Louer à un loueur propriétaire d'un PMW-F3 je découvre son potentiel financier
#1
Posté 20 juin 2012 - 00:06
Je suis depuis peu le propriétaire d'une caméra SONY PMW-F3 que j'ai achetée pour mes propres productions et pour la mettre au service de productions qui me voudraient comme opérateur avec la caméra. En faisant le tour des fournisseurs pour la production d'un court eux mêmes m'ont proposé que moi je leur loue le dit caméscope dans les occasions où ils se voient dépassés et que cela pourrait les dépanner. MAIS J'en ai une proposition pour carrément la laisser dans les locaux du loueur ayant évidement accès moi même à l'utiliser quand je veux. La laisser en "gestion" comme le responsable a dit
Est-ce courant ce type de pratiques? Avez vous de conseils à me donner à ce propos, au delà de lire attentivement les contrats, etc, etc? Peut on faire louer son matériel même sans avoir crée une entreprise ? Comment ? (Jusqu'à là je me suis défrayer avec une "convention de défraiement")
Merci d'avance de vos réponses.
Juan Siquot
www.juansiquot.com
#2
Posté 20 juin 2012 - 08:44
Il y a aussi des loueurs plus ou moins honnêtes. Je connais une propriétaire de caméra qui a fait ça et qui a finit par découvrir que le loueur bloquait sa caméra pour empêcher les gens de tourner avec ce type de caméra, en les orientant plutôt sur un autre modèle. Donc une fois que ta caméra est en gestion, je te conseille de garder un oeil sur ce qu'il se passe de manière régulière. Je me pose aussi la question par rapport aux assurances. N'oublie pas que ta caméra sera utilisée par beaucoup de gens, aussi bien des professionnels que des gens qui le sont moins. Ta caméra peut être maltraitée, donc fais attention à qui va payer pour ça mais aussi à ce que ça ne te pose pas de problème personnellement, si ta caméra devait partir en réparation alors que tu comptais t'en servir le lendemain.
#3
Posté 20 juin 2012 - 09:29
Quand un intermittent veut louer son matériel, il n'a le choix qu'entre la magouille A ou la magouille B.
Magouille A, il crée une SARL mais comme le statut l'interdit, il mets Papa ou Maman en Gérant. Je déconseille d'ailleurs fortement de mettre le conjoint pour des raisons évidentes de séparation éventuelle... Une fois la société créée, il peut récupérer la TVA sur les achats de matériel et avoir une activité de location, ou de sous location tout à fait légale et en payant ses impôts...
Le risque est la perte du statut s'il est requalifié en gérant de fait.
Magouille B, il loue son matériel par une boite de loc, ou une boite de prod et là 2 problèmes majeurs se posent: quid en cas de casse, vol, pannes... et comment rémunérer le propriétaire du matériel ?
plusieurs "solutions" sont là : convention de défrayement bidon (qui sera requalifiée en cas de contrôle fiscal en salaire....), du black, des notes de frais bidons... c'est pas l'imagination qui manque.
au final la solution B est souvent un moyen pour la boite de loc de faire du Black... une façon très grecque de voir notre métier
Personnellement je conseille dans ce cas de faire une société, c'est bien sûr beaucoup plus clair.
J'espère qu'un jour notre administration s'occupera de lever cette absurdité, ça fera rentrer de l'argent dans les caisses...
#4
Posté 20 juin 2012 - 14:37
Vos réponses ont ouvert ma tête à plus de questions et de mesures à prendre pour me préparer à ces éventuelles locations.
Le blocage dont a été victime la collègue de Nicolas, est un risque parmi d'autres, comme que le lueur peut louer le matériel à de tarifs majeurs qu'ils ne seront facturés. Le risque de sortie à nôtre insu nous est épargné grâce au compteur d'heures.
Au même temps je me pose la question suivante: si ce ne sont que de caméras de "dépannage" pour les fournisseurs, cela veut dire qu'ils n'en auront pas besoin tous les mois, si non, les comptes sont assez simples pour se dire qu'ils devraient en acheter une. Dans ces conditions là, il vaut mieux ne pas créer une entreprise pour sous louer son matériel puisqu'il ne sera pas payé tous les mois. Au final on se trouvera à payer des impôts sans les revenus nécessaires à ce but.
En fin, j'ai encore plain de doutes à dissiper encore pour prendre une décision.
Dans tous les cas, merci encore.
#5
Posté 20 juin 2012 - 20:02
Citation
Je pense que c'est hélas loin d'être aussi simple. Pour des histoires de trésorerie, de prise de risque, etc., cela peut être beaucoup plus avantageux pour une boite de location de sous-louer. Sur les caméras très demandée, les loueurs se sous-louent en permanence, et ne se font pas de cadeau en terme de prix (ce qui est logique). Donc s'ils peuvent sous-louer à moins cher, c'est tant mieux. De plus, de pas avoir la caméra dans leur parc "officiel" c'est à la fois une prise de risque en moins (puisqu'ils peuvent s'en séparer quand ils veulent) mais également certainement des taxes en moins, puisque le capital est plus faible. Sans compter que certains loueurs n'ont tout simplement pas la trésorerie pour acheter du nouveau matériel.
Mais bon, tout ça c'est du business, j'avoue que je ne suis quand même qu'un technicien de plateau et qu'il y a certainement beaucoup de choses qui m'échappent.
#6
Posté 21 juin 2012 - 08:57
- Concurrence débile entre les 3 acteurs
- Situation business pas claire sur le thème de "c'est pas grave si je perds du fric à la caméra, j'en gagne ailleurs"
- Du coup les résultats sont pourris, tension sur la trésorerie: les banques ne veulent plus financer le secteur et refusent les leasing...
Et là, pas de bol, l'activité est forte
En effet, ne pouvant investir suffisemment, les loueurs sous-louent, à des tarifs souvents supérieurs à ceux pratiqués au client ! du coup, plus ils bossent, plus ils perdent du pognon !!! et plus ils perdent de pognon, moins ils peuvent investir... la boucle est bouclée
Au final, aujourd'hui, la moitier des caméras cinéma loués proviennent de sous-locations.
C'est idiot, mais c'est la réalité du marché. Au final, ça facilite l'arrivée de nouveaux entrants qui fonctionnent sur des modèles économiques différents ou deviennent des sous-loueurs.
Un petit exemple personnel : j'ai vendu plus de 10 Maxima sur un an à des loueurs divers, mais aucune aux 3 principaux.
#7
Posté 24 juin 2012 - 21:49
A vouloir jouer sur plusieurs tableaux, on fout une joyeuse pagaille dans nos métiers. Déja que le statut d'auto entrepreneur a déja fait des dégats, il ne me semble pas utile d'en rajouter.
#8
Posté 25 juin 2012 - 09:32
Un statut est un statut, c'est clair : il faut juste qu'il soit adapté à la réallité de l'activité
#9
Posté 25 juin 2012 - 18:50
De plus, ca pose un problème de concurrence entre les techniciens : certains n'hésitent pas à proposer de venir avec leur matériel pour le prix d'une prestation salariale. Ca permet d'emporter parfois un job dans une période où c'est de plus en plus tendu et où certains sont près à faire des concessions pour faire leur quota. J'ai ainsi vu un monteur que j'avais mis sur une presta passer ensuite chez le même client en apportant leur matériel. Résultat : j'ai perdu un client en loc.
La réalité de l'activité c'est quoi ? Un routier doit venir avec son poids lourd pour postuler ? A qui profite le crime au final ? Pourquoi faut-il toujours qu'on trouve des excuses pour justifier des comportements inacceptables dans notre secteur ?
Rien n'interdit à un intermittent de monter sa société et de passer en salarié pour offrir prestation + matériel. Sauf que, dans ce cas bien entendu, il va falloir assurer la rentrée de salaire tous les mois.
#10
Posté 26 juin 2012 - 11:33
Pour des tas de raisons nos rapports se sont dégradés au point qu'un jour la machine n'était plus là, vendue à un tiers... J'ai alors travaillé plus de 2 ans avec un IIIA tout neuf de Claude Chevereau. Considérant que j'étais en train d'amortir l'investissement de mon ami Claude, je lui ai racheté la bécane, qui m'était quasiment exclusive [une autre étant dédiée à Jean-Marc Bringuier] et qu'il m'a aimablement vendue [très cher
Seul moyen : créer une SARL, et ce n'est pas, cher Régis, une "Magouille A". Effectivement le gérant majoritaire était mon père, avec ses 2 associés, son fils et son petit-fils. Et la raison fondamentale est que je tenais impérativement à conserver mon statut d'intermittent, non pas pour toucher les Assedic [ces années-là je tournais tellement que je n'en ai pas trop vu la couleur], mais pour pouvoir négocier mon salaire avec la Prod, indépendamment du tarif catalogue du matos, qui, lui, ne bougeait qu'à peine, amortissement oblige. Je ne voulais pas me priver de pouvoir tourner pour Agnès Varda, alors que son équipe était à moins 20%, donc moi aussi, ce que je compensais sur un "gros" film à suivre par du plus 30%, voire 40%
Quand j'ai décidé de fermer la boutique quelques années plus tard c'est qu'elle fonctionnait... trop bien : Talisman avait 4 steads, et mon Inspecteur des impôts m'avait aimablement signalé que si je voulais qu'on s'en sorte fiscalement il faudrait qu'on achète une machine par an
[après, c'est un choix personnel : ou bien je deviens loueur, j'embauche, je gagne beaucoup d'argent, et j'arrête de tourner, ou bien je ferme, je tourne et je passe mon matos... en bijoute. Oui Régis : variante "Magouille B"...]. Mais tout ça c'est une question de contexte, après 20 ans de pratique, l'âge, et l'usure. D'ailleurs j'en connais un qui a vite fait créé sa SARL, pour les mêmes raisons, et qui a dû récemment trouver un autre gérant pour cause de séparation. Tu as bien fait de le signaler Régis
Bref, mon point de vue personnel, prônant la SARL, dans cette discussion c'est : 1. la disponibilité du matos [incluant son entretien et son accessoirisation personnelle], 2. la liberté de choix des tournages en relation au salaire, 3. la simplicité de la gestion comptable et fiscale [sinon, bonjour l'Urssaf et Cie]. Ceci dit mon expérience est ancrée sur du matériel très cher, avec de gros leasings derrière. Et peut-être aussi que les temps ont changé au point qu'il faille en passer par d'autres solutions. Bon courage
#11
Posté 26 juin 2012 - 15:29
Concernant l'objet de mes remarques sur l'incompatibilité entre la création d'entreprise et le statut, le fait que tu ais dû fermer est intimement lié à ce problème : tu n'est pas gérant, et tu ne peux être majoritaire dans l'entreprise, donc se pose très rapidement le problème de faire ressortir le gain généré par les locations du stead, car les NDF ont leur limites. Ton inspecteur t'a donc mis devant la problématique : soit tu deviens loueur de matos, soit tu pers ton statut.
Autre problème que tu n'as heureusement pas vécu : en cas de soucis, tu peux très facilement être requalifié en gérant de fait de la société, ce qui engage pénalement et fait bien sûr perdre le statut.
Tout ça pour dire que l'on est d'accord
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