur le clap au premier clap, par exemple), sans couper la caméra, on annoncera "deuxième clap" (voire troisième... au-delà, c'est rare...).

Complétons par un petite précision concernant les identifications muettes : elles se font clap fermé et n'ayant pas à être synchronisées, peuvent se tourner "à part", avant le plan, de sorte que l'action n'est plus retardée par l'annonce (voire après et s'agissant d'une identification de fin, elle sera présentée à l'envers). Celle-ci faite, on demande le moteur, qui de fait ne concerne que la caméra, et c'est donc le cadreur qui dira "tourne" et immédiatement la mise en scène pourra lancer l'action.

Pour avoir enseigné depuis des années dans des écoles nombreuse et variées, j'ai toujours été étonné de la difficulté des étudiants à intégrer ces règles simples. Il est vrai qu'ils ont en général de nombreuses préoccupations, à leurs yeux plus importantes, sur leurs tournages.

Il est vrai aussi que les étudiants sont parfois encadrés - quand ils le sont - par des enseignants ou des intervenants qui accordent parfois peu d'attention à ces détails techniques, ou qui n'ont pas la réelle expérience de ces procédures de tournage professionnel.

Les cours théoriques qui leur ont été dispensés en amont accordent parfois peu de place à l'enseignement de ces protocoles pourtant essentiels.

Il m'est arrivé très fréquemment, encadrant des élèves de troisième année, de les entendre annoncer, au premier plan du tournage : " Séquence 1 Plan 1, prise une" et non " 1 sur 1 première", ce qui démontre qu'ils n'ont jamais mis les pieds sur un tournage auparavant. Et que penser de leurs enseignants ?

Mais je n'ai sûrement été ni exhaustif ni parfait dans mon explication et j'invite volontiers les autres professionnels à compléter ou corriger mon message !

Espérant, en attendant, avoir été utile...

#3 L'utilisateur est hors-ligne   Camille Brechbuhler 

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Posté 03 septembre 2012 - 10:01

Quelle réponse !

Merci beaucoup ! C'est beaucoup plus clair pour moi maintenant !

Il est vrai que les intervenants ou professeurs passent rapidement sur ces notions, ou les pratiques diffèrent selon les personnes qui nous encadrent... Ce qui n'est pas des plus évident pour les élèves.

Savoir faire le clap et enrouler des câbles correctement... voilà les premiers enseignements qu'on devrait donner aux élèves dans les écoles de cinéma :)

En tout cas c'est sympa d'avoir pris le temps de me faire une description si détaillée !

#4 L'utilisateur est hors-ligne   Laurent Andrieux 

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Posté 03 septembre 2012 - 12:01

J'ai l'habitude de consacrer environ une heure minimum de cours à ce sujet. Evidemment, il y a plein d'autres choses à dire sur ce geste essentiel (principe de numérotation des plans, relations avec la scripte, cohérence avec le rapport Image, choix du clap, placement, clap électronique) qui renvoie au problème de la synchro (vitesse de prise de vues, relations avec le département son, liaisons caméra/enregistreur, protocoles...).

En tout cas, content d'avoir pu t'être utile.

#5 L'utilisateur est hors-ligne   Simon Wyss 

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Posté 26 septembre 2012 - 10:29

Bonjour, tout le monde!

A mon avis il est mieux de garder la claquette fermée pour la raison qu’il sera plus facile de trouver la fermeture dans les échantillons. Je dis échantillon parce que 1o c’est français, 2o il s’agit des échantillons pour le produit final délivré par l’entreprise de tirage et 3o pour être différent des gens qui veulent faire impression avec des expressions anglaises.

Comme habitué au travail de synchronisation avec de la pellicule et du film magnétique je peux dire que dans la salle de montage tout est question d’organisation. Or, quant je vois la claquette sur le positif et elle est fermée je sais déjà que je dois reculer. Je sais en même temps si une portion soit enroulée ou déroulée (orientation lors image et espace son, couche photographique, perforation en cas de pellicule 16 mm une rangée).

J’aimerais aussi passer un petit conseil à chacun/e qui est chargé/e de claquer: faites ça l-e-n-t-e-m-e-n-t, s’il-vous-plaît. Le plus lentement que la barre approche le tableau le plus d’images j’ai pour choisir la bonne. Vous comprenez le but de cette prémisse. Bien sûr, j’ai la possibilité d’ajuster le film magnétique par quarts d’un pas (1/96 seconde pellicule 35). Il est même possible de décaler le son par millimètres en 35 et en 16, mais cela est rare affaire.

Du reste je suis parfaitement d’accord avec Laurent Andrieux.

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