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Tous responsables par Marc Galerne, K5600, dans la lettre AFC 211 Noter : -----

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Nicolas Eveilleau 

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Posté 03 juillet 2011 - 11:14

Je me permets de retranscrire une intervention de Marc Galerne de la société K5600 dans la lettre AFC juillet-août 2011 (disponible aussi sur le site de l'AFC) :

Citation

La dégradation du prix de la prestation est la responsabilité de tous. Les productions doivent comprendre que les équipes et les prestataires ne sont pas forcément des ennemis. Comprendre aussi que la guerre des tarifs qu’ils provoquent n’aboutira qu’à l’affaiblissement de notre métier.
La chaîne " Production-Prestataire-Équipe-Fabricant " doit respecter un certain nombre de règles sous peine de voir disparaître professionnalisme, progrès et savoir-faire. Les productions feront-elles des économies lorsqu’elles devront faire venir le personnel et le matériel de l’étranger pour chaque tournage ?

La production d’œuvres de fiction n’est pas qu’une affaire d’argent. Les économies de budget n’ont jamais fait le succès d’un film. Par contre, payer normalement les gens améliore les conditions et la performance sur le tournage, payer des prestations à leur juste prix (encore faut-il qu’elles soient à la hauteur) apporte généralement une meilleure prestation car le matériel est (en principe) renouvelé, entretenu et donc moins sujet aux pannes.

Le point de départ : le respect
Je suis sidéré de voir comment certaines sociétés se permettent de traiter l’AFC et ses directeurs de la photographie. On ne paye pas ses cotisations, on envoie paître les chefs opérateurs qui gèrent au quotidien et bénévolement l’association. On se plaint de son emplacement au Micro Salon avec agressivité. Au-delà même du minimum de reconnaissance pour des clients/prescripteurs/utilisateurs, on parle de correction.
Avons-nous donc tout perdu dans cette crise des vingt dernières années ? Il n’y a plus de respect pour les hommes, le matériel, le métier.

Tout n’est qu’argent : on achète du matériel chinois parce qu’il est moins cher (encore moins cher grâce aux subventions du CNC qui sont financées par nous). On n’investit plus, on sous-loue. On tente par tous les moyens d’imposer le matériel que l’on a sur les étagères sous de fausses raisons. On propose des appareils à la place d’autres alors qu’ils ne sont pas comparables.
Alors oui, aujourd’hui, j’ai envie de pousser un vrai coup de gueule.

Nous sommes devenus, nous les fabricants, les ennemis des prestataires alors que sans nous il n’y aurait pas de valorisation des prestations. On loue des Alpha 18 K avec des ballasts qui ont plus de dix ans à 500 euros/jour (prix liste sur lequel est calculé la remise) sous prétexte de la nouveauté alors que le seul investissement, c’est la tête. Cela ne me gênerait pas plus que ça, si je n’entendais les plaintes des chefs op’ et des électros qui nous racontent leurs mauvaises expériences : faible rendement (à cause de ballasts vieillissants et mal vérifiés qui ne passent pas en 18 kW), fort bruit dans la tête (généré par des ballasts asiatiques qui ne remplissent même pas les normes CE).

Nous ne sommes pas infaillibles et il arrive que nos appareils aient des problèmes (cela arrive à la NASA régulièrement) mais nous n’avons pas besoin de subir en plus des reproches dont nous ne sommes pas responsables.
Et comme si cela ne suffisait pas, il y a la politique entre les partisans de tel ou tel loueur qui invoquent des problèmes pour demander le matériel qui est seulement chez leur prestataire préféré. Encore une fois, je peux comprendre les affinités, les retours d’ascenseurs, ce que je n’accepte pas, c’est le besoin de dénigrer le matériel pour ne pas dire la vérité : on a accepté un deal pas acceptable et l’on essaye de limiter la casse.

La solution : la solidarité
Est-il normal qu’un loueur demande à un chef opérateur de diminuer sa liste (donc de faire moins de chiffre) ? Le loueur ne doit-il pas être au côté du directeur de la photo pour l’amener à un choix judicieux qui lui permettra de faire le film qu’il veut faire en aidant le réalisateur à exprimer sa vision ? Plutôt que se mettre du côté de la production, il faut défendre son camp et nous sommes TOUS dans le poste " technique " lorsque arrive le devis du film.
Le directeur de la photo, me semble-t-il, doit défendre son statut, son équipe et plus généralement son métier. Il n’y a pas si longtemps, je parlais avec un " gaffer " américain très expérimenté et qui a une longue carrière derrière lui. Il tournait à Venise un film avec des acteurs très connus (= couteux). Il me disait qu’il ne pouvait pas faire acheter une Chimera particulière (peu profonde pour l’Alpha 4) qui pourtant l’aurait beaucoup aidé dans les décors exigus de Venise. N’est-ce pas là une forme d’abandon et de résignation ? On ne va pas se battre pour si peu.

Pourtant, si les " grands " ne se battent pas, que va-t-il rester aux autres ? Quels outils auront ceux qui arrivent dans ce métier avec des rêves plein la tête ? Les " locomotives ", les " primés " ont une responsabilité importante dans le maintien de la qualité et l’avenir de la profession.
Les DP doivent se faire respecter dans leurs choix techniques, qu’ils soient matériels ou humains. Il existe des exemples, et nous en connaissons tous, d’équipes qui fonctionnent en bloc et qui restent inséparables. Étrangement, ce sont celles qui obtiennent le matériel qu’elles désirent et non celui que l’on tente de leur imposer.

La conclusion : le dialogue
Peut-être serait il possible d’organiser un vrai tour de table avec directeurs de production, prestataires, fabricants et chefs opérateurs, sous l’égide de l’AFC, de la CST et de toutes autres associations sérieuses ?
Il faut que l’on ramène un minimum de professionnalisme et de sécurité sur les plateaux, que l’on revienne à des conditions de tournage dignes pour redonner un peu d’éclat à un artisanat de luxe qui est tombé très bas. La production cinématographique est un artisanat qui ne fabrique que des prototypes.
Je me souviens, il y a longtemps dans une lointaine galaxie, on appelait même cela « l’industrie du rêve ». On en éprouvait même une certaine fierté. Est-ce encore vrai aujourd’hui ?

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Marc Galerne

#2 L'utilisateur est hors-ligne   José Gerel 

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Posté 04 juillet 2011 - 21:40

Nicolas bonsoir, merci d'avoir publié le texte de Marc,

je l'ai lu hier soir, j'ai appelé Marc aujourd'hui pour lui dire qu'il avait frappé juste et que son texte était simple et objectif.

Cela nécessite la mobilisation de toute la profession et des tours de table avec la présence des producteurs, dirs de prods, prestataires, techniciens, etc et tout cela sans langue de bois, il y a du travail, mais on peut y croire, car si chaucun continue a travailler dans son coin, je ne donne pas cher de la pérennité et du sérieux de notre profession. :thumbsup:

N'avons nous pas la chance de faire un métier merveilleux, alors prenons en soin et défendons le avec élégance et conviction.

#3 L'utilisateur est hors-ligne   Régis Prosper 

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Posté 05 juillet 2011 - 09:52

C'est clair que ce n'est pas simple en ce moment :wacko:

Ce qui me semble le plus étonnant, c'est le taux de sous-location actuel, et donc l'abscence de capacité d'investissement des sociétés françaises.

C'est effectivement un cercle vicieux car sous-loc+ concurrence = pertes chroniques et donc fragilisation qui s'accentue, alors que le marché est en pleine progression.

Vivement que cette restructuration du marché trouve une issue...


La concentration du marché actuel est une bêtise: j'étais en Angleterre la semaine dernière, en Belgique il y a quinze jours: le tissus PME y est bien plus développé et le marché plus ouvert que chez nous.

#4 L'utilisateur est hors-ligne   Marc Galerne 

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Posté 05 juillet 2011 - 14:13

Voir le messageRégis Prosper, le 05 juillet 2011 - 09:52, dit :

La concentration du marché actuel est une bêtise: j'étais en Angletterre semaine dernière, en Belgique il y a quinze jours: le tissus PME y est bien plus développé et le marché plus ouvert que chez nous.


Bonjour Régis,
Très franchement, je ne pense pas qu'il y ait des différences à l'international. C'est pire encore aux US: A los Angeles ces jours-ci un 18K se loue en dessous de 0,5 jour/semaine soit 250 $ la semaine. En tout cas dans la lumière. Je ne suis pas aussi au fait dans le grip ou la camera mais dans l'éclairage, c'est le triste constat.
Par contre, c'est clair qu'en Angleterre ou en Belgique (c'est vrai pour tous les pays du monde) les PME sont moins ponctionnées qu'en France.
Je sais que l’on ne change pas les choses du jour au lendemain mais chaque cathédrale a commencé par une première pierre et j’ose encore croire que la motivation et l’acharnement d’une poignée peu transformer l’improbable en possible.

#5 L'utilisateur est hors-ligne   José Gerel 

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Posté 05 juillet 2011 - 22:36

C'est une bonne possibilité Marc, mais qui se charge de rassembler les troupes, nous sommes début juillet et les vacances sont précieuses pour l'ensemble du pays.

Quentin Raspail, le fondateur du festival de la fiction de la Rochelle, met en place pour la 2eme année, les ateliers de la fiction lors du festival qui aura lieu du 7 au 11 septembre 2011, ta présence serait la bienvenue, mais ça ne suffira pas, comme tu le proposes, il faudrait la présence de l'AFC, la CST, la FICAM, l'ADP et même du CNC et ne pas cloisonner Cinéma et télévision, mais qui se charge de rassembler et fédérer les troupes.

Ces ateliers vont servir a faire prendre conscience a l'ensemble des métiers regroupés pendant 3 jours, a comment essayer de refabriquer normalement les téléfilms et séries en présence donc des diffuseurs, producteurs, réalisateurs, scénaristes, dirs de prods, directeur photos, inges sons, chefs décos, assistants mise en scène, compositeurs de musique, repéreurs, accessoiristes, monteurs, etc, etc, etc, désolé pour ceux que j'oublies.

Ce travail qui est important et pas facile a mettre en place, nécessiterait qu'il se poursuive sur Paris a la rentrée mais qui se charge de l'organiser ????????.

#6 L'utilisateur est hors-ligne   William Flageollet 

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Posté 24 juillet 2011 - 09:38

Voir le messageRégis Prosper, le 05 juillet 2011 - 10:52, dit :

La concentration du marché actuel est une bêtise: j'étais en Angleterre la semaine dernière, en Belgique il y a quinze jours: le tissus PME y est bien plus développé et le marché plus ouvert que chez nous.

Il n'y a pas de Statut d'intermittent en Belgique

Ce qui a pour conséquence que les techniciens ont un statut d'artisan

Ce qui leur permet de louer leur matériel puis du matériel et d'offrir d'autres prestations

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