Cinematographie.info: Le coût caché de l'Epic... - Cinematographie.info

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Le coût caché de l'Epic... et des caméras numériques à très haute résolution Noter : -----

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Philippe Brelot 

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Posté 21 février 2012 - 17:03

Image attachée

L'article d'Evan Luzi fondateur et rédacteur de "The Black and Blue blog de conseils pour réalisateurs et assistants caméra est intéressant et nous amène à nous poser des questions trop souvent ignorées lors du choix d'une caméra de D-Cinema pour un projet de film.

L'apparition des nouvelles caméras à grand capteur, débit élevé et enregistrement sur support mémoire change la donne du coût et de la durée d'une journée de tournage.

Même si cet article s'attache seulement à l'Epic et aux changements que les utilisateurs de Red One peuvent s'attendre à trouver au changement de "machine", il est intéressant de se poser la question des nouvelles dépenses inhérentes à l'enregistrement des données en grandes quantités. Ces coûts supplémentaires étant représentés aussi bien par les supports et moyens physiques de stockage : disques, cartes..., stations de déchargement, que par les moyens humains à engager: personnel qualifié et temps de travail compris ou non dans la journée de tournage.

Voici quelques morceaux choisis dont je vous propose ma traduction :

Image attachée

" Depuis son lancement, la RED Epic a connu la diffusion de tonnes de séquences de test, d'extraits et d'images flatteuses sur Vimeo...Mais tandis que Red propose d'améliorer la technologie et le prix pour sa nouvelle caméra, une nouvelle donne apparaît : le coût caché à l'intérieur du circuit complexe du capteur 5 K de la caméra...

...Ce que beaucoup ont sous-estimé ou ont ignoré, c'est que l'Epic va gonfler les coûts de la production de données... Ceci est directement l'effet d'une augmentation de la résolution et l'abaissement de la compression.

Les estimations montrent que : "A 5 K 2:1 et Redcode 5:1 (normes de tournage), un disque SSD de 64 Go ne représentera plus qu'une durée d'environ 12-13 minutes" ce qu'a déclaré Deanan Dasilva de RED.
C'est à peu près la moitié de ce que vous obtenez à un ratio similaire 4K : le ratio de compression Redcode 42 de la RED One.

Sur les forums REDuser, Jim Jannard a publié ce tableau (estimation) de durée pour un SSD RED de 128 Go:

Image attachée

Comme vous pouvez le constater, le rapport temps mémoire a beaucoup changé...
Ce que Jim Jannard et d'autres ont dit, c'est que l' Epic ne va pas être réglée à la plus haute qualité en permanence sur les tournages , mais plutôt que l'on recherchera la compression idéale.

Jim Jannard a récemment déclaré sur les forums :

"La vérité est qu'il ya une courbe "raide" d'amélioration des compressions à partir des plus faibles 20:1 (acceptable) jusqu' à environ 7:1. Après la courbe s'arrondit. Bien qu'il y ait une amélioration continue à 5:1, il devient presque impossible de voir beaucoup de différences de 5:1 à 3:1 ... juste des données plus à traiter. Alors, quand nous disons 5:1 est le "sweet spot", qui est la meilleure image que nous pouvons obtenir dans le meilleur débit des données, d'autres diront que 7:1 ou 8:01 est tout simplement parfait. Et à un taux beaucoup plus faible de données."
"Pour vous donner une comparaison, le meilleur taux de compression de la RED One en REDCODE 42 ans, est un rapport d'environ 7,5:1.
Votre choix de compression aura un impact beaucoup plus important sur les taux de données. La différence de taux entre 10:01 et 8:01 n'est pas si grande ... mais la différence de taux entre 6:01 et 3:01 est énorme."


Il est loin le temps du Macbook et de quelques disques durs portables.

Avec l'EPIC il faut s'attendre à dépasser les 200 Go par jour par caméra.
Si nous multiplions ces 200GB par jour par 20 jours de tournage, vous vous retrouvez avec 4 To de données. Ajouter une caméra : le double. Ajouter plus de jours à votre calendrier, etc....
Même si les disques durs sont de moins en moins chers, c'est toujours un coût élevé de stockage si l'on considère que la pratique courante est d'avoir au moins 2 sauvegardes, si ce n'est plus.
Et puis le transfert prend du temps, même avec les systèmes les plus avancés et rapides.
Steve Fairburn, un autre DIT, a donné une estimation assez précise : «14 minutes et 20 secondes est le temps de déchargement brut pour un SSD de 128 Go plein. "Ceux qui sont sur les temps que je vois maintenant pour les cartes CF de 16 Go lors de l'utilisation d'une configuration de base des productions à faible budget. Si vous utilisez des systèmes inférieurs à eSATA ou le système d'Apple transfert Thunderbolt, le temps de sauvegarde peut être hors de contrôle.

Image attachée

Déjà, il est fréquent d'avoir 45 à 60 minutes de déchargements à la fin de la journée, mais avec les données de la RED Epic, ces temps pourraient être beaucoup, beaucoup plus longs.
Ces plates-formes avancées de déchargement ont également un coût...
Prenez par exemple cette station de transfert de données qui est estimée à la location à environ $ 750 - $ 1,250 par jour. C'est à peu près à ces mêmes prix que les loueurs proposent le package RED One.

L'ordinateur portable du producteur et un assistant formé le matin de la journée de tournage n'est pas une approche très raisonnable de la RED Epic...

Pour les cinéastes indépendants qui lorgnent du côté de l'Epic pour son prix, sa taille et le logo RED sur le côté, le coût caché des données est une menace qui pourrait se faufiler et bien gonfler la ligne du bas des budgets."

Et vous à votre avis, vos expériences ?

#2 L'utilisateur est hors-ligne   Adrien Onesto 

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Posté 22 février 2012 - 16:55

Voir le messagePhilippe Brelot, le 21 février 2012 - 17:03, dit :

Avec l'EPIC il faut s'attendre à dépasser les 200 Go par jour par caméra.


En Alexa pour de la pub, on est déjà dans une fourchette comprise entre 300 et 500Go par jour par caméra. Pour du long métrage, il n'est pas rare d'atteindre les 200Go par jour par caméra.
En Epic, 500Go par jour est presque un minimum quand on souhaite utiliser la caméra dans les meilleures conditions. Comme il est vrai que dans une utilisation classique, l'Epic est plutôt réglée avec un taux de compression compris entre 5:1 et 7:1, on se retrouve finalement à traiter entre 200 et 300Go de données par jour par caméra, ce qui n'est pas très loin d'une Alexa.
Les problèmes générés par le poids des données n'est pas propre à l'Epic, et c'est tant mieux si l'on peut éviter grâce à ça de travailler avec l'ordinateur du cousin du dir de prod (en 35mm, personne ne m'a jamais demandé de décharger les rushes dans le "changing bag" cousu à la main par la grand mère du réal...). Pas plus tard que vendredi, je travaillais sur une pub en Alexa et le temps de déchargement pour une carte de 64Go (avec vérification de la copie dans Shot Put Pro) sur un disque en Firewire 800 prenait entre 50mn et 1h... Avec l'Epic et ses disques de 128Go, cela m'aurait pris 2h... Mais le temps du MacBook n'est pas loin pour autant (voir par exemple la Mobile Rocket proposée chez RVZ pour 240€ par jour). Le Thunderbolt est quasiment généralisé sur les ordinateurs portables Mac et il existe des adaptateurs permettant l'ajout de ports eSata (interface répandue sur les disques durs depuis pas mal de temps donc très facile à trouver et pas si onéreux) pour travailler avec des taux de transfert plus confortables et ramener les temps de déchargement dans des valeurs plus raisonnables. Avec la bonne config, on se situe alors entre 15 et 20 minutes pour un déchargement de disque de 128Go avec vérification de la copie.
Personnellement, je trouve toutes ces contraintes plutôt positives, car elles ont au moins le mérite de faire comprendre à certaines productions que ce n'est pas parce que l'on tourne en numérique que les rushes doivent être traités avec moins de soin qu'en 35mm. Oui, il y a de plus en plus de données à traiter. Oui, il faut constamment revoir à la hausse les capacités de stockage sur les tournages. Mais les solutions existent chez les loueurs et les fabricants de matériel informatique. Et certes, cela a un coût, mais peut-être que les productions désargentées qui utilisent l'Epic en 5K pour des tournages de pub destinée à une diffusion Internet devraient se demander s'il est judicieux de vouloir tuer une mouche avec un bazooka. Sans compter que la config informatique minimale pour pouvoir traiter du 5K en temps réel pendant la post-prodcution a aussi un coût non négligeable... (voir le prix d'une Red Rocket, sachant qu'il en faut 2 au minimum pour être vraiment à l'aise...).

#3 L'utilisateur est hors-ligne   Nicolas Eveilleau 

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Posté 23 février 2012 - 12:52

Je rejoins complètement l'avis d'Adrien sur le côté positif de ces contraintes. C'est idiot de ne pas profiter des avantages de la technologie présente, mais s'il y a bien une chose que le passage de la pellicule au numérique dématérialisé n'a pas du tout amélioré, c'est le temps de gestion des rushs. Il est temps que le voile d'illusion sur ce point soit définitivement éloigné.

En pello, un magasin utilisé prenait 2 minutes à décharger, que ce soit un 60m ou un 1000m. En numérique, on en est très très loin. Peut-être qu'on a longtemps oublié ce détail parce que les cartes pouvaient enregistrer plus d'une heure sur une seule carte et qu'on pouvait les décharger le soir à la prod ou à l'hôtel, mais ça a toujours pris du temps.

Ce problème là n'est pas entièrement écarté cela dit, puisque Sony nous sort des nouvelles cartes de 1To. Si on considère 200Go par jour, ça fait plus de 4 jours de rushs sur une carte, donc je ne me fais pas de souci sur les discours des prods qui passeront simplement de "Non mais c'est bon, le déchargement on fait ça le soir" à "Non mais c'est bon, le déchargement on fait ça pendant la nuit." Et comme d'habitude, quand on leur dira "Oui mais le matin si y a eu un problème, qu'est-ce qu'on fait ?", la réponse sera toujours la même : "Je sais mais on n'a pas d'argent donc on prend le risque."

Et pour des tournages un peu sérieux, mon espoir est que ça mette en avant le rôle du laboratoire. Je défends toujours l'idée d'un labo de proximité avec un technicien du labo qui gère les rushs (ce qui me semble plus dans ces cordes que dans celles d'un assistant qui n'a concrètement pas que ça à faire et dont le travail est le plateau, pas les ordis et les codecs), mais à défaut on peut au moins espérer la généralisation d'une chaîne "à l'ancienne" entre le plateau et le labo, avec un envoi de rushs quotidien grâce à un déchargement fait par un 3eme assistant-camera avec du matériel approprié type Codex Vault.
Je ne suis personnellement pas un grand fan du fait d'envoyer directement les cartes au labo (ce qui revient pour moi à envoyer un magasin plein et à dire au labo d'enlever la pello qu'il y a dedans et de renvoyer le magasin le lendemain) mais c'est une solution qui pourrait se généraliser aussi, surtout pour des tournages sur Paris.

Reste certains projets (je pense surtout aux documentaires, avec un opérateur seul) qui sont là réellement pénalisés.

Tout ça bien sûr, c'est à l'heure actuelle. Avec l'avancée fulgurante des technologies, il est certain que dans quelques mois, décharger un SSD de 128Go reviendra à décharger une carte de 32Go aujourd'hui, toujours avec du matériel disponible à la Fnac (le fournisseur numéro 1 de l'audiovisuel en ce moment...) Donc est-ce que les choses vont vraiment évoluer, ou est-ce qu'il va n'y avoir que quelques coups d'épée dans l'eau en attendant que la technologie nous rattrape ? Difficile à dire. 2013 sera peut-être l'année où on décharge les SRMemory de 1To sur son iPad (qui sert déjà de retour, de commande de point HF et de rapport scripte, alors y a pas de raisons !)

Bien que ça serait presque une des meilleures solutions, je doute par contre à un retour du numérique sur support matériel, les cassettes étant un support non-linéaire donc moins pratique et les disques ne permettant pas d'avoir un débit d'écriture suffisant (on atteint avec peine les 144Mbits/s sur du ProDisc Sony, et encore, uniquement sur des quadruples couches utilisables uniquement avec des decks enregistreurs)

La véritable inconnu reste encore et toujours l'archivage, LE véritable problème du numérique dématérialisé.

#4 L'utilisateur est hors-ligne   Philippe Guilloux 

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Posté 09 février 2013 - 14:23

bonjour,

compte tenu de ces réflexions, est ce qu'on peut avoir votre avis sur le réel intérêt de ne pas tourne en argentique dès lorsqu'une production travaillerait dans des conditions réelles (c'est à dire en payant les assistants). Ma question concerne un projet particulier sur lequel il y aura deux caméras sur bcp de plans et la demande de l'assureur de faire 2 sauvegardes. Du coup, se pose vraiment la question par rapport à un tournage en argentique 2 perf par exemple avec une post prod qui se ferait entièrement en numérique après un scan. Si j'ajoute que le tournage se ferait à l'étranger avec de fortes chaleurs, la question financière se double d'une question de fiabilité avec des cams qui chauffent déjà pas mal. Vu la différence des coûts de loc, la question est vraiment posée

#5 L'utilisateur est hors-ligne   Eric Guichard 

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Posté 09 février 2013 - 22:27

Bonjour Philippe,

je ne sais pas ou vous tournez mais un des arguments majeurs pour choisir le tournage en numérique dans les pays chauds est d'être sur d'avoir du courant propre et régulé pour pouvoir faire ses Back-Up et pouvoir recharger les batteries de manière efficace.
Pour ce qui est d'un comparatif avec le 35mm, même en 2 perfos, au delà de 50000 mètres, le numérique est gagnant, surtout avec le coup d'expédition de la pellicule à développer quand on est à l'étranger ( acheminement de la pellicule vierge et envois des rushs).

Cordialement

#6 L'utilisateur est hors-ligne   Philippe Guilloux 

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Posté 10 février 2013 - 06:36

merci Eric,

Ce qui me fait un peu peur dans le cas présent, c'est en effet que le tournage est plutôt prévu dans un endroit plutôt retiré. Donc pour les back up ca craint mais surtout pour la maintenance. Autant, une 35 c'est un peu un 4 X 4 autant une caméra numérique, c'est un proto. Résultat : il faudrait peut être avoir du spare en numérique ce qui risque de gréver le budget surtout si ca part sur des machines types alexa.

Autre question : pays chaud = soleil. Est ce que ca n'est pas plus simple de partir avec de l'argentique qui va permettre de jouer sur la sensibilité plutot que du numérique qui va nécessité des filtrages ?

Je précise que je ne suis pas un anti-numérique (j'ai moi-même une unité de tournage docu à base de F3). C'est juste que j'ai toujours pensé que chaque projet avait une logique.

#7 L'utilisateur est hors-ligne   Philippe Brelot 

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Posté 10 février 2013 - 22:17

Bonsoir Philippe,

Les pays chauds ne sont pas très bons non plus pour la pellicule, il faut prévoir des lieux climatisés pour le stockage et l'emploi de glacières pour les déplacements et l'usage sur le plateau.
Tu n'as pas un directeur de production qui pourrait te faire un devis à la louche contenant le coût de l'achat de pellicule, du transitaire (obligatoire), du stockage sur place, du labo et de la location du matériel de tournage (ne pas oublier le bon calcul du métrage non plus car une pellicule qui a voyagé par avion n'est pas reprise...) à comparer avec le coût du numérique ?
Ce pourrait être une bonne indication.
Techniquement il est plus simple de travailler en 35mm, sensibilité, déchargement des rushs, nombre de batteries, fiabilité du matériel et sécurité (ainsi que conservation dans le temps :thumbsup:) mais d'un point de vue logistique, le transitaire et l'éloignement du labo sont des handicaps certains.

Si tu fais ce calcul, ce serait sympa de partager, je pense qu'il peut intéresser beaucoup des membres du site.

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