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Le cinéma numérique vulnérable ! Un rapport de l'Academy of Motion Picture Arts & Sciences Noter : ***** 2 Votes

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Philippe Brelot 

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Posté 21 janvier 2012 - 03:24

Image attachée

Voici ma traduction d'un article du Variety du 18 janvier 2012 de David S. Cohen sur le rapport "Le dilemme numérique 2" établi par le Science & Technology Council de l'Academy of Motion Picture Arts & Sciences

Image attachée

"Le jour ou le festival de Sundance a ouvert ses portes et Eastman Kodak s'est déclaré en faillite, la "Motion Picture Academy" a jeté un pavé dans la "mare tranquille" du cinéma numérique.

Préserver les films est un problème permanent pour toute l'industrie du cinéma, mais un nouveau rapport de l'Académie nous prévient que les films tournés ou finis en numérique feront face à une durée de vie si courte qu'ils peuvent même être perdus avant même d'arriver en distribution. Pire, les cinéastes de films indépendants et de documentaires, dont le travail est plus vulnérable à ce risque, semblent inconscients des dangers. Ces sombres conclusions figurent dans la partie 2 du très attendu rapport sur les problèmes de conservation numérique de l'Academy & Technology Council, intitulé : "Dilemme numérique". Elles alimenteront probablement les conversations à Park City [où aura lieu le Sundance Film Festival 2012]

La partie 1 de ce rapport (publié en 2007) concernait les studios, la partie 2, quant à elle s'intéresse aux films indépendants et aux documentaires et conclue que : "la technologie qui facilite la fabrication de ces films sous-tend également le manque de garanties de longévité de ces films". Et, tandis que l'Académie constate que, pour ces secteurs de l'industrie cinématographique encore ignorants de la fragilité des fichiers numériques : "il importe peu, de toute façon, ils n'ont pas les ressources pour s'attaquer au problème" .

"L'essentiel est que nous manquons de temps" a déclaré à Variety Milt Shefter, co-auteur du rapport, membre du Conseil Science-Technologie, "Le temps des études est passé. Nous devons trouver des solutions, ou nous allons perdre beaucoup."

En bref, le stockage numérique, que ce soit sur les disques durs, DVD ou à l'état "mémoire", n'est tout simplement pas à la hauteur de la durée de vie de plus de 100 ans du cinéma. La vie des médias numériques est mesurée en années plutôt qu'en décennies, et les formats de fichiers peuvent devenir obsolètes dans les mois qui suivent leurs fabrications ou utilisations. Comme l'explique le rapport, qui vise les films toujours en recherche de distribution, et non pas uniquement les titres en catalogues : "les films indépendants qui essaient de trouver une distribution le font sur une période beaucoup plus longue que les films produits par les grands studios. Cette période de temps dépasse souvent la "durée de vie normale" des travaux numériques qui sont "normalement", rapidement sécurisés par la distribution; les données numériques peuvent en devenir inaccessibles.

"La plupart des cinéastes interrogés et interviewés pour ce rapport ne sont pas conscients de la nature périssable du contenu numérique et du fait que leurs oeuvres risquent d'être exclues de la protection du copyright suivant les lois des 95 ans aux États-Unis "

Beaucoup de films indépendants, dit le rapport, sont en danger de se perdre avant de pouvoir bénéficier pleinement de ces 95 années de protection.

Shefter signale que l'ignorance des cinéastes sur la question est : "probablement notre plus grande surprise."

"Ils se concentraient sur les avantages d'un workflow numérique", dit-il, "mais ne sont pas conscients de ce qui peut arriver à leur Master Numérique. Ils sont "structurés" de manière à faire leurs films, les montrer à un auditoire, et ensuite passer au suivant... "

Une autre surprise pour les chercheurs de l'Académie : Les documentaristes non plus n'étaient pas au courant de la vulnérabilité des fichiers numériques. Au contraire, les réalisateurs de documentaires étaient généralement très enthousiastes à l'idée d'accéder facilement aux images grâce à l'ère numérique. Lorsque les enquêteurs de l'Académie ont soulevé l'idée qu'il pourrait y avoir "un trou noir pour les 25-30 dernières années" parce que les fichiers numériques ne sont pas préservés, la réponse était : "on n'avait vraiment pas envisagé cela."

"La principale différence entre analogique et numérique est que l'analogique a toujours été : "store-and-ignore" (stocké et oublié), déclare Shefter ,alors que "le stockage du contenu Digital doit être géré activement."

Une telle gestion active est coûteuse, beaucoup plus coûteuse que de mettre le film dans une cave. Même quand ils prennent de telles mesures, les cinéastes et les producteurs font face à un problème insurmontable : la seule méthode fiable pour l'archivage des images numériques est de les copier en analogique. La meilleure solution d'archivage d'aujourd'hui est le film, idéalement avec une séparation de trois couleurs imprimées sur du noir et blanc. C'est une solution très coûteuse.

L'Académie fait ce qu'elle peut pour aider à résoudre le problème, a déclaré Andy Maltz, directeur du Conseil de Science-Technologie. "Une des clés de la préservation est d'avoir des normes de formats de fichier, donc, si vous pouvez récupérer les zéros et des uns, vous savez ce qu'ils signifient et savoir ce qu'ils sont censés ressembler à une image à l'écran." Le projet de l'Académie : "Image Interchange Framework" contribue à créer de telles normes. SMPTE va publier la première d'entre elles cette année.

L'Académie tente de coordonner les efforts d'Hollywood pour travailler avec la Bibliothèque du Congrès et d'autres industries afin de trouver une méthode fiable d'archivage des données numériques. Mais, dit Maltz, "Il appartient aux fabricants d'intégrer la durée de vie d'archivage dans leurs produits."
Heureusement pour l'industrie du Cinéma et de l'Audiovisuel, ce n'est pas la seule à affronter ce problème, la Banque, la Médecine, l'Énergie et d'autres domaines ont tous besoin de préserver des données numériques pour de nombreuses années, et ils sont tous à la recherche du "Graal" de l'archivage des données numériques.

Le rapport indique qu'à moins que la préservation ne devienne une exigence pour les stratégies de planification, de budgétisation et de marketing, elle restera un problème pour les cinéastes indépendants, les documentaristes et les archivistes. "Ces communautés et le patrimoine artistique et culturel de la nation bénéficieraient grandement d'une approche globale coordonnée d'un plan de préservation numérique pour l'avenir."

Le rapport inclut des propositions pour plus de partage d'informations et la collaboration entre les archives et les autres organisations.

Shefter a pris soin de dire que le but Conseil et du rapport n'est pas attaquer le numérique, qui offre "des avantages énormes" dans certains domaines. "La question est, que, comme nous aimons les avantages de la nouvelle technologie, une chose nous manque, l'accès à long terme garanti... C'est ce que l'analogique nous apportait et nous pensons que le remplacement de cette technologie doit nous en apporter au moins autant..."

Si vous voulez télécharger le rapport : The Digital Dilemma 2 (inscription préalable)

#2 L'utilisateur est hors-ligne   Roger Canto 

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Posté 21 janvier 2012 - 10:06

C'est plutôt inquiétant pour l'avenir !

#3 L'utilisateur est hors-ligne   Olivier Madar 

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Posté 24 janvier 2012 - 17:06

Cela fait environ 25 ans que je gère des archives numériques, et en 25 ans, je ne compte plus les révolutions en matière de support et de technologie qui se sont succédées.

Quand le CD ROM a débarqué, il était censé tenir entre 10 et 50 ans selon son prix et son fabricant, en pratique, j'ai basculé en cours de route, bien avant de pouvoir le vérifier, pour aller vers le DAT 4 gigas (retrospect pour les anciens à qui cela rappellera de bon (ou mauvais souvenirs). D'ailleurs, Kodak qui fabriquait les CD les plus fiables à l'époque à quasiment disparu, et je vous souhaite bon courage s'ils n'ont pas tenu leurs promesses en matière de longévité...

Le DAT, DLT,..., même s'il est toujours considéré comme LE standard, a toujours été dépendant de logiciels et de hardware, et les défauts d'alignement des têtes et autres bug ont fait que la fiabilité, fallait n'y compter que de façon très relative.
Mon vieux HP à bandes a fini par ne plus pouvoir resusciter les archives et la stratégie d'archivage est passée sur un mode réseau sur disque dur de type raid 5 (supposés tolérer les pannes). Oui sauf qu'il fallait, la encore, compter sur le matériel ET le logiciel. Matériel pour la pile Raid (carte PCI 16 ports esata adaptec). Je me souviens avoir investi des sommes considérables pour LE logiciel de backup réseau sous Unix (réputé plus fiable que Windows) qui n'a jamais fonctionné (ou que mon responsable informatique n'a jamais su faire fonctionner). La carte Adaptec avait des drivers assez foireux, et, pour garantir une relative sécurité, il fallait doubler d'une autre carte backup (sinon la carte disparait du marché, et il n'est pas sur de la retrouver en cas de besoin. De plus, le temps de reconstitution des piles Raid était incompatible avec une restauration dans les délais des clients).

Aujourd'hui, je ne veux plus entendre parler de soft pour l'archivage car l'expérience montre que les éditeurs disparaissent bien avant que le matériel ne tombe en panne. Tout ce qui repose sur une table d'index et qui nécessite d'être gérée par un logiciel à été bannie (DAT, LTO, et autres solutions à bande réputée fiable et standard).
Avec la baisse des prix des disques durs (mais avec la hausse actuelle ce ne sera peut être plus vrai dans quelques temps), on archive tout sur disque Raid 1 (double disque), qui est "splitté" en 2 deux disques distincts une fois plein et scanné par un basique catalogueur de média. Nous avons 2 x 42 disques de 1T, puis 1,5T puis 2 Terra (en fonction des évolutions du rapport poids/prix des disques).
Sur ces 42 disques, nous avons eu une panne physique définitive après écriture et plusieurs pannes avant écriture des disques.

En attendant la prochaine évolution/révolution.

Et avec tout ça, sortir un film de plus de 5 ans a peu de chance de fonctionner... Certes, c'est pas du Kubrick, mais quand même. Même pour les video de famille, le problème se pose de façon aigüe.

Dans ce contexte, on est effectivement à des milliers de km d'une fiabilité garantie, ne serait ce que sur 10 ans. Alors, 100 ans...Peut être que l'avenir de l'argentique sera justement l'archivage des données numériques...


Olivier

#4 L'utilisateur est hors-ligne   Nicolas Eveilleau 

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Posté 25 janvier 2012 - 08:24

Et encore Olivier, tu as la chance de gérer toi-même les vidéos sur lesquels tu travailles. Une des très grosses problématiques que met en avant ce rapport c'est que les réalisateurs de films indépendant ne sont pas du tout conscients de ce grave problème d'archivage. Et quand tu es réalisateur sans société (ce qui est la majorité des cas), tu ne suis pas nécessairement avec attention toute la procédure d'archivage et sa continuité sur plusieurs dizaines d'années. Non seulement ce n'est pas ton boulot et comme le montre ce rapport, la plupart ne se pose même pas la question. Il y a un gros travail de sensibilisation à faire là-dessus, en parallèle des solutions techniques à trouver, pour ne pas perdre toute une facette de notre culture cinématographique, celle qui n'est pas gérée par des gros studios qui peuvent se permettre d'investir à chaque changement de technologie.
Et quand je parle d'un travail de sensibilisation, ce n'est pas pour que les réalisateurs se mettent à s'occuper de problèmes techniques et administratifs qui ne devraient pas les concerner, mais surtout pour que à leur tour ils puissent sensibiliser des productions un peu cavalières sur le sujet.

#5 L'utilisateur est hors-ligne   Yves Agostini 

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Posté 26 janvier 2012 - 10:15

Ce rapport est instructif et éveille l'attention.
Nous sommes en début de ligne confrontés à la volonté des productions à basculer dans le numérique... par force!!!
Il devient "absolument" impossible aujourd'hui pour eux d'imaginer un tournage sur pellicule... soit ! Faisons-le.
A la lecture de ce rapport et après ce que vient de démontrer Nicolas, savent-ils réellement ce qui arrivera à leurs créations?
Je ne suis pas vraiment sûr, que dans la production cinématographique au même titre que les "produits" indépendants, que les responsables prennent vraiment cette affaire en main.
Ce que je peux dire actuellement, c'est que les réalisateurs ont perdu "la main" sur le choix de leur support. J'en ai la preuve sur le film que je vais faire bientôt qui devait être fait en argentique (par choix)...et maintenant... Alexa !!!! la bascule est fulgurante.

Une petite anecdote quand même, raconté par un copain chef-op sur un téléfilm.... c'est que sur ces tournages, on loue "la tour" numérique qui enregistre le travail de la journée.
Mais cette tour est finalement manipulée dans le camion comme n'importe quel matériel. Ce qui fait qu'il y a eu un choc... et la journée à disparue !!!

#6 L'utilisateur est hors-ligne   Thierry Prigent 

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Posté 16 février 2012 - 14:58

Bonjour,

Un grand merci pour cette traduction et l’espoir de réaction positive de notre profession pour ce sujet brûlant à bien des égards tant technique que politique. Si je viens de m’inscrire, c’est invité en ce sens par la remarquable conversation tenue sur le stand Cinématographie.info, lors du Micro Salon AFC 2012.

En tant que nouveau venu, je vous dois un minimum de présentation. Dans la chaîne Cinématographique, je me trouve vers la fin, lorsqu’il est question de report sur film (dit ‘kinescopage’ ou ‘shoot’) des fichiers numériques sous une forme soit analogique (masters DI) soit numérique pur. ‘Post-Prod’ donc. Ma boite, PreserveOn, travaille en sous-traitance pour des entités plus grosses de post-production/labos. Nous sommes équipés de la seule machine rapide (24/25 fps) tous types de pellicules 35.

L’archivage Cinématographique est ma passion depuis longtemps, ce pourquoi j’ai créé cette société avec mes indemnités de licenciement.


Concernant les rapports Digital Dilemma 1 et 2, c'est un travail remarquable. Je connais Milton R. Shefter pour discuter de temps à autres avec lui. Lors de la conférence 2011 à la Cinémathéque « Et si le Cinéma perdait la mémoire », Milt nous a présenté en avant première les conclusions du rapport numéro 2.

Dans tout cela je veux être rassurant et partager ma confiance en l'avenir.

Certes le constat est triste, mais cela ne date pas d’hier. Nous débattions déjà cela dans le groupe Européen Gamma au début des années 90.
Les alertes ont été nombreuses depuis lors. Les témoignages aussi, comme celui de monsieur Madar. En apparence rien n’a bougé et nous continuons à foncer dans le mur. En apparence seulement. Il n’est pas facile de faire entendre la raison lorsque des intérêts économiques supérieurs poussent au tout électronique. Il faut savoir attendre l’imminence du danger.

Attendre, mais rester actif et investir sur l’avenir et l’innovation. C'est ce qui a été fait.

Le temps est, je pense, arrivé de promouvoir les solutions disponibles. L’audience commence à entendre le message. J’en veux pour preuve les conférences/démos du MicroSalon dont une large part a été consacrée à ce sujet.

Comme le dit si bien monsieur Madar, « Peut être que l'avenir de l'argentique sera justement l'archivage des données numériques... », et donc l’avenir des laboratoires.

Pour vous rassurer réellement, voici ce qui se passe en pratique, en débutant par le passé proche.

En 2006, à Chalon sur Saône, une conférence sur l’archivage Images fixes / Images animée. Nous avons pu faire témoigner des experts techniques reconnus du monde entier.

Dès 2007, le CNC, par le bien des Industries Techniques (CIT) a commencé à soutenir financièrement l’investigation pratique de la pellicule en temps que médium d’archivage numérique. Ce projet s’est conclu avec 100% de succès. Ce projet d’activité industrielle a aussi été lauréat 2008 du concours Ministériel de la « Création et Développement d’Entreprise Innovante ». La CST était auditrice technique de tout le projet. Les réalisations concrètes sont disponibles.

En 2009, congrès annuel de la FIAF à Paris.

Décret du 19 décembre 2011 concernant le Code du Patrimoine. Le Dépôt Légal des œuvres Cinématographiques s’adapte à la nouvelle donne. La mesure est obligatoire immédiatement. Je cite:

Article R132-28-1
« Pour les documents cinématographiques sous forme de fichier numérique entrant dans les prévisions de l'article R. 132-26, deux exemplaires sont déposés : un exemplaire numérique répondant à des prescriptions techniques fixées par décision du président du Centre national du cinéma et de l'image animée prise sur le fondement du 2° de l'article L. 111-3 du code du cinéma et de l'image animée et un exemplaire sur support photochimique conforme aux prescriptions de l'article R. 132-28. »

Commentaires : Cette mesure décline l’article L132-2-1 du Code Civil, en donnant un mode de réalisation spécifique au Cinéma. En outre, elle participe à l’esprit de la norme AFNOR Z43-400 (déclinée sous forme ISO 11-506) pourtant prévue pour d’autres types de documents, plus généraux.

Cela concerne le Dépôt Légal CNC. Jusqu’à preuve du contraire, la BNF, l’INA et l’ECPAD semblent rester sur la voie de l’électronique.

La CST est en instance de publication de la recommandation d’archivage Image et Son. Logiquement celle-ci devrait déboucher sur une norme. Je suggère de prendre contact sur ce sujet avec Alain Besse.

L’observateur attentif peut voir dans les démonstrations faites au Micro Salon l’ébauche des recommandations CST. On est en droit de penser qu’une partie des journées techniques de Cannes 2012 sera consacrée à ce sujet.

La technologie d’archivage sur pellicule photographique est mature. Que cela soit en mode image. Que cela soit en mode numérique pur (et donc applicable à tout type de contenus/fichiers).

Cela a été démontré magistralement par Christian Lurin (Eclair) au Micro Salon:

- Pour les images, la comparaison côte à côte avec un projecteur 4k des images natives numériques et du re-scan des pellicules d’archivage est édifiante par la qualité du résultat.

- Pour les sons, la comparaison auditive est faite entre le fichier d’origine et sa restitution à partir des codes couleur inscrits sur la pellicule. (si cela intéresse, la démo a été enregistrée avec un appareil de poche). Un long métrage entier en 5.1, 24 bits / 48 kHz et PCM natif non compressé tient sur une seule bobine de pellicule (économie assurée). Outre la robustesse d’un mode numérique allié à un support durable, le point fort réside dans les informations techniques de relecture inscrites en langage humain. C'est la pierre de Rosette par laquelle toute suite de chiffres relus pourra être utilisée à quelques dizaines d'années d'ici.

Le souci le plus immédiat concerne le son, non seulement celui des productions actuelles, mais surtout ceux des productions déjà anciennes. C'est pour cela que les démonstrations de numérique sur pellicule débutent par le son. Les images peuvent attendre un peu.

Les fabricants de pellicules ne sont pas en reste. Autant Fuji que Kodak proposent de nouvelles solutions dédiées à l’archivage. Pour mémoire, ce sont Agfa et Ilford qui restent les précurseurs en ce domaine.
Ce sont des pellicules que je qualifierais de bon compromis entre l’utilisation analogique classique et numérique à venir. Sans nul doute des solutions purement numériques existent déjà en tant que prototypes R&D. Au préalable, le marché doit être prêt à accepter les nouveaux concepts.

L’utilisation en mode numérique, donc exclusivement au travers d’enregistreurs et scanners numériques, permet une simplification technique des produits et une baisse des coûts de production.


Sur un plan général aux entreprises Françaises, le gouvernement pousse l’émergence de la « Gouvernance Documentaire » et la création de fonctions spécifiques au même titre que la comptabilité, les RH, etc. Même si le Code Civil oblige à un archivage rigoureux depuis longtemps, on s’attend à ce que cela devienne une obligation forcée avec conséquences pénales à la clé (à 2 ou 3 ans d’ici). La bonne nouvelle est que cela devrait doper l’activité audiovisuelle technique en général. On craint cependant que ces mesures ne freine la création des « petits artisans ».


Voilà pour l’essentiel, sur notre territoire.


L'archivage pérenne Cinématographique est un nouveau marché en voie d'installation. La pellicule est le support d'archivage pérenne plébiscité pour tous les besoins analogiques et numériques. La validation technique est faite. Les instances de recommandation et de législation sont à pied d'œuvre. L'outil industriel s'organise.


Pour avoir lu les autres commentaires, je comprends que dans de très nombreux cas le créateur de l’image n’en maîtrise pas le devenir, encore moins l’archivage.
Maintenant que des recommandations techniques existent, et dans la mesure ou l’obligation est effectivement renforcée avec des conséquences pénales, se sera l’affaire de tous les ayants droits de faire appliquer la loi. De l'obligation de résultat, on passe à l'obligation de moyens. Comme le rappelle Milt Shefter, c'est à l'étude du projet Cinématographique que le financement de l'archivage doit être prévu.

Je trouverais logique que les ayants droits commencent à soulever la problématique et s’organisent en conséquence. Les assureurs ont certainement aussi leur mot à dire sur la question obligation/financement.

Enfin, si vous le souhaitez, il serait tout à fait possible d’ouvrir une rubrique spécifique à ces sujets. Mon sentiment est que toutes les énergies sont bienvenues pour participer au réglage des détails pratiques et aux aspects lucratifs.

Vos questions sont bien venues.

Respectfully submitted.


Thierry Prigent

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